‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 191 sur 274 · SOZOMES. I · texte numérisé non relu

SOZOMES. I

L'OLIGARCHIE EL SÉBIENNE. 385

témoignaient les six évêques enquêteurs envoyés en Egypte*. ^

Le concile de Tyr était encore assemblé, quand lui arriva une lettre de Constantin. L'empereur racontait que, rentrant à cheval à Constantinople sa « tout heureuse patrie », il s'était trouvé au milieu d'une rue, à l'improviste, en présence de l'évèque Athanase, que, au premier abord, il n'avait pas reconnu. On lui avait dit le nom d'Athanase et de quelles injustices il se plaig'nait. L'empereur ne lui avait pas adressé la parole. Comme Athanase demandait à être entendu, l'empereur avait refusé et presque donné l'ordre d'écarter l'importun, mais l'évèque avait froidement déclaré qu'il ne demandait qu'à être confronté avec ses accusateurs en présence de Constantin. Et Constantin avait dit oui. — L'histoire ecclésiastique a peu de scènes plus saisissantes que cette rencontre d'Athanase et de Constantin, que ce contraste de lévêque résolu et de l'empereur, ennuyé, qui veut l'écarter de sa route comme un reproche, et qui cède incontinent à sa requête. On doit se demander pourtant si Athanase a été bien inspiré en demandant justice au prince, et s'il n'a pas ce jour-là fait au césaropapisme naissant une concession qu'il dut regretter.

Dans sa lettre au concile de Tyr, en effet, Constantin ordonne aux évêques de venir tous au « camp », c'est-à-dire auprès de sa personne à Constantinople, pour y justifier la sentence qu'ils ont prononcée contre Athanase. « Grâce au culte que je rends à Dieu tout est en paix, et le nom de Dieu est béni par les barbares eux-mêmes (|ui jusqu'ici ne connaissaient

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