I. Vopisc. Aurctian. 20 p. 150) -Z. Homo. p. fil
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lonius de Tyune, car il connaissait les traits du vénérable philosophe, pour avoir vu son image dans bien des temples'. Sur quoi, Apollonius s'adressant en latin à l'empereur, afin de se faire comprendre de cet homme de Pannonie, lui aurait dit : « Aurélien, si tu veux vaincre, ne pense plus à massacrer mes compatriotes; Aurélien. si tu veux régner, épargne le sang innocent; Aurélien. sois clément, si tu veux vivre. * L'empereur, très frappé de ces paroles et de cette apparition, aurait promis incontinent à Apollonius de lui élever des statues et un temple, et de ne faire aucun mal aux gens de Tyane ^.
Nous ne saisissons pas ici seulement combien la foi aux songes est une foi commune alors, et aussi la foi aux vœux : « Aurelîane, si vis vincere... » Nous surprenons une sorte de culte voué à Apollonius de Tyane, le héros du syncrétisme du temps des Sévères. Vopiscus le qualifie de sage très célèbre et très écouté, de philosophe ancien, de véritable ami des dieux, honoré lui-même comme une divinité : « Quoi de plus saint que cet homme, de plus vénérable, de plus antique, de plus divin, a jamais existé parmi les hommes? Il a rendu la vie à des morts, il a fait et dit maintes choses qui sont au delà des forces humaines. » Son image est dans les temples, l'empereur lui élèvera un temple, du moins il le lui promit en songe. Vopiscus déclare tenir le récit de personnes graves {Haec ego a gravihus vins comperi) qui apparemment le croyaient vrai.
1. cf. Lactant. Div. inst. v, 3, 14 (éd. Brandt, p. 409) : « ... [Apolloniuiii] adoratum esse a quihusdam sicut deum, et simulacrum eius sub Herculis Alexicaci nominc constitutum ab Epliesiis etiani nunc honorari ».
2. Vopisc. Aurelian. 24 (p. 153) : « Fertur... Apollonium Thyanaeuni, celeberrimae faniae auctorilatisque sapienteni, veterem philosophum, amicum verum deorum, ipsuin etiam pro nuiiiine frequentandum,... ea forma qua videtur subito adstitisse... Norat vultum philosophi venerabilis Aurelianus alque in multis eius imaginein viderai lemplis. Denique statim adtoniius et imaginem et statuas et templum eidem proniisit... Quid enim illo viro sanctius, venerabilius, diviniusque inter homines fuit? 111e mortuis reddidit vitam. ille imilta ullra homines et fecit et dixit ».
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La suite du récit s'appuie sans doute sur les mêmes témoignages. Aurélien, continuant sa campagne contre les Palmyréniens. livre bataille sous Emèse. La victoire de l'armée romaine fut difficile, car la cavalerie palmyrénienne était très forte. Un moment, Aurélien put croire tout compromis, mais une divinité intervint, qui rallia les troupes romaines'. Les historiens modernes attribuent la victoire à une manœuvre de l'infanterie qui aurait opportunément appuyé la cavalerie qui cédait ^. Cela n'empêcherait pas Aurélien d'avoir cru à un secours du ciel, de l'avoir même sollicité par un vœu, et cette possibilité est d'autant plus vraisemblable que, étant entré à Émêse après sa victoire, sa première pensée fut pour le temple fameux du Sol inviciiis Elagabal; il s'y rendit comme s'il eût eu un vœu à accomplir, et il reconnut là aussitôt la divinité qui l'avait secouru dans la bataille ^.
Ces traits sont révélateurs de la religiosité d"Aurélien, de sa dévotion personnelle au Soleil, et aussi de sa disposition à reconnaître la divinité à laquelle il s'est voué dans la divinité syrienne d'Emèse : Aurélien n'hésite évidemment pas à identifier le dieu dont sa mère était prêtresse à Sirmium et le dieu d"Émèse. Il comble de 'dons magnifiques le temple d'Emèse, et à Rome il va élever un temple au Soleil.
Les termes dont se servent les historiens paiens qui l'ont vu pour décrire le temple romain du Soleil suggèrent que l'édifice était d'une grande richesse : « Templum Solis mafinifîcenlissimum constituit... In templo Solis inullum auri f/emmarumque constituit ''... Dccrevit ctiam eino-
\. Vopisc. AurcUan. -Xi (p. Vi't) : » Cumqiic Aureliani équités... lerya ■daienl, subito vi numinis, quod postea est inodilum, liortante quadam divina forma, per pedites etiam équités restituti suut ■>.'
3. VoiMsc. ibid. : <• Emesam victor Aurelianus insressus est ac statiin ad templum Helioi;aljali letendit, qnasi communi oni(;io vota soluturus. Vei'um illic eam formam numinis reiqierit (|uaii) in belle sibi lavenlem vidit. (Juarc et illic templa l'undavit donariis ingentibus j>osilis... "
■i. VoiMsc. Aurciian. 39 ([>. l()3).
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lumenta sartis lectis et miuistrisK.. » Le temple romain a été enriclii du butin fait à Palmyre : Zosime, qui nous l'apprend, sait de plus qu'on y a dressé des statues de Hélios et de Bel, c'est à-dire du diou cher aux Palmyréniens^. Mais la divinité du temple est le Soleil simplement; le temple s'appelle Templum Solis-^; les jeux institués par Aurélien en souvenir de la dédicace iportent le nom d'Agon Solis *. Aurélien ne s'est pas contenté de construire le temple et de le combler d'offrandes : il a constitué des revenus pour l'entretien de l'édifice et pour le salaire des ministres, mimstris, c'est-à-dire des serviteurs et à l'exclusion des pontifes.
Mais le temi)le a ses pontifes, qui forment un collège propre, distrait du grand collège des pontifes : ce seront les pontipces dei Soiis ou puntiftces Solis. Quelques inscriptions romaines se sont conservées qui mentionnent des pontifices Solis : ils cumulent les sacerdoces, ils sont, en même temps que pontifes du Soleil, augures, quindecemvirs. ou même pontifices maiores; ils sont initiés à des cultes non officiels comme celui dlsis, ou celui de Mithra, ou celui de Cybèle ^. Tous les pontifices Solis qui sont connus sont clarissimi viri, ils appartiennent à l'aristocratie sénatoriale. Il va sans dire que l'empereur est le grand mdàive àe,& pontifices Solis comme il l'est des pontifices maiores, en vertu de sa fonction de Pontifex Maximus.
La dévotion de l'empereur Aurélien pour le Soleil n'est point, en effet, une infidélité aux cultes officiels établis.
î. Id. 3", (p. Kil). Et encoie, 28 (p. 156) : « Tune allatae vestes, quas in tempio Solis vMemus consertae yemniis, tune persiei dracones et tiarae. » F.utrop. lireviar. ix, i-i (éd. DiF/rscii, p. «J) : <' Templimi Soli a^diticavil, in quo infinituni auri genimarumque constituit. » Vopisc. Firmus, 3 (p. 20ii) : Aur.'lien donne au temple du Soleil quatre dents énoinii's d'elé|iliants. Le Sénat fera plaeer dans le temple une statue d'Aurélicn, en arjîcnt. Id. larilus, 9 (p. 477).