‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 49 sur 274 · Wprîan. Epistul. i.vii, .") (p. (j.y · texte numérisé non relu

Wprîan. Epistul. i.vii, .") (p. (j.y

in conscienda nostra protuliinus) : on les consulte, ils répondent'. 11 apparaît cependant qu'ils légifèrent en commun, qu'ils parlent de l'autorité de leurs décrets [decreti nostrl auctoi'itas), de leurs placita, de la rectitude de leurs sentiments [censentes et pro recto tenentes), et que les décrets de leurs prédécesseurs [ab antecessoribus nostris statutam sentenliam) ont à leurs yeux la valeur d'une loi. Le concile n'est pas autre chose que l'évèque, avec son autorité et son prestige, il est l'évèque au pluriel, il est un « sacerdotum collegium » ^ : et de là l'attention qu'on attachera au nombre des évêques présents, l'autorité des décisions du concile croissant avec le nombre des évêques qui les ont souscrites. Si le jugement de l'évèque dans son Église est un jugement auquel chacun doit déférer comme à un jugement de Dieu et du Christ, le jugement collectif d'évêques délibérant et prononçant avec une gravité solennelle, aura-t-il une moindre autorité? Cyprien conclut^ : L'Ecriture [magisteria divina] fait aux chrétiens un devoir du respect de cette puissance sacerdotale, de ce magistère et de ce sacerdoce que l'évèque exerce au

1. cf. Cypiuan. Epistul. Lvi, 3 (p. C'(9). llapproclier la "3" des senlcntiae episcoporum (Hartel, p. 4ri7) : « Secundum motiim animi niei et Spirilus sancti... >-

2. Kappi-ochez Epistul. lv, 6 (p. O-iO) : « Ac si minus sufQciens episcoporum in Africa numcrus videhatur, eliam llomam super liac re scripsimus ad Cornclium collegam iiostrnm, qui et i!)se cum pluril)ns coepiscopis hahito concilio in eamdem nobiscum sententiam pari i;iavitate et saluhri moderatione conseiisit. »

3. Epistul. Lix, :; (p. (ni) : " Cum haec tanta ac talia multa exenipla praecedant quihus sacerdotalis auctoritas et potestas de divina dignatione lirmatur, quales putas esse eos qui sacierdotiim liostes et conlra ecclesiam calliolieam reljelles...? Neque enim aliuiide liaereses ohorlao sunt aut nala sunt scliismata, quani quando sacerdoii Del non cliteniperaliir, nec unus in ecclesia ad tempus sacerdos et ad Icnipus index vice Clirisli co^'itatnr : cui si secnndnm magisteria divina obtemperaret fratornitas uni\crsa, nemo adversnni sacerdotuin coUegiuni quicquam movcrct... ■•

nom et à la place du Christ'. Si la chrétienté universelle obéissait ainsi, aucune révolte ne se produirait contre le collèg-e des évoques.

Supposé que toute la pensée de Cyprien sur les conciles soit là, il faut reconnaître que cette pensée est bien courte. Tout évéque juge f>ice Chris ti dans son Eglise, soit, mais est-il pour autant infaillible"? Assemblez des évêques africains en si grand nombre qu'il sera possible, ce concile est-il Y Ecclesia catholica? Si importante que soit son autorité, n'a-t-elle donc pas à s'accorder avec celle du collège universel des évêques ?

A Rome, au contraire, on ne perd jamais de ^^le ce collège universel. Le concile romain de 251 compte soixante évêques « et un nombre plus élevé encore de prêtres et de diacres »^. Eusèbe, qui mentionne ces chiffres, a entre ses mains la lettre par laquelle le pape Cornélius fait part à l'évêque d'Antioche, Fabius, de la tenue de ce concile romain et des résolutions qui y furent votées. Cette lettre est une synodale analogue à celles qui, rédigées par Févêque de Carthage, émanent des évoques africains réunis en concile à Carthao-e. A la fin de la lettre romaine. Cornélius donne la liste des évêques qui ont pris part au concile romain, en marquant avec leurs noms celui de l'Église de chacun : il donne aussi les noms des évêques qui, n'étant pas venus à Rome, ont approuvé par lettres les décisions prises, et avec leurs

1. Cf. Eptstul. i.xvii, 8 (p. 741) : « ... portio sacerdolum quae... fortis et slabiiis honorem divinae maiestatis et sacerdotalem dignitatem plena timoris observatione tueatur. »

■2. EnsKB. H. E. VI, Vi. -2. — On sait parcelle même lettre du pape Cornélius que l'Église de Rome compte 4t) prêtres et 7 diacies. on condura (fu'il vint au concile de Rome de ■2:a des prêtres et des diacres d'autres Églises d'Italie.

noms celui de TEglise de chacun'. Les évêques seuls sont donc comptés, seuls ils souscrivent; les diacres et les prêtres, qui sont présents au concile, ne sont pas portés sur cette liste. — Le pape Cornélius et son concile de 251 sont d'accord avec Cyprien et le concile de Carthag-e sur la conduite à tenir au sujet des lapsi. Mais Carthage n'a pensé qu'à F Afrique, tandis que Ton ne peut pas dire que Rome pense seulement à Fltalie. Pour exprimer ce qui est dans le cas présent la pensée de Rome, Eusèbe parle d'un décret pour la catholicité, ûdY[xa toï; irStaiv, il retrouve fortuitement le même terme (ooy^oia toI; TzavcayoGi) dont il s'est servi pour caractériser l'acte du pape Victor dans l'affaire de la Pàque ^.

Le pape Cornélius, en même temps qu'il écrit à l'évèque d'Antioche, adresse une lettre pareille à l'évêque d'Alexandrie, Denys ^. Et Denys, qui est du même sentiment que les Africains et les Romains, écrit à son tour à « ceux d'Eg-ypte », pour leur donner des règ-les de conduite conformes à celles de Cartilage et de Rome '. L'évêque d'Alexandrie n'a

1. Id. ;2l-22. — Rome dresse la liste autlientique des évêques d'Italie <iui sont en communion avec l'évêque légitime de Rome, Corneliu.s, et notifie cette liste à révê(|ue d'Antioche. De son côté, Cyprien a communique à Cornélius la liste authentique des évc(iuL's africains légitimes. » ... Quando... miserim tibi proxime nomina ei)iscopoiuiii istic constitutorum qui integri et sani in ecclesia catholica fratribus pracsunt,... ut scires tu et collegae riostri [les évêques d'Italie] quibus scribere et lilteras nuituo a quibus vos accipere oporteret. » Cvpiuan. Epistul. Lix, 9 (p. (570).

i. liusEB. //. E. VI, '*3, 2 : [si tôt après le concile de Rome] îôiwç tî ■/axà Ta; XoiTtàç ÈTCapyJaç twv xaTa -/wpav 7:oi[xÉvwv 7t£pl toû Tipa- XTsou 8ta(TX£i|/a[iÉv(«)v, oôytj.a TiaptoTatat toîç Ttâfftv. Eusèbe a connu trois lettres de Cornélius à l'évêque d'Antioche sur ce même sujet, id. i. — La décision romaine avait rallié les évêques des Gaules. CYi'ui.vs. Epistul. L.WMi, 1 (p. 744). — De son coté, à Rome, Novaticn écrit à toutes les Églises pour faire prévaloir le senti inent rigoriste, au nom duquel il a créé son scliismc. Sociiat. H. E. iv, 28.

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