‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 254 sur 274 · SCLP. Sev. Chronic. ii, 41 (p. 9i · texte numérisé non relu

SCLP. Sev. Chronic. ii, 41 (p. 9i

/lOS LA PAIX (OXSTANTINIENNE.

leur du sacré palais, Léonas, joue le rôle du préfet Taurus à Rimini. Les évèques orientaux venus à Séleucîe ne dépassent pas cent cinquante. Bien que Basile d'Ancyre n'ait plus le prestige de la faveur impériale, qui a passé à l'évèque de Césarée Acace. c'est autour de Basile que la majorité du concile se forme : les Acaciens, mis en minorité, se retirent, Léonas se retire avec eux. — Constance If a décidé que les deux conciles, leurs sessions une fois closes, lui délégueraient chacun dix évèques : les délégués de Rimini, conduits par L^rsace et Yalens, arrivent à Constantinople pour y apporter leur soumission, les délégués de Séleuciene peuvent plus que se soumettre. L'union est acquise pitoyablement le 31 décembre. Dans les premiers jours de janvier .360, un concile se tint à Constantinople. qui fut la conclusion des tractations de Rimini et de Séleucie, c'est-à-dire quil consacra le formulaire de Sirmium du 22 mai 359. Le Fils était déclaré semblable au Père conformément aux Ecritures (ouotov -oi uocxpi xaTa Tàç ypa^a;) : le terme de oùffi'a était répudié, comme une cause de trouble pour les peuples, et parce qu'il était étranger aux Keritures : <- Car jamais les Ecritures ne parlent de oùffîa à propos du Père et du Fils, et il ne convient pas davantage de parler de uTtôaTaît? à propos du Père, du Fils et du saint Esprit ' . » A Vhoméousianisme d« • Basile d'Ancyre, qui était acceptable en un sens, car il n'excluait pas le consubstantiel nicéen et en pouvait préparer la pleine intelligence et la restauration, Acace substituait Vhoméisine, Thoméisme « selon les Ecritures >, formule vague qui n'excluait pas Vanoméisme dArius et d'Aëtius. Par contre, Acace répu-

t. llMiN. p. 208 :2fK>.

diait i-adicaiement toute formule où entrait le terme de o'jaia, c'est dire qu'il répudiait Nicée et son ô[/ooûaioç tout Comme le ôaoïoudioç des Orientaux modérés. 11 inaugurait une orthodoxie de trompe -l'œil, mais cette orthodoxie était celle que réclamait Constance II, et elle assura jusqu'à l'avènement de Théodose la suprématie de l'épiscopat politiquant qui l'avait inventée. Dans le temps oii la suprématie des homéens était inaugurée par le concile de Constantinople (janvier 3601, à Paris le César Julien, qui (depuis 355) gouvernait les Gaules, était fait Auguste par ses soldats (entre mars et mai 3(30). Du coup, la politique ecclésiastique de Constance II se trouva limitée à l'Orient, et rOccident respira dans sa foi nicéenne. L'année suivante, Julien se trouva seul empereur, du fait de la mort de Constance II (3 novembre 361) : l'Église alhdt connaître d'autres épreuves.

Celles qu'elle venait de traverser sous le règne de Constance II seul empereur, entre 350 et 361, se ramenaient à une cause unique, qui était la confiscation de l'autonomie ecclésiastique par un prince chrétien, à la suggestion et au bénéfice d'une faction hérétique.

Dès 353, Constance II a été gagné au dessein de sacrifier Athanase. Rome s'y oppose et demande un concile général. Constance II accoi'de un concile des évêques des Gaules, qu'il convoque à Arles (353), auquel il assiste, auquel il arrache la condamnation d'Athanase, en menaçant d'exil les récalcitrants. Rome insiste pour avoir un concile général. Constance convoque, en effet, les évêques d'Occident et d'Orient à Milan (355), les fait délibérer dans le palais impérial, leur impose la condamnation d'Athanase. L'évêque de Rome, Libère, refuse d'y souscrire. Constance II fait cliasser Athanase d'Alexandrie manu militari, et installer un intrus à sa place. Le pape Libère refuse encore de reconnaître les faits accomplis. Constance II l'exile en Thrace et lui fait donner un successeur à Rome (350). Désormais, la question d'Athanase étant comme vidée, la question du Nicaenum se pose : Constance II accepte qu'on lui substitue un formulaire anoméen, le formulaire de Sirmium de 357, qui sera soumis à la signature de tout l'épiscopat du monde romain. Une opposition se dessine dont Basile d'An-

LA CIUSE. 501

cyre est le leader et qui propose une formule d'e ralliement nettement antianoméenne : le pape Libère l'accepte, l'Occident et l'Orient semblent prêts à l'accepter. Mais Constance II abandonne Basile d'Ancyre pour suivre Acace de Césarée, et accepter le formulaire de Sirmium de 359, antianoméen, mais tout autant antinicéen. L'empereur convoque les évèques d'Occident à Rimini, les évèques d'Orient à Séleucie, et leur impose d'autorité le formulaire de 359. Un semblant de concile tenu à Constantinople, en janvier 360, consacre la répudiation du Nicaenuin et le triomphe de l'équivoque à laquelle le Nicaenum coupait court. Tel est le bilan de la politique ecclésiastique de Constance II, si tant est qu'on puisse parler de politique là oîi il n'y a que gâchis, et qualifier d'ecclésiastique une politique qui a faussé l'institution synodale et pensé déconsidérer le concile de Nicée.

Ce spectacle serait douloureux infiniment, si, à ce moment même, le catholicisme n'avait trouvé dans quelques voix éloquentes et courageuses les protestations qui expriment sa conscience profonde.

Il existe une pièce aussi belle que le dialogue de Libère et de Constance II, c'est la lettre d'Hosius que nous a conservée Athanase '. En 350, dans le même temps où il ne réussissait pas à séduire le pape Libère, Constance II entreprenait de séduire le vieil Hosius, Dans son récit, Athanase '^ imagine que les évèques

1. VHistoria Arianorum. dans laquelle Athanase )'a insérée, date de 358. La lettre a dn être écrite en .TiO. 9. Histor. Arina. 42.

ariens écoutés a la cour s'adressent à l'empereur : « Nous avons tout fait, disent-ils, nous avons exilé

I evêque des Romains, nous avons exilé avant lui des évêquos et des évêques, nous avons mis la terreur partout, mais tout cela n'est rien tant qu'Hosius reste...

II mène les conciles, et, quand il écrit, partout on l'écoute : c'est lui qui à Xicée a été Tauteur du symbole, c'est lui qui a déclaré hérétiques les Ariens... (l'est à lui qu'il faut s'en prendre, sans regarder à son grand âge ; car notre hérésie n'a pas appris à respecter les cheveux blancs des vieillards. » Pardonnons à Athanase de dramatiser ainsi les choses. Retenons' que Constance II fait venir Hosius ad comitatum, qu'il essaie de le gagner à la condamnation d'Athanase. et qu'il n'y réussit pas mieux qu'avec Libère : Hosius est renvoyé à Cordoue. Mais à la cour le parti redouble de plaintes et d instances, les eunuques poussent l'empereur. Constance II écrit à Hosius des lettres tantôt enjôleuses, tantôt menaçantes, pour obtenir qu'il abandonne Athanase. Il faut lire la réponse d'Hosius -.

J'uy confessé [J.-C] dans la persécution que Maximien vostre nyeuî excita contre l' Eglise. Si vous voulez la renouveller, vous me trouvères disposé à tout sou/frir plutôt que de trahir la vérité et de répandre le sang de l'innocence. Je ne suis ébranlé ni par vo--< lettres, ni par ras menaces : il est inutile de les continuer.

Il vous sera plus avantageux de renouer aux sentiments d'Arius, de ne point écouter les Orientaux, de ne point ajouter foy à Ursace ni à Valens. Ils n'ont pas tant en vue ri a 71. •< ce qu'ils disent d'attaquer Athanase que il' établir leur

Page 1