‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 46 sur 274 · Tertui.l. De ieiun. l.'i · texte numérisé non relu

Tertui.l. De ieiun. l.'i

2. Cf. Lib. ponlïf. (éd. Dlciiesne), t. I, p. l-2;{, saint Clément « sepultus est in Grecias ».

3. Ilapprocliez Cvpuian. Epixtnl. xiv Preshyteris et diaconis fratribiis), 1 : « ... ut ea quiie circa ecclesiao gubernacula .iitilitas comtnunis exposcil traclart! simul et pUiriniorum cmisilio cxaiiiinata limaro IK)SSftmii.s. » /'/. 4 : .< ... quando a primordio episcopalus nici slaluerim iiiliil sine consilio vesiro et sine consensu plel)is mea |)n'\atim senlentia gerere. Scd cnin ad vos per Dei sraliam veiiero, unie de liis (piae vel sesla siint vel gerenda, siciU hoiior mutuus poscH, in conimunc tractabinius. ' II\ktei., (). .'ild et 512.

84 LA PAIX CONSTANTINlEiNNE.

le nom chrétien', « ipsa repraesentatio totius nomînis christiculi », de toute la chrétienté locale : on jeune en pareille occasion. Nous n'avons pas là des conciles proprement dits, mais des assemblées de toute l'Eglise locale, comme il peut s'en tenir à l'occasion d'une élection d'évèque. 11 ne faut pas perdre de vue que Tertullien, montaniste déclaré à l'époque où il écrit le De iciiinio, s'intéresse avant tout à cette pratique solennelle du jeune, et Ton peut soupçonner que s'il parle avec tant de considération de ces assemblées, qui se tiennent, « per Graecias... cerds i?i locis- », qui sont de fameuses assemblées, « illa... concilia », c'est peut-être que ces concilia sont montanistes. En toute hypothèse, Tertullien ne pensait pas aux « conciles », comme celui d'Ancyre, qui combattirent si eilicacement le montanisme !

Les concilia signalés « per Graecias » dans ce texte de Tertullien seraient des synodes d'évéques : l'analogie ne va pas loin que M. Luebeck a cru découvrir entre les assemblées provinciales du culte impérial et nos synodes. Les membres des assemblées provinciales sont élus par chaque cité de la province : ils ont compétence pour lélection du flamen provinciae annuel, l'entretien du temple élevé par la province à la divinité de Rome et d'Auguste, le vote des contributions spontanées qui couvriront les frais du

1. Sur le sens de repraesentatio, voyez P. B. L'eucharistie (191S}, p. ilf»--i20.

'2. Llebeijk, p. 38, voit clans certisiti locis « immer flxierte Versamuilungsorte », et ajoute : < Es waren wolil die Metropolen », les mi'ti'oi)iiles civiles. Mais Synnada où se tient un synode n'est pas la mctropiile de la Plirygie. Certis in locis me parait être l'équivalent (le « in diversis provinciis ». — Ajoutons que nulle part à pareille date il n'y a trace de périodicité des synodes. Firmilien le premier parle de synodes annuels : ■■ ..,. ut per singulos annos ... in unum conveniainus. » Inter Cvphivn. Èjiistul. i.xxv, 4.

susdit culte l'année suivante, les hommages au gouverneur qui sort de charge, ou les plaintes adressées contre lui à l'empereur : c'est tout l'ordre du jour des assemblées provinciales'.

M. Luebeck exagère en parlant de Provinziallandlag, tout au plus conviendrait-il de parler de fabrique et de fabriciens. Qu'il y a loin de là à un synode, délibérant comme un sénat municipal, ou jugeant comme un tribunal, ou discutant comme une école philosophique, un synode maître de son ordre du jour, édictant des sentences, des canons ! Joint à cela que le synode ecclésiastique n'est pas, en droit, limité à la province où il se réunit : nous avons vu à Ancyre en Galatie un « presbytre » d'Asie et un « presbytre « de Phrygic. Mais surtout l'évêque qui vient à un synode n'est pas le délégué de ses électeurs : il représente son Église, dont il est le « chef » mystique, souverain, et n'ayant de compte à rendre qu'à Dieu et à l'Eglise universelle.

Les premiers conciles d'évêques, après ceux du temps de la controverse pascale, apparaissent autour de 230 : ils sont donc à peu près contemporains du « chtistianos esse passus est » de l'empereur Alexandre Sévère. C'est le moment où Origène, passant à Césarée de Palestine, y est fait prêtre par les évêques qui y sont assemblés-. A son retour à Alexandrie, commencent pour Origène ses difficultés avec l'évêque d'Alexandrie, Démétrius. Le catalogue des œuvres dOrigène, dressé par Pamphile et Eusèbe dans leur Apologie pour Origène, mentionnait dans la collection de ses lettres, les « epistulae sinodoruni super

\. Llehk. K. p. .'{'i. — Le même, p. 3fi, relève que l'assemblée provinciale se qualilie elle-même de Σpà a-Jvooo; et tie âyta avvoSo;. 3. EUHEE //. /•;. VI. -2:1, 't.

causa Origenis » ^ . Cette même Apologie pour Origène précise : « Un synode est réuni contre Origène, un synode d'évêques et de quelques prêtres, qui prononce qu'Origène sera chassé d'Alexandrie, et qu'il ne pourra soit y séjourner, soit y enseigner ». Puis, dans un synode subséquent, « Démétrius, avec quelques évèques égyptiens, dépose Origène de la prêtrise, sentence à laquelle souscrivent ceux qui auparavant lui ont été favorables- ». Détail de valeur : Démétrius, une fois Origène déposé et banni, fait part de cette sentence à tous les évêques de la chrétienté-'. Si on en croyait saint Jérôme, les évêques du monde auraient souscrit à la sentence, Rome notamment, dans son « sénat », sans doute le concile des évêques qui s'assemblaient à Rome^ : « In damnationem eius consentit orbis, Rama ipsa contra hune cogit senatum'^ »,

Vers 230 encore un synode est connu qui se tint à Iconium en Pisidie et qui réunit les évèques de Phrygie, de Galatie, de Cilicie et de Cappadoce : le synode se prononce pour l'invalidité du baptême des hérétiques^. Voici un très authentique concile d'évêques : « ... plurimi simul convenientes », dira Firmilien, évêque de Césarée de Cappadoce qui y assista,

1. Je cite le texte de E. Klostermann, ■< Die Schriften des 0. in Hieronynius Brief an Paula », Sitzungsberichte de l'Acad. de Berlin, ■2'.) juillet 1897, p. 809. On lisait jadis : ■< Episiola Esifodorum super causa Origenis. »

-2. Phot. Cod. 118.

3. EusED. H. E. VI, 8, 4 : Toîç àvà Trjv olxoup.Évriv sTcicxÔTtot; y.a'a- Ypâ^;etv. Cf. Origen. Comme)tt. in loa. vr, 2 (éd. Preischen, p. 107).

4. Harnack, Do{j7nengeschichte, t. I^, p. 7C3, suggère que cette sentence de Rome est une anticipation du consuhstantiel que le concile de Rome en 257 affirmera à nouveau .i l'occasion de Denys d'Alexandrie.

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