‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 30 sur 274 · EusEE. H. E. VI, 4i. Feltoe, p. o · texte numérisé non relu

EusEE. H. E. VI, 4i. Feltoe, p. o

3. Sans doute des hiaspliènies contre le Christ (se rappeler le Christo maledicere de la lettre de Pline à Trajan), ou des acclamations païennes.

4. Denjs parle d'une chrétienne, Quinta, traînée ainsi sU tc' s'.Sw- Xeïov, et contrainte à TTpoffy.-jviîv. Rapprochez Min. Fei,. Ortav. ',i (H.vlm. p. 4) : « Caecilius simulacro Serapidis denotato, ut vulyus superstitiosus solet, manum cri admovens osculum lahils impressit. •

:i. EtSEn. loc. cit. 8 : si [XT] ^à 5-J(7çr|U.â Tiç àvjp^oir, pr.rxara. Cf. Ibid. : ri sri; àosêîîa; v.t\oûv[i.aL'cix.

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notables », beaucoup se soumirent aussitôt à l'édit, les uns par peur, d'autres parce qu'ils étaient investis de fonctions publiques qui les obligeaient déjà à sacrifier, d'autres parce que leur entourage les décida, « tous appelés par leur nom * ». La cérémonie se passait sous les yeux de la foule : certains avaient si piteuse mine, que le peuple les assaillait de moqueries; d'autres faisaient les résolus et protestaient qu'ils n'avaient jamais été chrétiens. Beaucoup se tiraient d'affaire en prenant la fuite. On en arrêta : jetés en prison, mis aux fers, ils résistaient d'abord, puis abjuraient avant d'aller au tribunal. Denys nomme par leurs noms les braves gens qui y mirent leur tête, ils n'étaient pas nombreux, et paraissent de condition fort humble. Denys insiste sur le grand nombre des chrétiens qui se dérobèrent par la fuite, il nomme l'évêque Chérémon, qui était évêque de la ville nommée Nil : il était vieux. Il s'enfuit avec sa femme « vers la montagne d'x'Vrabie », il ne revint pas, et (( jamais les frères, quoiqu'ils aient beaucoup cherché, n'ont pu retrouver soit eux, soit leurs cadavres ». Beaucoup qui s'étaient réfugiés dans cette même « montagne d'Arabie », furent réduits en esclavage par les Sarrasins, « on a racheté les uns à grand'peine, avec beaucoup d'argent », et il en reste encore à racheter -.

A Smyrne, « Polémon le néokore » a mission de

1. Loc. cit. a : ôvôftaffi: ts y.aAoû[ji.Evoi. Feltoe, p. 10, suppose qu'on avait dressé des listes de suspects. H est |)lus vraisemblable ffue tous les ciluyens qualKics de TrspiçavéaTspoi, et uotaiument les ôrjfxoaiE-JovTS;, étaient oblisi's par l'édit de sacrifier publii|upnicnl. ouanl aux petites sens, on ne (louvait les atteindre que s'ils étaient dénoncés. Voyez dans les Acta diaput. s. Acliatii, v, 1 ^Gkiuiaudi. \>. 11!», le prclet Martianus pressant l'évêque de lui livier les noms des lidéles : ■• Omnium ti-ade milii nominal ••

■2. Lor. i:ii. '»2. 3 et 'i.

52 LA PAIX CONSTAMINIENNE.

faire exécuter l'édit du prince qui ordonne que les chrétiens sacrifient : les païens, les Juifs, les lettrés avec un intérêt passionné suivent ces opérations de police, assistent à l'interrogatoire des chrétiens arrêtés. Un spectateur païen interrompt Pionius qui explique pourquoi il ne sacrifiera pas : « Qu'avonsnous besoin de tous vos discours, puisqu'il ne vous est pas permis d'exister ' ? » On a arrêté des chrétiens de toutes les dénominations : un prêtre marcionitc-, qui sera martyrisé avec Pionius, un montaniste ^. Quand Pionius comparaît devant le proconsul Quintilianus, qui vient d'arriver à Smyrne, l'interrogatoire s'ouvre sur cette question : « De quel culte ou de quelle hérésie êtes-vous? — Catholiques, répond Pionius. — Quels catholiques? — Je suis prêtre de l'Église catholique. — Et tu es le didascale des catholiques? — Oui, j'enseigne '*. « Le prêtre Pionius est inébranlable jusqu'au bout. Mais son évêque, Euktémon, n'a pas eu le même courage : « Voici que

i. Martyr, s. Pionii. vi, 5 (Geiuiaudt, p. 101) : ovv. e^ttiv Cfiôcî Çrv. C'est le traditionnel Non licet eiSi vos.

■2. Id. XXI, 5 (p. H3) : xal Ttpeffê-jTepôv Tiva Mr(Tp65wpov -■?;: aîpÉTîw; Twv Mapxi(i)vta-Tt5v.

3. Id. XI, 2 p. lOi : xai Eva iy. Tr,; atpéffSw; tûv <^puy(7)V àvô[J.*Ti

4. Id. XIX, 4 l'p. H-2) : à àv8-j7raTo; i7tï;pwTrj(7£V IToc'av 6pyj<7y.£;'av f, a'ipeaiv £"/.ei;; àjtcxpt'vaxo' Tiiv xaôoXixôJv. ÈuopwTriTô' 'lloiwv y.a6o- ).ix(iâv; àîiexpivaTo" Tyj; xaSoXtxr,? èxz),r((îiaç eîij.t lïpcffê-jTîpoî... Voyez comme dans cette passion les magistrats païens insistent pour faire préciser par les inculpés, non seulement qu'ils sont clirétiens, mais qu'ils appartiennent à l'Eglise catliolique. Ainsi le néokore Polémon demande à Pionius son nom, puis : Es-tu clirélien? — Oui. — De quelle Église.' — De la catholique, répond Pionius, il n'y en a pas d'autre pour le Clu-ist. Id. ix, -2 p. 103) : FloXiatov ô vewxôpo; s.}t.z'/lloi'a; £Xx).Yi'j t'a; ; àTicxpivato' Tri; xaOoXtxr,;, o-jts ytip èffTtv àllr, Ttapà XptffTw. La même question est posée par Polémon aux compagnons de Pionius. Il faut voir là un indice (|ue Smyrne, que la province d'Asie, comptait des églises chrétiennes autres ((ue la catholique, au su des magistiats. Hiuxvck. Mission, t. II, |). V)0.

Euktémon, votre chef, a sacrifié », peut dire le néokore Polémon, « rendez-vous donc aussi, Euktémon vous attend dans le Néméséion'. » Pionius, résistant et criant sa foi, est traîné aux pieds de l'autel, où il voit Euktémon debout dans l'attitude d'un idolâtre, une couronne sur la tête. L'évêque de Smyrne, en effet, avait juré par la fortune de l'empereur et par les Némésis qu'il n'était pas chrétien : il avait offert et sacrifié une brebis au Néméséion , il avait mangé de la chair immolée, sous les yeux de la foule qui riait de son parjure ! Ce dut être le plus grand succès de la politique religieuse de Dèce.

L'empereur avait la dureté des Romains de vieille roche. On ne sera pas tenté d'expliquer par un mouvement de pitié la cessation de la persécution, inopinément, dans les premiers mois de 251 : il faut trouver une raison politique au parti ainsi pris par Dèce d'arrêter l'application de son édit. Cette raison serait-elle la médiocrité des résultats obtenus? Les chrétiens qui reniaient leur foi, ceux qui sacrifiaient sans la renier, ne refaisaient pas la fortune des cultes officiels; d'autre part, les martyrs, les confesseurs, les persécutés qui ne cédaient pas, étaient une multitude de braves g-ens contre lesquels la violence avait tort, et tort d'autant plus qu'elle n'en venait pas à bout. Comprenant sans doute la faute politique qu'il avait commise, Dèce estima qu'il avait assez fait en affirmant le principe du culte d'Etat, et qu'il pouvait se contenter d'un semblant de succès. L'Eglise, qui avait été cette fois atteinte dans ses chefs et dans ses membres, l'Église, qui ne comptait pour ainsi dire plus ses fidèles faillis, ses lapsi, ses libel-

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