Atiianas. Apoloq. ad Const
510 LA PAIX ( ONSTANTINIENNE.
d'abord contre les imputations de la faction qui, à la cour, a tout fait pour le représenter comme un séditieux; plaidoyer où il multiplie les affirmations de son loyalisme et de son respect envers le prince ^ ; plaidoyer hardi tout de même, où il met sous les yeux du prince les actes qui se commettent en son nom et dont il se refuse à croire que Constance II les connaisse, loin de les avoir voulus. Les Ariens à Alexandrie sont allés jusqu'à faire fouetter dans les Her/netariales vierges consacrées à Dieu, et jusqu'à prétendre qu'ils en avaient reçu l'ordre du prince. « Non, s écrie Athanase. pas même dans les persécutions d'antan on n'a rien vu de pareil, et, si on l'a vu, il ne convenait pas que,' sous le règne d'un prince qui est chrétien, la virginité reçût un tel affront, et que ces gens-là rejetassent leur cruauté sur la piété de l'empereur, car il n'y a que les hérétiques à outrager ainsi le Fils de Dieu et les vierges saintes qui se sont consacrées à lui-. ->
UApologia de fuga sua est du même temps que YApologia ad Constantlum, c'est-à-dire de 357-358. Athanase a appris que l'évêque arien d'Antioche, Léonce, et les évèques de son entourage, lui font un crime d'avoir fui d'Alexandrie et de se cacher dans le désert. Athanase se défend et on peut penser que les ai-guments scripturaires ne lui manquent pas, à commencer par l'exemple de Moïse fuyant dans le désert pour échapper à la colère de Pharaon. Mais Athanase n'est pas homme à seulement se défendre, il fonce sur l'épiscopat arien.
t. Il n'a pas cessé rie faire prier ses fidèles pour Constance H, îTipl Tfi; (7a>T-/ipia; to-j £Ùaôo£r7Târo-j. Apolog. ad Const. 14, 17, 48. Woye/.ihid. 10 une formule liturgique de la prière pour l'empereur.
■î.Ibid.SS..
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Ce que les juges (ôixaaraf) font, ce soiil eux (les évêques^ qui Vinspirent, car les juges ne sont que les valets de leurs desseins et dr leur malice. Où trouver un lieu où il n'y ait point trace de leur scélératesse ? Où trouver quelqu'un qui, parce qu'il ne pense pas comme eux, n'ait pas eu à subir leurs dénonciations et à redouter leurs cabales':'... Où trouver une Eglise qui ne gémisse pas des traitements qu'ils ont infligés aux évêques ?
Athanase énumère ces Eglises, depuis Antioche, où « Eustathe confesseur et orthodoxe » a été la victime des Ariens, jusqu'à Constantinople d'où ils ont chassé l'évêque Paul, pour le reléguer à Gueuse en Cappadoce et pour le faire étrangler là par les mains du gouverneur de la province, Philippe, « qui était le patron de leur hérésie et l'exécuteur de leurs meurtrières volontés ' ». Sera-ce tout? Non, car en pleine paix on a exilé l'évêque de Rome Libère, et Paulin évêque de la métropole des Gaules, et Denys évêque de la métropole d'Italie, et Lucifer évêque de la métropole de Sardaigne, « bons évêques tous et défenseurs de la vérité », mais à qui on ne pardonne pas de repousser l'hérésie arienne. Hosius lui-même, le grand vieillard, n'est pas épargné. Enfin c'est au tour de l'Eglise d'Alexandrie. Et c'est comme du temps du roi Achab, qui ne pensait qu'à anéantir la vérité-. Pendant ce temps Léonce est tranquille à Antioche. ce Léonce qui jadis accusé d'incontinence s'est mutilé pour faire croire à sa vertu et a été pour cela même déposé de la prêtrise, ce Léonce dont « néanmoins Constance l'hérétique a eu l'audace de faire un évêque" ».