Allaiid, Histoire des persécutions, t. I, p
2. A. Haunack, Altchristl. Litteraturgesch. t. I (1893', p. 869-870. Voyez Revue biblique, 1913, p. 57j-o8o, quelques pages profondes du P. Lagrange sur la religion de M;irc Aurèle et les raisons qu'il crut avoir d'être impitoyable aux cliréliens.
3. Voyez Dig. xlvui, 19, 30 (éd. Mom.visen, t. II, p. 8."i"2) : - Si <|uis aliquid fecerit quo levas hominura animi superstitione nuininis lerrentur divus Marcus liuiusmodi homines in iusulam relegari rescripsit. '.
i. EtSF.n. H. E. V, I, 4-5 (lettre des martyrs de Lyon).
•'». HiPPOL. In Dan. i, 23 (éd. Bonwf.tscu-Acuelis, p. 33) : ol Y*P avo(AOi où Tia-jovcat (iowvTe; xa6' /iiJicôv xat >.£Y0>'T£;" aipe iv. tri; yf^ç, xoù{ TOtoÛTOv;, où yàp xaôfjxov aùroù; Çfjv. Cf. Eiseb. H. E. \i, 3, 5.
en chaque province, peut, selon ses dispositions personnelles, endormir ou provoquer, détourner ou pousser à bout, les délations et les poursuites contre les chrétiens. Dans l'avertissement qu'il adresse à Scapula (en 212), Tertullien cite un gouverneur de Cappadoce, Claudius Lucius Herminianus, qui a traité les chrétiens avec cruauté, pour se venger de ce que sa femme s'était faite chrétienne. Il en cite un autre, en Afrique, Cincius Severus, qui suggérait aux chrétiens déférés à son tribunal les réponses à faire pour qu'il pût les acquitter. Un troisième, Asper, ayant à juger un chrétien, déclarait à ses assesseurs l'ennui qu'il avait de voir au rôle une affaire de cette espèce, « dolere se incidisse in hanc causant ». D'autres, quand le prévenu a confessé courageusement qu'il est chrétien, insistent pour l'amener à renier sa foi : Tertullien le leur reproche comme une violence illégale, mais le sentiment qui poussait ces magistrats pouvait être de l'humanité, jointe à une parfaite inintelligence du cas '.
Cette humanité de certains gouverneurs leur est inspirée par la difficulté de sévir. Pour persuader le proconsul Scapula, Tertullien propose une considération politique qui se fait jour ici pour la première ibis. En Asie, dit-il, comme (en une ville qui n'est pas nommée) le proconsul Arrius Antoninus^ activait les poursuites contre les chrétiens, tous les chrétiens de la ville se présentèrent ensemble, en masse, devant le tribunal : le proconsul n'en fit arrêter que quel-
1. Tertull. Ad Scapulam, 3 et 4. K. J. Nelmanx, Der rOinische Staat und die allgemeine Kirche bis auf Diokletian (1800), p. 70.
2. Ce pouvait être en 184-185, sous Commode, voj . art. « Arrius 13 ■■ Ue la Real-Encyclopiidie de Pauly-Wissoaya. Cet Arrius Antoninus était un ami et un disciple du rliéteur Fronton.
ques-uns, et dit aux autres : « Malheureux, puisque vous voulez mourir, jetez- vous dans les précipices, ou allez vous pendre! » Évidemment ils sont trop. Il en va de même en x-Vfrique : si Scapula veut sévir à Garthage, continue Tertullien, et si les chrétiens de Carthage viennent d'eux-mêmes s'offrir à son tribunal, que fera le proconsul de tant de milliers de fidèles, de tout sexe, de tout âge, de tout rang? Décimera-t-il Carthage? Quelle va être la terreur de tous, quand parmi les victimes chacun reconnaîtra ses proches, ses amis, ses voisins, les premiers citoyens de la ville, les femmes des plus grandes familles, les amis et les parents du proconsul ^ ?
Même en faisant la part de la rhétorique dans ces ailirmations de Tertullien, on a là un indice de la pénétration du christianisme dans la société. De ces indices qui iront en se multipliant, nous n'en voulons rappeler qu'un parmi les plus remarquables, à ces environs de l'an 200, à ce tournant de l'histoire impériale. Tertullien, en effet, dans ce même livre Ad .9crt/?a^«/w, parle de Septime Sévère (193-211) comme d'un prince qui aurait pu mériter le titre de protecteur des chrétiens. Tertullien énonce des faits précis. Il sait que Septime Sévère a confié à des mains chrétiennes la prime éducation de son fils Caracalla, « lacté christiano educntiis ». Il sait que Septime Sévère a gardé dans son palais jusqu'à sa mort un médecin nommé Proculus Torpacion, qui était chrétien. Il sait que Septime Sévère a, non seulement épargné, mais honoré de son estime, des hommes et des femmes de rang sénatorial, qu'il savait appartenir à la secte clirétienne, et que, dans une occa-