Église naissante, p. iS-M
LES PREMISSES DE LA LIBERTK UELIGIEISE. 61
nelles, mais ils en tinrent de clandestines, par petits groupes, dans des localités où l'on pouvait déjouer la surveillance de la police '. Il y eut des surprises, des sentences rigoureuses suivirent, ainsi en Numidie, où des lettres de saint Cyprien parlent d'évêques, de prêtres, de diacres, de fidèles, les uns jetés en prison, d'autres condamnés aux mines, d'autres mis à mort^, sans doute pour délit de réunion. L'édit de Valérien enserrait les chrétiens dans une coercition maintenant efficace.
Le succès enliardit le prince à étendre et à aggraver les rigueurs. Un second édit fut publié en 258, c'était un rescrit au sénat, le sénat ayant peut-être sollicité cette surenchère. L'exil n'avait pas brisé les liens des évêques et de leurs fidèles : le nouvel édit prononce contre les évêques, les prêtres, les diacres, la peine capitale, et ils seront exécutés in condnenti, sur-le-champ. On n'avait poursuivi que les fidèles surpris en flagrant délit de réunion : le nouvel édit décrète que les sénateurs, les egregii viri et les chevaliers, encourront la perte de leur rang et la confiscation de leurs biens, et, au cas où ils s'obstineraient, la peine capitale ; les matronae, la confiscation et l'exil; les caesariaiii, gens des domaines impériaux, la confiscation et l'affectation à des tâches serviles dans ces mêmes domaines '^. La profession
1. EusED. 11, 17 : èv TtpoauTeîot; (pas faubourss, mais environs d'Alexandrie) 7roppa3T£pw Xcijxsvoti; xatà [Ae'poç Sffovxai ayvaywY»''» ''a"' oCi-cw; ÈYÉvexo, écrit Denys. Feltoe, p. 35.
'2. CTpriiAN. Epistul. i.xxvr, 1 (p. 8281. Voyez Etiislul. i.xxvn-i.xxix, les trois louchantes lettres de chrétiens condamnés remerciant Cyprien de ses bontés pour eux.
3. Cyprun. Epistul. i.xxx, 1 (p. 839) : « ... rescripsisse Valerianum ad senatum ut episcopi et presbyteri et diacones in continenti animadvertantur, senatores vero et egregii viri et 0(iuites romani dignilate amissa eliam bonis spolientur, et si a(leiii[ilis facullatibus olinsliani perscveraverint capile quoqiie mnltcntur. matronae adcmp-
€2 LA PAIX ( O.NSTANTINIENNE.
de christianisme était redevenue un crime, au moins pour les caesariani, et pour les personnes de Tordre équestre et de Tordre sénatorial : on espérait les terroriser en les désignant et en les menaçant de peines -extrêmes. Contre les plebeii, il suffirait de maintenir l'interdiction des assemblées de culte. Le christianisme frappé dans son clergé, frappé dans Taristo- €ratiede ses tîdèles, n'allait-il pas être entin à bout? La première victime de Tédit fut Tévêquede Rome : le pape Xystus est mis à mort, le 6 août, dans le <!imetière où il a été saisi avec quatre de ses diacres. Les deux préfets de Rome sont comme en permanence : il ne se passe pas de jour où ils ne prononcent des sentences de mort et de confiscation. Ainsi s'exprime Cyprien'. Lui-même comparaît le ïk septembre devant le proconsul d'Afrique.
Galerius Maximus proconsul Cypriano episcopo dixit- :
Tu es Thascius Cypriamis?
Cyprianus episcopus respondit :
Ego surn.
Galerius Maximus proconsul dixit :
Tit papam^ te sacrilegae mentix hominibiis jjraebuiati ?
Cyprianus opiscopus respondit :
Efin.
lis bonis in exilium relegentur, caesariani autem quicumque vel prius cont'essi luerant vel nunc confessi l'uerint ci»nflscentur et vincti in caesarianas possessiones descripti mittantur ».
1. CYpRiA\. E/ji.stul. Lxxx, 1 (Hautel, p. H40\ Vo^ez le commentaire de UucHESNK, Lib. pont. 1. 1, p. lo'J et xcvii.