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422 LA PAIX ( ONSTANTIMENNE.
ment éclairé, déclara Athanase non coupable et le reconnut légitime évêque d'Alexandrie, l.e pape Jules fut prié par le concile de notifier ses décisions aux Orientaux.
La lettre du pape Jules n'a pas Téloquence cinglante d' Athanase ou l'impertinence ironique de la lettre des Orientaux : elle est un modèle de gravité, de sagesse et de charité '.
J'ai Lu la lettre que mes prêtres Elpidius et Philoxène m'ont a/'porlée (de votre part), et j'ai été étonné que, vous uyant écrit avec affection et de bonne foi, vous m'ayez répondu d'un ton agressif et comme il ne convient pas. Voire lettre est un monument de dédain et de présomption, sentiments étrangers à la foi chrétienne... Les prêtres que je vous avais envoyés, et qui auraient dû revenir avec joie, sont au contraire revenus navrés de ce qu'ils ont vu là-bus. Pour moi, ayant reçu votre lettre qui me donnait tant à penser, je la tins secrète, espérant que peut-être quelquesuns (d'entre vous) viendraient , et que votre lettre serait inutile, et que l'on évilerait en la publiant de contrisler ici bien des personnes. Nul n'est venu, il a fallu la publier, et Je vous avoue que tous furent étonnés et même près de ne pas vouloir croire que semblable lettre vînt de vous, tani elle était agressive au lieu d'être charitable. Si celui qui a tenu la plume a voulu faire montre d'éloquence, cela nous est indifférent : car dans tes affaires ecclésiastiques, il ne s'agit pa> de montrer de l'éloquence, mais (d'observer) /e.»,canons apostoliques et de veiller à ne scandaliser personne '^.
Ces reproches attristés, mais sans colère, et dès le
1. Athanas. Apolog. c. Ariaii. -21-33. La lettre du pape est adressée à Dianius iCésaree de Cappadoce), Flaccillus (Anlioclie), Eusèbe (Constaiitinoplej, Maris (Chalcedoiiie), Macedoiiius (Mopsuesle), Théodore (Hcraclce), t et ceux qui avec eux nous ont écrit d'Aiitioclie »•
i. Ibid. il.
LA PAPAUTÉ A SARDTQUE. 423
début cet appel au respect des « canons apostoliques », font contraste avec la légèreté insolente et brouillonne des Orientaux, et mettent en lumière le caractère du pape Jules. La lettre s'applique à déblayer le terrain des griefs que les Orientaux ont faits à l'évêque de Rome. Les Orientaux prétendent qu'un jugement rendu par un concile (comme celui de Tyr) ne doit pas être revisé par un autre concile (comme serait celui de Rome). A quoi l'évêque de Rome répond que précisément ce sont les envoyés des Eusébiens à Rome qui ont demandé que le procès d'Athanase iiit porté devant un nouveau concile.
Mais, même si (vos envoyés) Martyrius o.t Hêsychius n'avaient pas demandé un (nouveau) concile, si c^était moi fjin l'eusse demandé, quitte à vous importuner en considération de ceux de nos frères qui se 2ilaignent d'avoir été traités injustement, mon intervention aurait été louable et juste, car elle aurait été ecclésiastique et agréable à DieuK
Il n'est pas vrai, en effet, qu'on ne puisse reviser la sentence d'un concile.
Les évéques assemblés dans le grand concile de Nicée ont consenti, non sans la volonté de Dieu, à ce que pût être revisée dans un concile une cause jugée dans un concile antérieur'^, pour que les juges, considérant qu'onpourrait juger deux fois, jugeassent avec pluK de gravité... Que