Ibid
LA PAPAUTE A SARDIQUE. 425
est pour l'évêque de Rome un argument dont il sait la valeur, et auquel il revient avec insistance. On a maintenu les sentences des conciles qui ont condamné Novatien et Paul de Samosate, disent les Orientaux : Pourquoi^ leur réplique le pape, voulezvous « supprimer la sentence des trois cents évêques (de Nicée) et mépriser, vous qui n'êtes que quelquesuns, le synode catholique' «? Le pape Jules touche là au point critique du débat : les adversaires d'Athanase sont une oligarchie qui prétend prévaloir sur un concile qui représente la catholicité.
La cause d'Athanase n'est pas perdue de vue cependant. Si après le concile de Tyr on ne lui a pas donné de successeur, « quel canon ecclésiastique, quelle tradition apostolique a bien pu permettre, en pleine paix de l'Eglise et quand tant d'évéques étaient en communion avec Athanase, d'envoyer ce Grégoire », intrus que personne ne connaissait à Alexandrie, et que ni prêtres, ni évêques, ni peuple, n'avaient demandé ; « de l'ordonner à Antioche et de l'expédier à Alexandrie, escorté non de prêtres ou de diacres alexandrins, pas davantage d'évêques égyptiens, mais de soldats »? A supposer qu'un concile eût déposé Athanase, Antioche n'avait pas le droit d'ordonner un évêque pour Alexandrie, car ce droit appartenait à l'Kglise d'Alexandrie et aux évêques de la province, à moins qu'on n'entendît aller « contre les canons des apôtres ». Non, ce qui s'est fait « n'est ni religieux, ni légal, ni ecclésiastique- ». L'évêque de Rome n'ignore rien des violences abominables qui ont accompagné l'intrusion de Grégoire ; il y insiste
I. Ibid. '2.'j : îoei |j.â),),ov [J.y) ).-j8r|Vai tûv Tp'.ay.oat'ov Triv <j//)çov. ëSs". Tr;v y.aÔo/ix;^'/ (T-jvoîov (17:0 xâSv ôXîywv [j./] àtiiAxaOriVat. ■2. Ihid. 30.
426 LA. P\I\ CONSTANTIMENNE.
moins que ne faisait Athanase, il évite d'accuser le préfet d'Egypte d'en (Hre l'auteur, el surtout d'en faire remonter la responsabilité plus haut que le préfet d'Egypte. Il termine par un appel à la paix de l'Eglise dans le respect des canons que les apôtres lui ont donnés (oWirep Otto twv (^Troaxo'Xojv èxavovî^Ôv]) ' . Il ne désespère pas que les évêques qui ont refusé de venir au concile de Rome ne se décident sur ses instances à s'y présenter enfin. On doit en finir : « Assez d'évi'quesont été exilés en présence d'autres évêques», allusion brève mais courageuse aux sentences d'exil prononcées en pleins conciles au nom du pouvoir impérial.
Voies arguez que Marcel et Athanase ont été déposés, soit, mais que dire de tant d'autres évêques ou 'prêtres, qui sont venus de tant d'autres lieux à Rome, attester qu'ils avaient sou/fert pareilles violences^ 0 très chers, ce n'est pas selon l'Erangile que les sentences de l'Église soient des sentences d'exil on de mort. Si, comme mus l'avancez, on avait à reprocher quelque faute (à ces évêques), il fallait observer le canon ecclésiastique,... il fallait nous écrire à nous tous (È'ôst ypaa;rîvat Tvàdiv ri^tv) et qu'ainsi juslice fût rendue par tous (î'va oGtoj? 7:apà -avrwv ôpîaO»] rb 8(y.a£ov). Car c'était Cl des évêques que vous en aviez, et à des Églises non ordinaires, puisque les apôtres en personne les avaient gouvernées^. Pourquoi surtout ne nous avez-vous pas écrit dans la cause de l" Église d'Alexandrie? Ignorezvous que l'usage est qu'on nous écrive d'abord (roOro eGoç ■/jv npd-Epov ypa'osaOa-. f^jxïv). et qu'ainsi la justice soit rendue d'ici (xat ouzm; IvOev ôptÇsCTOai -à oUctioi) . . . Au contraire, ceux qui ne nous ont pas .misis, ceux qui ont procédé euxmêmes arbitrairement, voudraient que maintenant nous
i. Ibid. 34.
2. Allusion (pensons-nous) à la condamnatiou el à la déposition de révé(iue d'Antioche Eustallie.