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node œcuménique. Le concile d'Alexandrie se réclame des décisions de ce grand synode, de ce vrai synode, il n'en connaît pas d'autres. Mais surtout il n'accepte pas que le concile de Tyr puisse prétendre être un concile d'évêques.
Uuel synode d'évêques était-ce là?... Ne les avons-nous pas constamment dénoncés comme ayant les mêmes sentiments quWriiis? Est-ce qiiEusèhe, évêque de Césarée de Palestine, n'était pas accusé d'avoir sacrifié (pendant la persécution) j>«'' les confesseurs qui étaient avec nous?... Et ces gens-là se sont assemblés contre nous? Et ils osent appeler synode une assemblée que présidait «/; comte!... Le comte parlait, les assistants ne disaient mot, ou plutôt approuvaient le comte. Ou encore les évéques émettaient un vote, et le comte leur opposait son veto. Il donnait un ordre, et nous étions jetés dehors par les soldats. Davantage, les Eusébiens ordonnaient, et le comte faisait exécuter leur bon plaisir. Au total, quel synode était-ce là (qu'une assemblée) qui finissait jxir une sentence d'exil (prononcée contre un évêque), qui aurait fini par une sentence de mort, si c'eût été l'arrêt du basileusK^
Ces lignes courageuses, adressées à tous les évêques de la catholicité par le concile d'Egypte, sont une protestation contre les procédés de l'oligarchie eusébienne : au jugement du concile d'Egypte, une assemblée d'évêques, convoquée arbitrairement comme celle de Tyr, présidée par un fonctionnaire impérial, conduite discrétionnairement par lui, où les évêques n'ont plus leur liberté d'opiner et de voter, et où la sentence finale est subordonnée au bon plaisir du prince, n'est pas un synode d'évêques, et ses décisions sont frappées de nullité. Ces protestations n'atteignent
LA PAPAUTÉ A SARDIQUE. 413
pas les empereurs régnants, elles atteignent Constantin responsable du brigandage de Tyr, elles sont une révolte de la conscience épiscopale qui refuse de se prêter aux intrigues de la cabale eusébienne et à cette complicité d'évêques et de fonctionnaires. Si, à Tyr, les Rusébiens avaient la prétention déjuger comme évêques, et s'ils entendaient être seuls juges, « qu'avaient-ils besoin d'un comte et de soldats »? Et de quel droit « étaient-ils convoqués par des lettres impériales ' » ? Pourquoi ces interventions d'une puissance qui est de l'extérieur"^? Ce langage est celui du catholicisme revendiquant l'autonomie de ses conciles et réprouvant avec une absolue dignité l'appel à l'intervention du pouvoir civil.
La synodale du concile d'Alexandrie, que nous venons d'analyser, fut adressée à « Jules évêque de Rome » en même temps qu'à tous les évêques de la catholicité. Les Eusébiens de leur côté écrivirent au pape Jules. « Pensant nous effrayer, dit Athanase, ils lui demandèrent de convoquer un synode et lui proposèrent de le prendre (lui, cvèque de Rome) pour juge, s'il voulait^. » Ace moment précis, les trois empereurs semblent d'accord pour ne pas intervenir dans la querelle soulevée par l'oligarchie eusébienne contre l'évêque d'Alexandrie : dans cette abstention du pouvoir impérial, l'affaire suit son cours normal, elle
I. Ibid. 10 : t;»".); ûnb pa(Tt).ixotç (j-jV/iyovTO '(pâ[t.\i.OL(!v/ ;
•2. Ibiil. 17 : àpaxîvet; xaï; â^wôev nponiaaloLi; -/ptôfAïvot xoî; èTriixoTio:; sniêoyXsOoviiTtv ; 0'jy ol nspl EOcréSiov (iâ),)ov, -/xî oùx 'AOavâTioç, <.')? ajxot ypàçouiTiv;
;j. Atiiaxas. Apolog. c. Arian. 20 : ol Trepl ECoÉêiov os Ttpo; 'lo-j).'.ov £Yp*4'*^! '"■"■'■ 'vontîovTe; ri(i.à; àxçoêcîv /;|co)aav aûvooov xa/.éaa:, xat aùxôv 'lo-jXtov, el PowXoixo, xptTYiv Yî^éirOat. l,o, papo Jules, dans sa lettre aux Orientaux, dit aussi que les i;uscl)ieiis "ut demande justice à Home : ses termes sont moins trancliés (juc ceux d'Alhanase ici.
414 LA PAIX CONSTAPrriNIENNE.
aboutit à Rome : les Eusébiens, devançant Athanase, demandent à Rome de se prononcer entre eux et l'évêque d'Alexandrie.
Cette procédure régulière était à peine engagée que les Eusébiens se ravisèrent, si tant est qu'ils n'aient pas joué double jeu, ou que Constance II inopinément ne se soit décidé à intervenir et à brusquer les choses : pour mieux alïirmer qu'ils s'en tenaient à la sentence du concile de Tyr de 335 qui avait déposé Athanase, ils lui donnèrent un successeur, et ce faisant ils étaient si bien de connivence avec Constance II, que ce fut le préfet d'Egypte qui reçut la mission d'introniser le nouvel évêque d'Alexandrie '. II y procéda le 18 mars 339 en expulsant Athanase d'Alexandrie, et quatre jours après l'intrus Grégoire fit son entrée -. La politique de Constance II, dissimulée jusque là, se découvrait.
Mais, dès son premier attentat, un intrépide adversaire se dresse, que, jusqu'à la fin du règne de Constance II, elle trouvera debout en face d'elle. Athanase est une protestation vivante, sûre de la cause avec laquelle elle s'identifie, active et inlassable. Maintenant, il a compris que, l'avantage apparent de ses adversaires étant d'avoir le prince avec eux, sa force
1 . Athanas. Hist. Arian. 0. Le préfet d'IOgypte Pliilagrius. était le môme qui en 335 avait conduit en Maréote les évêques enquêteurs envoyés par le concile de Tyr. Après cette première prélecture, il avait été vicaire en Cappadoce. Au cours de 338. on l'avait remis à la tète de la liréfecture d'Egypte, ou l'on avait évidemment besoin d'un préfet ;i poigne. Athanase le présente comme un ai>ostat (Ef/islul. enf.ycl. 31. 11 était cappadocien d'origine, comme l'intrus Grégoire, et comme lui priitégédes Eusébiens, J6îd.).
i. .\tiia\,vs. Epist. festal. chronicon, 3.