Atiianas. Apolog. c. Arian. (i
LA PAIX GONSTANTINIENNE. 19
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Philostorg-e, dans un frag"ment nouveau, rapporte que (' ceux qui étaient avec Hosius et Alexandre avaient tenu prêt le document qu'il fallait que tous sig-nassent ' ». D'autre part, Eustathe d'Antioche, qui était présent an concile, rapporte que, « quand on en vint à cherekemne formule de foi », on proposa une rédaction d'Eusèbe (de Nicomédie, sans l'ombiTe dun doute^, dont on donna lecture à toute l'asseraiblée. mais qu'aussitôt l'auditoire protesta. Ce fut une défaite pour « l'officine de ceux qui étaient avec Eusèbe » et une « irrémédiable confusion pour celui qui était l'auteur » de la formule. On en déchira Le texte sous les yeux de l'assemblée -.
Athanase, qui lui aussi était présent au concile où il accompagnait Alexandre d'Alexandrie, a une page détaillée sur la discussion qui aboutit à l'adoption du symbole de Nicée et de ses anathématismes. Les évê- -ques étaient d'accord, dit-il, pour proscrire les propositions impies d'Arius ^. On pensa d'abord à for- TTiuler la foi ealholique en se servant de termes scripturaires que l'on savait reçus de tous, mais on vit bientôt que les Eusébiens les acceptaient, avec l'arrière-pensée de les interpréter dans le sens d'Arius. Les évèques donc, pour déjouer leur astuce, écrivirent : « Le Fils est de la substance du Père », entendant exprimer par là ce qui dans l'être du Fils fait qu'il n'est pas une créature. Puis, comme les autres expressions scripturaires prêtaient aussi aux équivoques des Eusébiens, les évêques ne repoussèrent
1. l'iui.u.sroiu;. 1, 9'' (p. 9) : ol ôà Ttepl "Offiov KoyôpoyêKiç -/.ai 'AÀéïav- 6pov ■jvapeo-xsOaffav £xo'[jiov slvai tg PtêXiov o itâvraç èxpriv vTCoypàçeiv.
2. EtSTATH. ap. Theodoket. h. E. t, 8 (éd. Parmestier, p. 34). CL Athanas. De decr. nie. syn. 3 : ol ÈTTÎcry.oTroi àvs/ôvTs; ta Tap' a-jTÔjv
3. Atiia.nas. Epislul. ad Afros., o. A cotnpicler par Be décret, i'd--Hi.
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pas ces expressions, mais ils en fixèrent le sens, en énonçant que le Fils est consubstantiel au Père. Athanase ajoute que les évèques n'usaient pas ce fjuisant d'un terme inventé par eux, mais d'un terme qui était attesté par les Pères. « Car les évèques anciens de la grande Rome et de notre ville (d'Alexandrie), quelque cent trente ans auparavant ^ , avaient par écrit réprouvé ceux qui disent que le Fils est une créature, et qu'il n'est pas consubstantiel au Père ^. » Le symbole, que Philostorge suppose avoir été tenu tout prêt par les évèques qui faisaient groupe avec Hosius et Alexandre, Athanase plus tard en fera l'œuwre personnelle d'Hosius ^.
Le symbole de Nicée confirme très exactement par sa contexture le récit d' Athanase. Une première stratification est celle des termes directement ou indirectement scripturaires qu'il emploie pour décrire l'être du Fils avant l'incarnation, comme yEwriôevTa ix -zoZ TCatpoç fAovoysv^. Une seconde stratification est celle des précisions théologiques par lesquelles on marque ce que les premiers termes excluent, comme YswTiÔévTa où Troir.ôévTK, OU par lesquelles on développe le sens que le concile leur donne, comme (yevvrjôÉvTa ex toîî irarpoi;) TouT£(TTt.v iv. T?,? oùai'aç Toû Trarpôc;. Une dernière stratification est celle qui ajoute à ces précisions théologiques une suprême précision, et cette dernière stratification se réduit à un article unique : ô,aoouatov xw Traxpi. — La première stratification représente ce sur quoi tous
1. Calcul inexact : l'affaire des doux Denys est de 260-261, ce qiui ne fait (lu'un intervalle de (i.-; ans.
2. Atii\n\.s. loc. cit. : è7tLC-/couoi yàp àp/aTot, Tipo ètoiv èyyj; tcou
i'-ébz-o.
étaient d'accord verbo tenus, quitte à ce que les Ariens réservassent sans le dire la possibilité d'une interprétation subordinatienne. La seconde stratification représente les formules théoîogiques par lesquelles à Alexandrie on excluait le subordinatianisme. Théognoste d'Alexandrie avait écrit que le Fils est sx ty); Tou TTarpoç oOaîaç'. La troisième stratification est celle où apparaît le mot décisif. Athanase a écrit que le mot ôuooûaioç avait déjà servi à Denys d'Alexandrie, toutefois Denys reprochait déjà à ce mot de n'être pas scripturaire, bien qu'il en adoptât pleinement le sens-. Athanase lui-même, a-t-on pu écrire, « n'y tenait pas autant qu'on l'a dit, et, bien qu'il l'ait cru la meilleure et la plus opportune expression de la foi contre les Ariens, il ne voulait pas (dans un ouvrage de conciliation, il est vrai) condamner absolument ceux qui repoussaient seulement le mot, si d'ailleurs ils en acceptaient le sens et la chose ^ )>. Le mot était romain : le pape Denys n'avait -il pas reproché à Denys d'Alexandrie de ne l'avoir pas .employé? Le mot avait été choisi pour exprimer l'unité divine, l'unité substantielle : il se trouvait d'une façon très apte compléter la formule ix t^; tou Trarpo; ouai'fx;, en mettant l'accent sur la coéternité du Fils. Alexandre d'Alexandrie ne pouvait le repousser, il n'est pas vraisemblable qu'il l'ait proposé. Hosius était seul en situation de le proposer et de l'accréditer : l'acceptation du mot par le concile de Nicée est un signe de l'autorité d'Hosius et plus exactement de l'Église de Rome dont il était en cela le porte-parole '.
\. Athanas. De dccrctis, 26.