Ibid. 12 (p
Mais toutes les épreuves du catholicisme retentissent dans cette solitude, et Athanase leur donne une voix, la voix qui crie dans le désert.
Un bruit est arrivé ici soudain, bruit auquel d'abord on ne croyait pas pouvoir ajouter foi, et qui ensuite s'est trouvé être la vérité même. On racontait partout que Libère, Vévêque de Rome, que le grand Hosius évêque des Espagnes, que Paulinus évéque des Gaules, que Denys et Eusèbe èvêques d'Italie, que Lucifer de Sardaigne, et d'autres évêques encore, et des prêtres et des diacres, avaient été exilés, parce qu'ils ne consentaient pas à signer contre nous. Que Vincent de Capoue, que Fortunatien d'Aquilée, que Hérémios de Thessalonique, que tous les évêques d'Occident, avaient souffert violence, contrainte, outrages, jusqu'à ce qu'ils eussent promis de ne plus communiquer avec nous.
Nous étions étonnés, hésitants, quand nous est arrivée une autre nouvelle d'Egypte et de Libye : près de quatrevingt-dix évêques étaient persécutés, les églises étaient livrées aux tenants d'Arius, seize évêques étaient exilés, d'autres avaient pris la fuite, d'autres étaient réduits à l'hypocrisie. La persécution en était à ce point que, à Alexandrie, comme les frères priaient... dans un lieu désert près du cimetière, le dux à la tête de trois mille soldats armés de glaives nus et de javelots avait marché contre les chrétiens, et qu'il s'était pa.^sé là ce que pareilles expéditions entraînent avec elles, contre des femmes et des en fant!< dont tout le crime était de prier Dieu..., contre des vierges..., contre des morts même dont les cadavres avaient été abandonnés aux chiens K
Athanase parle ainsi dans son Apologia ad Constantium, une apologie qu'il imagine adressée à l'empereur, qui est en réalité destinée à toute la catholicité. Plaidoyer habile, où il se défend lui-même