‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 22 sur 274 · TEiniiLL. Ad Sca/Jidam · texte numérisé non relu

TEiniiLL. Ad Sca/Jidam

40 LA PAIX CONSTANTLMENNE.

d'Hilarianus remonte à 202-203 : il y aurait donc eu à cette date une protestation publique à Cartilage contre l'existence des cimetières chrétiens. Pour Rome, on peut remonter à une date plus haute : en 198, à la mort du pape Victor, son successeur Zéphyrin appela d'Antium^ à Rome Callislc et « le mit à la tête du cimetière »'. Par « cimetière » on entend le cimetière de la Voie Appienne, qui s'est appelé dans la suite cimiterium Callisti, et où, à commencer par Zéphyrin, les papes du m® siècle ont été enterrés : ce cimetière, qui avait été d'abord la propriété privée d'une grande famille chrétienne romaine, les Caecilii, était sans doute devenu la propriété directe de l'Eglise romaine, au moment où l'administration en fut confiée à Calliste.

Le « christianos esse passas est » prend ainsi toute sa valeur : il est l'acte par lequel Alexandre Sévère accepte que le christianisme soit dorénavant une religion licite, et les chrétiens un corpus ayant le droit de s'assembler, le droit de posséder. A l'impassibilité dédaigneuse et dure des empereurs romains d'ancien style, les Antonins, a fait place la religiosité syncrétiste, gênée dans le polythéisme olficiel, attirée par les dévotions orientales, en travail d'unité de culte : c'est éminemment la religiosité des princesses syriennes et d'Alexandre Sévère. Le christianisme n'est pas plus que le judaïsme capable d'entrer dans un syncrétisme : mais à cette politique novatrice des Sévères il doit l'existence légale.

1. Philosophoum. ix, \-2 : ï-.i; tô y.o'.;j.yiTr,f.ov v.'x'zi'jvr^avi. CI. Di- CUESSE, Lib.pontif. t. I, p. 140.

Le soldat qui succède à Alexandre Sévère , après l'avoir assassiné, Maximin le Thrace (235-238), par réaction contre la politique religieuse du règne qui vient de finir, « par rancune contre la maison d'Alexandre qui était pleine de chrétiens' », rouvre la persécution. Il la rouvre par un édit, et ceci est nouveau , par un édit qui s'étend à tout l'Empire, comme sans doute s'est étendu à tout l'Empire l'acte de tolérance d'Alexandre Sévère, et son édit contient une disposition très nouvelle : « 11 ordonne de mettre à mort les chefs des Eglises seuls- ».

On s'est demandé qui l'édit veut désigner par l'expression IxxXrjdiwv àp/ovT£;, dans laquelle on pourrait, à la rigueur, ne reconnaître que les évèques. Cependant les prêtres et les diacres doivent y être compris : àp/ovTsç désigne Vordo des Eglises, et témoigne que l'organisation hiérarchique du catholicisme est parfaitement notoire. U Exhortation au martyre, composée par Origène au plus fort de cette persécution, est dédiée à Ambroise et à Protoktetos , dont le premier est diacre, le second prêtre, et qui, tous deux arrêtés, ont tous deux été déportés en Germanie •'. A Rome, on se saisit du pape Pontien, on se saisit de saint llippolyte, en ce temps-là à la tête d'un

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