‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 187 sur 274 · I/jid. (îO · texte numérisé non relu

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L'OLIGARCHIE EUSÉBIENNE. 371

Constantin adresse une lettre aussi à Eusèbe : il le félicite de se tenir à la règle ecclésiastique, car « se tenir à ce qui plaît à Dieu et à ce qui s'accorde à la tradition apostolique, est bien ». Il continue : « Tu dois t'estimer heureux que le témoignage pour ainsi dire du monde entier t'ait jugé digne de devenir l'évêque de toute l'Église * » : termes bien emphatiques pour désigner seulement l'Eglise d'Antioche et les évèques qui prennent part à l'élection de l'évêque d'Antioche. L'empereur félicite une seconde fois Eusèbe d'avoir voulu respecter « les préceptes de Dieu, le canon apostolique, le canon de l'Eglise », en demeurant fidèle à l'Eglise de Césarée dont la volonté de Dieu l'a fait évêque. (Et c'est en passant un hommage rendu au canon du concile de Nicée.) « Que Dieu te garde, cher frère ». dit Constantin en terminant.

Nous avons une troisième lettre de l'empereur, adressée aux évêques qui sont à Antioche pour l'élection de l'évêque. Il leur adresse une copie de la lettre qu'il vient d'envoyer au peuple d'Antioche. Il prend acte du refus d' Eusèbe comme d'un acte de respect envers « la règle de l'Eglise ». Puis il donne aux évèques son avis, et cet avis consiste à leur recommander deux candidats au siège d'Antioche : l'un est le prêtre Euphronios de Césarée de Cappadoce, l'autre le prêtre Georges d'Aréthuse. Constantin déclare qu'ils sont « très recommandables quant à la foi ». Il laisse d'ailleurs les évêques libres de choisir un bon évêque en deliors de ces deux candidats, et ne doute pas que l'élection ne se

1. V. C. m, Gl : xrj To-j •/.ôo'ixou Tiavrô; (o); ïtîo; eîitôtv) [xapTupta

fasse « conformément à la tradition des apôtres^ ». Pour la première fois dans l'histoire, le prince intervient dans une élection épiscopale, en recommandant deux candidats, dont le premier sera élu en effet. Comme cette intervention se produit en réponse à une démarche des évêques qui prennent part à l'élection, on peut supposer que Constantin a été sollicité d'intervenir par les (évêques, mais cette hypothèse ne fait pas que le cas soit moins grave. Constantin se porte «aidant de la foi des deux candidats qu'il présente : or l'un des deux est Georges, actuellement prêtre de l'Église d'Aréthuse (en Palésyrie], dont Constantin rappelle qu'il a été fait prêtre à Alexandrie par l'évêque Alexandre, et c'est exact, mais dont il ne dit pas qu'il a été déposé par ce même Alexandre pour cause d'arianismeet qu'Eustathe a refusé de le recevoir à Antioche-. Euphronios fut élu, qui n'avait pas d'histoire, semble-t-il. Mais on voit à cet incident déplorable, sur lequel Eusèbe n'exprime aucune réserve, combien l'attitude de Constantin est désormais changée.

i. y. Cm, G'>.

2. TiLLEMONT, t. VT, p. 2S<)--2(J0 et 273. Ceorges sera l'ait peu après évcque de Laodicée de Syrie.

Une oligarchie d'évêques, sous la conduite d'Eusèbe de Nicomédie, mène la réaction contre le consubstantiel, dispose de l'empereur, et, après le gros succès ({u'elle vient de remporter à Antioche en obtenant la déposition et l'exil d'Eustathe, va travailler de plus belle à épurer l'épiscopat. Andrinople avait pour évêque pAitrope, qu'Athanase qualifie « d'homme bon et accompli en tout » : mais Eutrope critiquait hardiment Eusèbe de Nicomédie, et à ceux qui passaient par Andrinople il recommandait de ne pas « obtempérer aux discours impies d'Eusèbe », On excita contre Eutrope le zèle de Basilina, belle-sœur de Constantin : Eutrope fut déposé et exilé ' . Ce dut être en 331. Des évèques, dont on savait qu'ils « haïssaient l'hérésie » , furent sacrifiés de même : Athanaso cite ceux de Sirmium, de Gaza, de Bérée, de Balanée, dAntaradus, de Tripoli... Athanase articule qu'ils furent déposés sans procédure régulière et seulement sur Tordre de l'empereur; déposés, ils furent exilés ; puis des successeurs leur furent donnés dont la doctrine était sûre -.

I. Atiianvs. Jlistor. Ariunor. :\. lîasiliiia est la reiniiKi de Jules Constance trtM'c de Conslaiitiii, cl la mère de l'empereur .lu lien.

On avait contre Athanase le même grief qu'on avait eu contre Eustathe, il refusait de recevoir dans son Eglise les « hérétiques ». Eusèbc de Nicomédie écrivit à yUhanase une lettre dans laquelle il lui demandait de recevoir les amis d'Arius (too; Trspt "Apetov). La lettre était fort déférente, mais Athanase savait que l'auteur Tétait moins et que de vive voix il ne se gênait pas pour menacer l'évoque d'Alexandrie. Athanase répondit qu'il ne recevrait pas les ennemis de la vérité « anathématisés par le concile œcuménique^ ». Sur quoi, Athanase reçut de Nicomédie une lettre, non plus d'Eusèbe, mais de Constantin : « Tu connais ma volonté, lui écrit l'empereur, à savoir que l'entrée doit être ouverte à tous ceux ([ui veulent rentrer dans l'Eglise. Si j'apprends que tu as interdit l'entrée de l'Église à quelques-uns qui voudraient s'y rallier, j'enverrai aussitôt qui te déposera par mon ordre, et t'éloignera -. « Le prince chrétien s'arroge le pouvoir de déposer aussi bien que d'exiler un évoque.

Athanase, avec cette belle intrépidité qui est sa marque, répondit à Constantin qu'il « ne saurait y avoir nulle communion entre l'Eglise catholique et une hérésie qui combat le Christ ». De Nicomédie, on n'insista pas, mais ou eut recours aux Mélétiens avec qui on lia partie^. Les Mélétiens dépêchèrent à Nicomédie trois de leurs évoques pour accuser Atha-

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