‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 247 sur 274 · TUFODOliET. //. E. U, 16 (é.d. PARMENTint. p. (."ÎI-ISC · texte numérisé non relu

TUFODOliET. //. E. U, 16 (é.d. PARMENTint. p. (."ÎI-ISC

contre lui dans les formes de la procédure ecclèsiaslùiiie qui est de rè(jle. Mais nous ne pouvons condamner un homme que nous n'avons pas jugé.

L'emi'EREiir Constance dit : — La terre entière (7:àaa -î, o'zou'xivri) s'est prononcée sur son impiété, et (sait bien que) depuis le premier jour il se moque (de ses juges).

L'ÉvÈQUi; liiiŒRE DIT : — Ceux qui ont signé (sa condamnation) ne connaissaient pas les faits de la cause...

L'empkreur dit : — Pourtant il a été jugé lui présent dans le concile qui s'est tenu à Tgr, et à i la sentence prononcée) dans ce synode ont souscrit tous les évéques de la

[erre {~r\; oJv.ou;jivr|;i.

L'eunuque Eusèbe intervient pour placer une sottise.

L"kl'nl'Qi:e Eusèbe dit : — Au concile de Nicée, il a été prouvé qu'il était hors de la foi catholique.

Libère, sans s'arrêter à cette interruption, rappelle à l'empereur que les faits de la cause n'ont été enquêtes que par les cinq évéques envoyés en Maréote, lors du concile de Tyr : de ces cinq évéques trois survivent. Maris, Valens et Ursace, et on a leurs rapports écrits : que doit-on croire? les rapports écrits, ou la rétractation qu'en ont faite les rapporteurs? L'évêque Épictète intervient alors, sans doute pour tirer l'empereur d'embarras :

L'ÉVÊQUE Éi'iCTÈTE DIT : — Prince, ce qu'en dit Libère à cette heure n'est ni en vue de la foi, ni en vue de ces alfaires ecclésiastiques, mais seulement pour pouvoir à Rome auprès des sénateurs se vanter d'avoir enfermé Vempereur dans un syllogisme.

Le reptilisme de cet Épictète est prodigieux. Constance IL piqué au vif. dit au pape Libère :

Pour co)nbien coniples-ta donc dans le monde {xr^ oi/.oj- [AévT,;), toi qui prends le parti d'un homme impie, et troubles la paix de la terre entière.

Libère : — J'ai beau être seul, la foi n'y perd rien : aux temps anciens il ne s'en est trouvé que trois (les trois enfants dans la fournaise) à résister.

L'eunuque Eusèbe dit : — Vas-tu comparer notre empereur à Nabuchodonosor?

Cette fois encore, Libère ne relève pas l'interruption, mais il poursuit intrépidement : avant d'examiner le cas d'Athanase, il faut faire souscrire le ISicaenum, il faut rappeler les exilés et les rendre à leurs Eglises : si après cela on voit que ceux qui ont troublé les Eglises s'accordent dans « la foi apostolique >■, tous les évêques iront alors à Alexandrie, où ils entendront les accusateurs et l'accusé. L'odieux Epictète interrompt :

Le cursus publicus (la poste impériale) ne suffira pas à transporter les évêques ^\ Libère : — L'Eylise n'a pas besoin du cursus publicus...

Constance II découvre alors les ressentiments personnels qu'on lui a inspirés : a Athanase a blessé tout le monde, dit-il, mais personne autant que moi. » Il accuse l'évèquc d'Alexandrie d'avoir excité l'empereur Constant son frère contre lui. Il déraisonne jusqu'à déclarer que la défaite de Magnence lui a été un moindre avantage que la déposition d'Athanase. A quoi Libère réplique avec une admirable dignité :

i. Rapprochez Amm. Maiscf.ll. xxi, 16, 18 (Gardtiialsen, p. i>r>3), reprochant à Constance II d'avoir abusé du cit7sus imblicus pour les synodes : ■• ... ul calcrvis aniistitum iunienlis publiais ultro cilroquediscurrenlibus per synoàos, quas appelant, duni rilum omnem ad suum irahere conantur arbitrium, roi vctrieulariae succideret nervos. «

Ne le sers pas des évéques pour satisfaire les rancunes, 6 prince. Les mains ecclésiastiqt/fs ni' doivent r/ue bénir.

Et Libère de revenir à sa proposition : que l'empereur rappelle les évèques bannis, que l'unanimité soit restaurée dans la soumission au Nicaenum, on examinera ensuite de concert ce que réclame la paix du monde. L'empereur n'entre pas dans cette vue :

L'empereur : — // ne s'agit que d'une chose... Prends le parti de la paix, signe, et tu retourneras à Rome.

Libère : — J'ai fait mes adieux aux frères qui sont à Home. Les lois ecclèsiastiq^ies comptent plus que la résidence à Rome.

L'empereur : — Tu as trois jours pour te décider : si tu veux signer, tu retourneras à Rome, sinon réfléchis au lieu oii tu veux être exilé.

Libère : — Trois jours ne changeront pas ma décision : exile-moi où tu voudras.

Deux jours après son audience, on notifia au pape Libère qu'il était exilé à Bérée, en Thrace ' .

Il est bien dommage que nous n'ayons pas ce dialogue dans son latin original : il serait à mettre en parallèle avec les Acta proconsidaria de saint Cyprien.

1. Comme Libère partait pour l'exil, Constance \\ lui Ot donner 500 solidos pour ses dépenses. Le pape refusa : « Va, rends cet argent à l'empereur, il en a besoin pour ses soldats ■. 11 refusa de même l'argent que l'impératrice voulait lui faire accepter. A son tour l'eunuque Eusèbe voulut lui donner de l'argent, Libère le repoussa, en lui disant de se faire chrétien d'abord. Le Dialogue s'achève sur ce triple refus.

Jusqu'ici (357) les évoques ariens qui sont les maîtres de la politique ecclésiastique de (lonstanee II. n'ont visé qu'à détacher d'Athanase les évêques d'Occident, pour avoir le droit de dire qu'il a été répudié par le catholicisme. Pour avoir refusé de signer la condamnation d'Athanase, Paulin évèque de Trêves a été exilé en Phrygie, Denys de Milan en Cappadoce, le pape Libère en Thrace. Et il s'en faut qu'ils soient les seuls évêques occidentaux exilés pour leur fidélité à Athanase. Constance 11 fait introniser évêque à Milan un cappadocien qui ne sait pas le latin, mais dont l'arianisme est garanti, car il a été jadis fait prêtre par l'évêque intrus d'Alexandrie, Grégoire de Cappadoce '. Milan, qui est une résidence impériale, a besoin d'un évêque sûr, l'oligarchie arienne y a pourvu .

Sirmium aussi est une résidence impériale : Germinius j est transfère de Cyzique -*. Il est arien, arien radical, et résolu à en finir avec les équivoques où l'épiscopat oriental s'abrite depuis quelque trente ans. Athanase désormais écarté, il reste à se dégager hardiment du Nicaenum. Constance II, qui y pensait peut-être déjà au moment du concile de Milan, entre dans les vues de Germinius, qui sont celles égale-

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