MaUHICE, t. II, p. LXXVI
li. SOCK.IT. //. E. I, 16.
LE CATHOLICISME NICEEN. :^55
Bosphore, comme à la jonction de l'Orient et de l'Occident et au nœud stratégique de la défense des frontières romaines, soit sur l'Euphrate, soit sur le Danube. Toute l'histoire du moyen âge byzantin démontrera que Constantin avait vu juste. A ces raisons militaires put s'ajouter chez Constantin l'ambition de bâtir, qui chez lui, comme chez Dioclétien, était passionnée. On a supposé qu'il n'avait tant fait à Constantinople que par animosité contre Piome, où l'aristocratie, demeurée fidèle à la vieille religion, ne se résignait pas à la conversion de l'empereur^. On a dit surtout que Rome lui rappelait un affreux souvenir, celui de sa visite de 326, la. dernière qu'il y ait faite, et où se place l'obscure tragédie de famille qui coûtais vie à Crispus, son fds aîné, et à l'impératrice Fausta, sa femme : tristes effets de la soudaineté de Constantin à s'émouvoir sur des soupçons, et sans doute aussi de la disposition où il était de sacrifier à ce qu'il imaginait être la raison d'Etat et son devoir impérial fut-ce ses amis, sa femme, son fils'-. L'aristocratie païenne, qui en avait pourtant vu d'autres jadis, se vengea du prince converti par une épigramme, que l'on attribua au préfet Ablabius :
Saturnl aurea saecia quis i^equiral'^ Sunt hacc (jemmca, sed neroniana^.
1. /,oMM. Il, -2'j (p. S(i). Cette insinuation appelle un correctif. Le sénat comme corps politique n'est plus qu'uni' ombre, l'ordre sénatorial subsiste : les sénateurs, dispensés de la résidence, aussi bien à Rome qu'à Constantinople, habitent les provinces oii ils sont en général grands propriétaires fonciers. Cuq, Inslilulions juridiques, t. Il, p. 773.
2. r.nEiJon. Tcii. Hiat. Franc, i, 36 (éd; Omont, p. 23). Kncore faul-il. observer <iuc Crispus fut exécuté a Pola.et que Fausta mourut à Constantinople. SCIIULT/.E, p. 21-!2'2.