‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 255 sur 274 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

2. Il>kl. Vi. Atlianase la donne en grec, l'original lalin nous riiau<|uc donc. Je la rite dans lo l.elle tradnrfion de Tillemonl I. Vil. |i. ;ii;i .

hrresir... Cominenl souj/rez-vous encore Vaiens et Ursace, après qii'ih ont prolesté pur écrit, (/ue toutes leurs accusalions n'estoieiit tjtir des calomnies dont Us se repentoicnt? On ne leur a point extorqué celte retraetation par force comme ils le renient faire croire. On n'a point employé la violence des soldats pour les y contraindre. Ils la firent à l'insceu mesme de [V empereur Constant] vostre frère : et on n'a jamais ru dans les Etats de ce prince les violences qu'on exerce aujourd'hui... S'ils se plaignent qu'on leur ait fait violence; s'ils reconnoisscnl que c'est un mal; si vous le desapprouvez, arrestez vous mesme vos violences : ■t'écrivez plus de lettres, n'envoyez plus de comtes; rappeliez les exilez... Qu'est-ce que Constant a fait de semblable à ce que nous voyons? Quel Evesque a-t-il banni? A quels jugenwnts ecclésiastiques a-t-il voulu présider luy-niesme? Ses officiers ont-ils Jamais contraint de signer la condamnation de persinnie? ... Xe vous engagez pas davantage, je vous en conjure.

Souvenez-i''ous que rous estes un honune mortel. (Craignez le jour du jugement. Dis])Osez-vous à g paroistre pur l'I irrépréhensible. AV vous ingerez'point dans les affaires ecclésiastiques. .\e 7ious prescrivez rien là dessus. Appre- 7U'z plutosl de nous ce que vous en devez croire.

Dieu vous a donné le gouvernement de l'Empire, et a nous celui de l'Eglise. t.)uieonque ose attenter à vostre autorité, s'oppose à l'ordre 'le Dieu. Prenez garde de mesme de vous rendre coupable d'un grand crime en usurpant l'autorité de l'Eglise. Il nous est ordonné de rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. Il ne nous est pas permis de nous attribuer l'autorité impériale. Vous n'ave: aussi aucun pouvoir dans le ministère des choses saisîtes.

Voila ce que j'ay cru devoir vous écrire, dans le désir que j'ay de votre salut. C'est toute la réponse que j'ay à faire à vos lettres. .le ne communiquerai point avec les Ariens. Au contraire j'analheinai ise leur hérésie. Je ne souscrirai jioint à la condffmnalioii d'Athanase dont nous avons

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reconnu U innocence avec V Eglise de Home, et avec tout un concile...

Pe7isez à vous, je vous en conjure. Ne vous laissez pas aller aux volo)itez de ces hommes perdus d'honneur et de religion... Ils emploient vo^re autorité pour accabler celui qu'ils haïssent. Ils veulent vous rendre l'instrument e' le ministre de leurs desseins criminels. Ils cherchent à introduire r hérésie dans l'Eglise par vostre moyen... Cessez donc, prince, cessez et m'en croyez. C'est le langage que je dois vous tenir, et vous ne devez pas le mépriser.

Tillemont s'émeut à citer cette lettre : « Il n'y a rien de si grand, rien de si sage, rien de si généreux, en un mot rien de si épiscopal. » N'était ce dernier adjectif dont on ne doit pas abuser, Tillemont a raison. Jl aurait même raison davantage, s'il disait que ce langage est celui que le catholicisme a donné l'exemple de tenir aux rois très chrétiens.

Hosius reproche à Constance II de s'être livré à une faction ecclésiastique, de s'être fait son instrument, de se prêter à son dessein d'introduire l'hérésie dans l'Eglise. Il le conjure de mettre un terme aux violences que cette faction lui impose. 11 ne craint pas de lui rappeler, si peu habile que puisse être un pareil rappel, l'exemple de l'empereur Constant, son frère, qui n'a jamais commis la faute d'exiler un évêque ou de vouloir présider en personne un jugement ecclésiastique. C'est pour Hosius un point de doctrine. Et ici, en des termes qui rappellent ceux de la lettre du concile de Sardique à Constance II (343), le catholicisme énonce les principes qui règlent ses rapports avec l'État. Le prince n'a pas à s'ingérer dans le domaine ecclésiastique : le gouvernement de l'Etat appartient au prince, le gouvernement de l'Eglise aux évêques. L'Évangile et l'apôtre Paul

ont fait aux chrétiens un devoir de ne rien entreprendre sur l'autorité du prince, mais en retour le prince n'a aucun pouvoir dans le ministère des choses saintes.

En 360, llilaire est à Constantinople, lorsque le concile délibère qui va être le triomphe d'Acace. Hilaire adresse une suprême requête à l'empereur, son (deuxième) livre Ad Constantinm Augustum ; il supplie Constance II ,de l'entendre et de le laisser défendre, lui présent devant le concile, la vérité qu'il ne veut tirer que de l'Ecriture. Il n'a en vue que l'honneur du prince et la paix de l'Orient et de l'Occident, à un moment critique entre tous'. Mais llilaire n'est pas écouté, et, par dérision, on le renvoie en Gaule sans l'amnistier de son exil-^. — En Gaule maintenant le César Julien est Auguste : llilaire, qui n'a plus rien à ménager, écrit son livre Contra Constantinm imper atoreni. Ce n'est qu'une brochure, pourrait-on dire, mais dans la manière de celles de Tertullien. Elle débute par ces trois lignes qui en donnent le ton : « Tempiis est loquendi, quia iam praeteriit tempus tacendi. Christus exspectetur, quia obtinuit Antichristus ». Constance II est cet antéchrist. Plut à Dieu que nous eussions affaire aux persécuteurs d'antan, à Néron, à Dèce, à des bourreaux, à des tortionnaires, à des étrangleurs! Nous avons affaire à un persécuteur sournois, à Constance :

1. HiL\R. Ad Constant. Aug. ii, 10 : « Locuturus tecum sum cum honore regni tui et fidei tuae, omnia ad Orientis et Occidentis pacem prolicientia, sed publica conscicntia, suIj svDodo dissiileiUi, sub lifc (amosa. •

i. SULP. Sev. ir, 43 (p. 98).

At nunc pugnamus contra persecutorem fallentem, contra hostem blandientem, contra Constantium antichristum, qui non dorsa caedit, sed ventrem palpât, non proscribit ad vitam, sed ditat in mortem, non trndit carcere ad libertatem, sed intra palatium honorât ad servitutem... Non contendit ne vincatur, sed adulatur ut dominetur,... Christum confitetur ut neget,... sacerdotes honorât ne episcopi sint. ecclcsiae tecta struit ut fidem destruat'.

L'invective se poursuit avec cette véhémence. Hilaire énumère dans ce style haché les violences de Constance II : les évêques jetés en prison, et toute l'armée de l'administration impériale terrorisant l'Eglise, « exerciius tuos ad terrorem Ecclesiae disponis'^ », et le prince couvrant les sanctuaires de Dieu de l'or de l'État.

Osculo sacerdotes excipis quo et Christus est proditus; caput benedictioni submittis ut fidem calées: convivio dignaris ex quo ludas ad proditionem egressus est... Haec tua, falsa ôvis, indumenta sunt^.

Hilaire était à Séleucie, il a pris part au concile, il y a vu l'œuvre démoralisatrice de l'empereur, « ubi reperi tantum blasphernorum quantum Constantio placcbat » '. Il dénonce l'équivoque du formulaire homéen imposé par l'empereur : « O fallax blandimentum luuml Paleis enim aquas tegis et foveas cespitibus occultas'' ». Il dénonce les variations de Constance II, fidèle au début de son règne à la loi de Nicée, passant ensuite à la fuyante formule eusé-

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