‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 34 sur 274 · Elseb. h. E. VII, 10, 3. Ff.ltoe · texte numérisé non relu

Elseb. h. E. VII, 10, 3. Ff.ltoe

-2. EtsEB. H. E. vu, 10, 5 : èitt xwv xaOôXoj î.ôywv pacrOiw:. Feltoe, ]). 7'», identifie celle charge avec celle du Procurator summae rei. Denys ne croit pas déroger à la gravite en faisant un jeu de mots sur le ènl tûv -/.aSô/o-j Xo^wv : Macrianus. dil-il, n'eut aucun dessein raisonnable ni universel (oCioàv eOXoyov oJrA xaOoXt/.ov isp6vTi(T£v), il n'eut pas d'égard pour la Providence qui veille sur l'univers [irri ■/.a66>.ou npévîiav), il ne pensa pas au com|)te qu'il rendrait au souverain suprême, il fut l'ennemi de l'Église catholique de Dieu (T^; xaôoÀiy.f,; a-JToO iv.v.')r,aia:,).

3. lAMPiuD. Alex. Sev. 28. (Petek. p. -2'w : »... lacessiveranl conviciolis, et Syrum archisynagogum eum vocantes et arcluereum. .

i. ELSER. //. E. vil, 10, '1. FELTOK. p. 7-2-73.

août 257. Dès le 30 août, Cyprien était traduit devant le proconsul dWfrique, Aspasius Paternus',

Imperatore Valeriano quartum et Gallieno tertium cousulibus tertio kalendarum septembrium Carthagine in secretario Paternus proconsul Cypriano episcopo dixit :

Sacratissimi imperalores Valerianus et Gallienus lilteras ad me dure dignati sunt^ quitus praeceperunt eos, qui romanam religionem non colunt, debere romanas caeremonias recognoscere -. Exquisivi ergo de nomine tuo, quid mihi respondes?

Cyprianus episcopus dixit :

Christianus sum et episcopus. Nullos alios deos novi, nisi unum et verum deum, qui fecit caehcm et terram, mare et quae sunt in eis omnia. Haie deo nos, christiani, deservimus, hune deprecamiir diebus ac noctibns pro vohis etpru omnibus hominibus et pro incolumitate ipsorum imperatorum-^.

Le procès-verbal de l'interrogatoire de saint Cyprien s'ouvre par les lignes qu'on vient de lire. L'édit de Valérien impose les « cérémonies romaines » à quiconque ne pratique pas la « religion romaine » :

1. Acla proconsularia, i, 1-8, dans les Cypp.iani 0pp., éd. Hartfi., t. ni, p. cx-cxi, et dans GEBUARor, Murtyreracten, p. 124-123. — l.e proecs-verbal de la comparution de Cyprien à Carthage doit être rapproché du procès-verbal de la comparution de Denys à Alexandrie, «lue Denys lui-même cite dans une de ses lettres (Eusf.b. H. E. VII, 11, G-H. Feltoe, p. 30-32;.

2. Le préfet d'Egypte, Aemilianus, s'adresse aux prévenus et leur dit <iue, vu la « philanthropie dont usent nos seigneurs » envers eux, ils seront absous, s'ils consentent à prendre le parti de la nature (èm TÔ xixià çuCTtv TpéuECTOat), à « adorer les dieux qui conservent l'Empire » (Oeoùç toùç atôÇovTaç aÙTÛv t/jv PaaiXes'av Ttpodxuvstv), et à répudier ce qui est contre la nature i,tw/ uapà ipyatv). S«!roat-ils ingrats envers des princes qui veulent leur bien? (Eisei!. Il, 7).

3. uenys répond : « Tous n'adorent [las tous les dieux, chacun adore ceux qu'il juge devoir adorer. Nous adorons le Dieu unique, démiurge de l'univers, qui a donné l'era|)lrc aux irés pieux (Oeo^t^éoTaTOt) Auguste, Valérien et tiallien; nous l'adorons religieusement et sans cesse nous le prions pour leur empire et sa stabilité ' tEusKu. il, 8'.

38 LA PAIX tONSTANTINIEN?fE.

les cultes officiels sont obligatoires, sans qne l'on veuille pourtant interdire aux chrétiens d'avoir leur religion à eux' : on exige d'eux leur participation aux « cérémonies romaines » et au culte des dieux de tout le monde. Les poursuites sont exercées contre Le clergé : le pouvoir civil n'ignore aucunement la constitution hiérarchique de l'Église. A Carthage, le proconsul fait arrêter l'évêque seul : il le somme de « recognoscere » les cérémonies romaines. Il n'a aucune illusion sur la réponse que lui fera l'évêque, non plus que sur l'inutilité d'insister après que Tévêque a répondu. Gyprien n'a pas davantage l'illusion de croire qu'il peut se défendre.

Paternus proconsul dixit ; In hac erffo voluntalc persévéras?

Cyprianus episcopus respondit :

Bona volunlas quae Deum novit immutari non potest. Paternus proconsul dixit :

Poteris ergo secundum praeceptum Vahriani et Gallieni exul ad urbem Curubitana m proficisci f Cyprianus episcopus dixit :

Proficiscor-.

L'édit de Valérien condamne à l'exil les prévenus ■qui refuseront d'obtempérer^. Gyprien sera exilé à

1. A Denys qui vient de confesser sa foi au Dieu unique, le préfet dÉgjpte réijli(|iie: « Qui vous emijèclie rie l'adorer, s'il est Dieu, avec les dieux selon la nature (asTà ^^)v xatà œ-jffiv Ôewv) ? On vous ordonne d'adorer les dieu\. et les dieux de tout le monde » (Euseb. Il, 9).

-2. Le préfet d'Égj-pte prononce contre Denys cl ses compag:nons : « ... VbLs ne resterez pas dans cette ville, mais serez relégués dans le pays de la Libye, au lieu appelé Képhro : j'ai choisi ce Irèu d'ordre de nos Augustes » iEcsEB. 11, 10.

3. Acta jjroconsularia, u, 1 : « Tune Paternus proconsul iussit bea- •tum Cyprianum in exsilium deportari ». Epistul. i.xxvr. t (Hartel, p. 827;, Cyprien se qualilie de releijatus. Poxt. Vita Cypriani, it (Haiitel, m, p. Cl) : . ... supervenit exilium... Cliristiano totus hic

Curubis, Colonia iulia Cnrubis, cpi n'est d'ailleurs qu'à peu de distance de Carthage : si désolé que soit le site, Cyprien va y trouver bon accueil, et les « frères » de Carthage auront facilité de venir nombreux l'y visiter'. Le pape Pontien, déporté en Sardaigne par Maximin, avait été plus durement traité.

Paternus proconsul dixit :

Non solum deepiscopis, verum etiam de presbyteris niihi scribere dignati sunt. Volo ergo scire ex te, qui sint presbijteri qui in hac civitate consislunt.

Cyprianus epîsCopus respondit :

Legibns vestris bene atque utililer censuistis delatores non esse; itaque detegi et deferri a tne non possunt. In civitati'bas autem suis invenientur...

Paternus proconsul dixit :

A me mvenientur.

Et adiecit :

Praeceperunt etiam, ne in aliquihus locis conciliabula fiant, nec coemeteria ingrediantur. Si quis itaque hoc tam salubre praeceplum non observaverit, capite plectetur.

Cyprianus episcopus respondit :

Fac quod tibi praeceptum est.

L'édit vise les prêtres avec les évêques'-. L'évêque est un personnage notoire, connu du pouvoir civil en chaque ville où siège un évêque. 11 n'en va pas de même des prêtres : le pioconsul demande ingénument à Cyprien la liste des prêtres de Carthage, Cyprien le prie de les chercher lui-même.

mundiLs una domus est, uiide licet in abdilum et ahsirusum locum lueril relegatus... ».

t. Pont. Vila Cijpriani, 12 (p. en).

2. Denys comparaît avec un de ses prêtres (Maximej et trois de ses diacres (Faustus, Eusébe et Cliércmonj. Mais peut-être ce pnHre et les^ trois diacres se presentaient-ils spoutanemeui, voulant accompagner leur e.v»'que, comme auhsi bien « ce frère de Rome qui était là » (Marcellus) et qui l'accompagna aussi (Eusnt. 11, 3).

L'édit eiitîn interdit aux chrétiens les réunions de leur culte en aucun lieu, il leur interdit l'entrée de leurs cimetières, cela sous peine de mort'.

L'empereur Maximin (235-238) avait pour la première l'ois légiféré contre les IxxXridiwv à'p/ovTsç, Yordo chrétien, sans toucher à la plebs chrétienne. L'édit de Valérien s'en prend comme Maximin à Vordo chrétien : évoques, prêtres, sont mis en demeure de sacrifier, sous peine de relégation. Les fidèles sont sans doute trop nombreux, insaisissables, et l'échec de Dèce n'est pas oublié. Valérien recourt à un expédient : il interdit à l'avenir les réunions du culte chrétien, notamment les réunions dans les cimetières : il crée, ou il renouvelle-, contre les chrétiens le délit d'assemblées illicites; pour intimider plus efficacement, il décrète contre les délinquants la peine capitale. Une réunion est un délit que la police surprend et dont elle saisit incontinent les auteurs : le pouvoir civil sait sans doute que la vie du christianisme est dans ses assemblées, il les interdit, pensant porter au christianisme un coup mortel. D'intentions spoliatrices, on n'en découvre pas dans cet article, qui ne vise que les personnes, non la propriété ecclésiastique.

Les chrétiens renoncèrent à leurs assemblées solen-

1. Denys observe que le préfet ne lui a pas dit d'aboi d : Plus de réunions \Js\r^ (j-jvaye), car il réservait cet article pour la On (Elseb. 11, 4). En effet, dans la sentence qui exile Denys à Képliro, l'inhibition est insérée : « En aucune manière, il ne vous sera permis, soii à vous, soit à quiconque, de tenir des réunions (cruvoSouç TcotaîcOai) ou de pénétrer dans les cimetières ^ei; là. xaXoOjxeva 7.oi[iyiTvipta eîffié^ai) ... si quelqu'un est surpris dans une telle réunion (iv ayvayoiYr] Ttvi), il en portera la peine due » (EisEn. 11, lO-M). Le mot (jyvaY'oyri employé là, et tout autant le mot aûvoôoç, .sont des impropriétés intéressantes dans cette sentence d'un préfet d'Egypte.

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