‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 164 sur 274 · Hatin, Bibliolhek der Symbole 189"), p. 2.j7-2';s · texte numérisé non relu

Hatin, Bibliolhek der Symbole 189"), p. 2.j7-2';s

3. A. BruN, An introduction to tlie crecds (I8!)!t>, p. "8-79. — il s'en faut hien qu'on n'eût qu'à introduii'e le mot ofAooûuiov. U suffit de comparer les deux rédactions sur l'article (|ui Importe le plus :

n:LSi':iiE : NiCKE :

Kal Ei; £va '/uptov i. x. tov toù Kal ei; ï'/o. xûpiov i. X. tov vlôv

ùîo-j /ôyov, Oïov £/. Ûeoù, cpw; iv. toù Oeoù, <CY£vvYiO£vTa iv. toû

^(OTOç, (Cw^r' S'/i î^wri;), iJÎov jj-ovo- T:aTpô(;>> (lovOYevr), ^TouTÉffTiv Iv.

V£vr,, (TrpwTÔTOxov Ttâsrj; y.T;(T£Wç, ific o-Jata; toù TiaTpd:,^ ôeôv èx

Ttpà TxâvTfov Twv aiojvwv) iv. to-j Oeou, cpio; iv. çwxo;, ^OîÔv àlrfii-

330 LA PAIX CONSTA^TINIENNE.

parlant ainsi s'est beaucoup vanté : le symbole proposé par Eusèbe aurait été le triomphe de l'équivoque que les évêques se sont tant appliqués à déjouer. Les assertions d'Eusèbe de Césarée sont donc à limiter à ceci : il a proposé une formule de foi à laquelle les évêques ne se sont pas arrêtés, précisément parce qu'elle ne disait pas ce qu'ils voulaient surtout qui fût dit .

Il' convient d'ailleurs de retenir un aveu d'Eusèbe, à savoir que le symbole adopté par les évêques ne le fut pas sans examen '. Athanasenous l'avait dit déjà. Car, le texte du symbole et des anathématismes une fois établi, il n'est pas vrai que l'adhésion ait été donnée d'enthousiasme : un fragment nouveau de Philostorge rapporte que chaque évêque eut à émettre sa sententia au sujet du symbole, c'est-à-dire à voter, puis « chacun à le ratifier de sa signature - ». La liste qui subsiste des Pères de Nicée est sans doute le relevé de ces signatures : la première est celle d'H'osius, qui seule est complète : « Hosius, évêque de Gordoue d'Espagne : Je crois comme il est écrit "' ». La seconde est celle des deux prêtres romains Vitus et Vincenlius.

Tïx-rpôi; '^t'\€^'4r\\J.Viov , ot' o-j /.al vôv s/. Ôeoû à)iTl9tvoCi, yevv/iÔÉvra' èyéveTo îà Ttâvta. o-jTCOtyjQévxa, ô[AooOcrtovT(ô7:aTpî,>

ôi ' o-j xà TtdtvTx èyévcTO <^Tâ te £v Tw ojpavfi) xai xà Èv ■zr^ Y/)!>.

1. EisEï!. ay>. SdciUT. loc. cit. : 'j\ivz(çiU}'/r\aci.[Lzv Tiâvte; oùx àveÇî TaTTw;.

•2. PiiiLosioiu;. I, It' i|). 1'); : Tiàvia!; i7rit|''>lçiîΣU t^ yvcôfi/;, xal xiipoCv siCXffTOv 5i' {)JtOYpo:p-r,ç oUsîaç £o£oaiW(javTO.

3. OiiLZER etc., p. Lx : "Offto; £iTt(7/.07toi; KopôoijêY]; Imavta; outwc 7noT£Ûwi wffîTEp jéyçoLuxM. Cette sousi-riplion d'Hosius est reproduite par ïjocRAT. I, 13. Athanvs. De Sijnoil. "S, i'api)orte (|iie le texte du symbole avait pour incipit: O-jtwç tchttî-Jei /j xxOoIixy] éx-AXria-îa.

LE CATHOLICISME NICEEN. 331

On sera frappé de cette préséance donnée à Hosin» par la liste des signatures de Nicée. On rapprochera de ce fait, celui que nous avons mentionné plus haut, à savoir qu' Athanase attribue à Hosius la formule de foi dé Nicée. Théodoret attribue le premier siège dans le concile à Tévêque d'Antioche, Eustalhe '. Les présomptions sont plutôt pour la présidence d'Hosius, joint à ce qm' Athanase dira un jour de lui : « De quel synode n'a-t-il pas été le président-?»

Ce premier rôle reconnu à Hosius, reste à définir le rôle de Constantin. Les évêques firent à Nicée l'expérience de la générosité de l'empereur : ils reçurent chaque jour leur entretien à ses frais, et, quand ils se séparèrent, il leur fit à tous des présents proportionnés à leur rang •''. Toutes les assemblées du concile se tinrent-elles dans le palais que l'empereur avait à Nicée? On ne saurait dire. Sûrement le concile s'assembla pom* la première séance au palais, dans la plus grande salle du palais : Eusèbe décrit la disposition' des sièges des deux côtés de la salle, chaque évêque assis à la place qui lui revient, un grand silence précédant l'entrée de l'empereur, puis à un signal donné les évêques se levant, l'empereur faisant son entrée vêtu de pourpre et brillant d'or et de pierres précieuses, « tel un ange céleste de Dieu », dominant toute l'assistance de sa haute taille, frappant de beauté, de majesté, d'intelligence, séduisant par sa sympathie, sa douceur, la modestie de son regard et de son attitude. Le prince n"a pas d'escorte armée,

I'. TIIEODOHET. ff. E. r, T(PvRMF.NTiKi!, p. 32) : T/jV TCOOxSotav ).aywv. ■2. Atiianas. Apol. de fuga, V,.

X EiJKKn. V. C. iri, !» et Wî.

mais simplement pour l'accompagner quelques-uns (le ses familiers, exclusivement choisis parmi ceux qui sont chrétiens. Il s'avance jusqu'au haut bout de l'assemblée, on lui apporte un siège d'or et il s'assoit, après avoir d'un geste invité les évêques à en faire autant^. Ce tableau peint par Eusèbc, qui était là, est exact de l'exactitude d'un portrait de cour : le décor et le costume sont plus vrais que le visage. Cependant ce tableau donne au prince envers les évèques une attitude de déférence qui ne peut être que vraie. Elle est confirmée par le ton de la harangue qu'Eusèbe prête à Constantin, en réponse à l'adresse que prononça « debout celui des évêques qui était le premier à droite » -.

0 amis, mon vœu suprême était de vous voir assemblés, et le voici accompli : Je rends grâces publiquement au basileus de Vunivers, qui, après tous ses autres bienfaits, m'a accordé le bienfait plus grand encore de vous voir, je dis de vous voir assemblés tous dans une pensée commune de concorde. Qu'aucun ennemi malfaisant ne trouble notre présente paix, et puisque par la puissance du Dieu Sauveur les tyrans qui combattaient Dieu ont disparu, qu'aucun oat[j.a)v pervers n'expose la loi divine aux blasphèmes . Pour moi, Je considère comme redoutable ii l'égal d'une guerre, d'une bataille, et plus difficile, toute sédition à l'intérieur de l'Église de Dieu, et J'en ai plus de contrariété que des choses du dehors ^.

1. Ibid. 10. Seeck, l. lU, p. 410, souligne ce dernier détail d'étiquette, qui est très important, en elTet. Dans le conseil de l'empereur ou consistoire, le prince seul était assis, tandis que les plus hauts fonctionnaires de l'Etat, qui y prenaient part, demeuraient debout. Cf. E. Cuq. Mémoire sur le consUium principis d'Auguste à DioclHien (1884), p. 481-48'2 (t. IX. des Mém. des sav. étr. de l'Acad. des Inscr.).

-2. On suppose que cet évéque si discrètement désigné est Eusèbe de Césarée lui-même. Seeck, t. III. p. 410. Mais ce peut être aussi bien Hosius, qu'Eusébe n'aimait pas.

^. En grec : '/.ai (;à).).ov tavT» twv ï'wfiïv Xunripà y.aTaïaîvsTai.

LE CATHOLICISME MCÉEN. 333

Quand donc, par la sur/gestion et le concours de Dieu^, J'em remporté la victoire sur les ennemis. Je crus qu'il ne me restait qu'à remercier Dieu et à me réjouir de concert avec ceiix qu'il venait par moi de libérer : en apprenant votre dissension, mon espoir fut déçu, mais J'estimai que l'affaire n'était pas à différer, et J'espérai pouvoir y porter remède moi-même : Je vous convoquai tous aussitôt. Je me réjouis de contempler votre assemblée : les choses répon' dront mieux encore à mon attente, quand Je vous verrai tous unanimes et accordés dans une commune paix qu'il est digne que des hommes consacrés comme vous à Dieu prêchent aux autres. Empressez-vous donc, 6 amis, ministres de Dieu, bons cultores de celui qui est à nous tous un commun Seigneur et Sauveur : examinez ici même les causes de votre dissension, déliez tous les nœuds de la controverse selon les lois de la paix. Ainsi vous ferez chose agréable au Dieu de l'univers, et à moi qui suis avec vous cultor de ce Dieu vous donnerez une extrême satisfaction -.

Constantin s'exprima ainsi en latin ^ ajoute Eusèbe; Cette harangue fut aussitôt traduite en grec pour les évêques du concile qui pour la plupart ne parlaient que grec : à quelques mots près qui ont une couleur un peu ecclésiastique, la forme latine de l'original se devine dans le grec d'Eusèbe, et mieux encore reconnaît-on la manière qui était très authentiquement celle de Constantin quand il traitait des choses du christianisme. 11 aime à parler de Dieu, à le désigner sous les synonymes de =7:1 Trâvxwv ôîô<;, de pafftXsùç twv oXwv, de xoivo; TravTwv -^[xwv OEUTtÔTr,? xai dwiTip, à parler

1. Id. : vî'jixaT'. xai auvep^ôîà Toû y.pciTTovo; (= insliaclu... diviiitlatis).

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