PlIlLOSTRAT. V, Xi (t. 1, p. ."iiO
étaient-ils dans sa fiction confondus avec les Juifs.
Il n'en a pas moins de nobles protestations contre
le sang versé par des princes cruels ou mal avisés.
Pour moi, tous les gouvernements sont indifférents, car je ne relève que des dieux, dit Apollonius à Vespasien; mais je ne veux pas que le bétail humain périsse, faute d'un bon et fidèle pasteur '.
Quand Apollonius, comparaissant devant le tribunal de Domitien, présente sa propre défense contre les accusations dont on l'a chargé pour le perdre, tel de ses arguments ne serait pas hors de propos dans une apologie chrétienne. La péroraison est impressionnante :
Songez à cela, p7^ince, et mettez un, terme aux exils el aux supplices. Pour la philosophie, vous pouvez agir envers elle comme vous l'entendrez : la véritable philosophie est hors de foute atteinte. Arrêtez les gémissements des hommes : car en ce moment l'écho répète de tous côtés, et de la mer, et surtout de la terre, les cris lamentabels des malheureux persécutés. Les maux qui découlent de là, et ils sont innombrables, viennent de la langxie des délateurs, qui vous rendent tout le monde odieux, ô justice, et vous rendent odieux à tout le monde ^.
On se demande de quels persécutés parle là Apollonius, s'il n'a vraiment en vue que les philosophes comme Rusticus, comme Sonecion, comme Epictète, et les autres stoïciens que Domitien fit périr ou exila •',