‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 236 sur 274 · MONCEM'X, t. IV, p · texte numérisé non relu

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avaient été convoqués, et dont les déclarations témoignent qu'il n'y avait plus en Afrique qu'une Église. L'évêque de Carthage, ouvrant le concile, en rendit grâces à Dieu et au très religieux empereur Constante

1. Mansi, t. MI, p. m : '• Gratiis episcopus dixil : Gratias Deo omnipotenti et Cliristo lesu, qui dédit malis schisiiiatiljus finem, et respexit Eixiesiam suam, ut in cius gremium erigeret universa membra dispersa, qui imperavit religiosissimo Constanti imperalori ut votum gereret unitatis, et mitteret tninistros sancti operis famulo Del Pau- Imii et Macariuui... ■■

Dans la lutte contre le paganisme et contre le schisme les deux princes s'étaient montrés les auxiliaires zélés du catholicisme '. Le danger était que ce même zèle, mis ainsi au service de limité religieuse, s'exerçât au sein même du catholicisme et pour sa plus grande servitude. Ce sera alors l'avènement du césaropapisme, et nous y arrivons, en effet, avec Constance II, lorsque Constance II devient seul empereur. La mort de l'empereur Constant en 350 met d'abord en Occident un compétiteur sur les bras de Constance II : entre le 18 janvier 350 où Magnence s'est fait proclamer empereur à Autun, et le 10 août 353 où il périt à Lyon, Constance II a l'Occident à reconquérir : vainqueur, il se trouve avoir restauré la monarchie de Constantin.

Le catholicisme ne fut pas long à découvrir que ce nouveau Constantin était à la dévotion de l'épiscopat oriental réfractaire à la foi de Nicée. Constance II subissait les mêmes influences qui avaient déterminé

1. Oïl trouvera les lois de Constance 11 concernant le cliristianisiue, presque toutes dans Cod. Theod. xvi, 2, 8-16. Elles ont trait pour une part à rexeiii|)lion des munera civilia octroyée par Constantin, qu'elles confirment ei précisent. Le n. 8(27 août 343) reconnaît aux clercs le droit de faire du commerce : c si qui de vobis alimoniae causa negotialionem exercere volunt, immunitate potientur. • Le n. 1-2 (-23 sept. 3.j3) interdit de poursuivre un évêque devant les juges civils : <• Si quid est igitur querellaruni, quod quispiara defert. apud alios potlssimum episcopos convenit explorari. » Le n. 13 (10 nov. :J37 soncerne l'Église romaine : « Ecclesiae nobis Komae et clericis LO:icessa privilégia Drniiter praecipimus custodiri. »

la politique ecclésiastique des dernières années de son père. Il était autoritaire^, défiant, et en fin de compte mené par des subalternes : l'épiscopat oriental ne dédaig-nait pas d'en être. Constance II n'avait pas la mobilité intelligente et décidée de Constantin, sa sensibilité g-énéreuse, son honnêteté : on ne pouvait pas se fier à la parole de Constance II. Il ne pensait qu'à son rôle de maître du monde, il en était infatué jusqu'à mépriser la popularité, comme écrit Ammien Marcellin d'un trait incisif, et il ajoute que, petit de taille, les jambes torses, volontairement impassible. Constance II était comme un acteur tragique toujours en représentation, « imperatoriae auctoritatis cothurnum ubique custodiens ■». Libanius achève le portrait en nous apprenant que Constance II ne parlait jamais que le plus brièvement possible, et à voix basse ^.

Soit qu'il se piquât de théologie, soit qu'il prétendît que le domaine ecclésiastique relevait de sa souveraineté, de « Son Eternité », comme il disait, Contance II était décidé à mener de front la conquête de l'Occident sur Magnence en même temps que sur le Nicaenum. A sa première étape, à Sirmium, il procéda à l'éviction de Photin, qui s'était maintenu dans son évêché en dépit de sa condamnation (en 345) par le concile de Milan ^. Constance II était en cela l'instrument des évèques d'Orient qui ne voulaient voir dans Photin que le disciple de Marcel d'Ancyre^. Donc on profita du séjour de Constance II à Sirmium (351)

\. Voyez le portrait que fait de lui Atiianas. Uisior. Aviau. o;)et 70.

•2. Les textes dans Sëeck, t. IV. p. ;W3.

;i. Sur la doctrine de Photin, Tixf.kont, t, II, p. 'il-i->. I.oufs, Lciifaden, p. 2.j0.

i. Ils avaient comlamué la docirine de l'Iioiin eu 3ij, au concile <r.\ntioche. n.ui.v, p. lui..

pour tenir un concile et déposer Photin. Ce concile avait été convoqué par l'empereur et se tint en sa présence'.

A ce concile de Sirniium se rattache le souvenir d'une conférence dans laquelle discutèrent l'un contre l'autre Photin pour se défendre et Basile d'Ancyre pour le réfuter. Les évèques du concile assistèrent à cette conférence, présidée d'ordre de l'empereur par des « juges » qui étaient à la cour parmi les premiers pour la science et la dignité -. On argumentait par thèses et par contre-thèses (^po; tziZciv xa\ àTtôxpia'.v) : des sténographes rédigeaient l'analytique de la séance : ce compte rendu authentiqué et scellé fut transmis à Constance II, pour être conservé par la chancellerie impériale ■'. Ces procédures insolites auraient dû inqaiéter, mais Photin n'était pas défendable : sa déposition n'en était pas moins un succès de l'oligarchie arienne.

Vers ce temps-là, Constance II commença d'être circonvenu par ses évèques orientaux contre Athanase : ils ne pardonnaient pas à Athanase son retour d'exil en 346, qu'ils considéraient comme un désaveu de leur doctrine par l'empereur. Athanase, disaient-ils, gagnait tous les jours des évèques à sa communion en Orient : sûrement, le moment approchait où ses

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