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moi, réponds-moi ' . » Basilide est le collègue de Denys, par là s'explique la déférence de l'évêque d'Alexandrie; ce dernier cependant a autorité sur la Cyrënaïque, par là sans doute s'explique que Basilide s'adresse à lui, et que Denys l'appelle son fils.
En 257, se place une intervention plus caractérisée de Denys dans la Pentapole (Cyrénaïque). Le monarchianisme est, au iii*^ siècle, un peu partout dans l'air : Denys est informé qu'il a envahi la chrétienté de Plolémaïs, sous forme de controverses qui la divisent en deux partis. On s'est tourné vers l'évêque d'Alexandrie : des deux partis on lui a écrit, ses « frères » sont venus l'entretenir. Il a répondu à la consultation qu'on lui demandait, il a répondu par écrit en forme très didactique -. Saint Athanase ne dissimulera pas que quelques-uns des évêques de la Pentapole étaient tombés dans l'erreur de Sabellius^'. Denys intervint, car « il avait la charge de ces Eglises » de la Pentapole ^.
Comme les évêques convaincus de sabellianisme résistaient, Denys leur écrivit une lettre plus forte pour confondre leur impudence. Ainsi s'exprime Athanase , dont le langage rude se sent des luttes du iv^ siècle. Denys est plus modéré et plus a.rchaïque cette fois encore : il s'est entretenu à Alexandrie avec les « frères » qui sont venus à lui : il répond^ non par une sentence , mais par plusieurs lettres <' contre Sabellius », c'est-à-dire contre l'erreur d'un mort : il adresse ses lettres à Ammon, évêque de
1. Kkltok, p. 104- IOj. -2. EusEB. //. /:,'. vit, 6 Fei.toe, p. M-.'ia). 3. Ne pas oublier que Sabellius esl libyen de naissance, i. Atiianas. De sentent. Dionysii^ S : aùrô; yàp eV/e tiiv tAéptixvav TÛJV iy.x).r,(TiâJ-/ Èy.sîvMv...
Bereniké, et à d'autres évêques de Cyrénaïque ' . En même temps, Denys communique au pape Xystus toutes les réponses qu'il vient d'adresser aux évêques cyrénéens^.
Nous saisissons ici les premiers linéaments d'une organisation : les évêques de Cyrénaïque groupés autour de l'évêque de Ptolémaïs comme autour d'un primat provincial, ces évêques ressortissant ensemble àuneprimatie plus haute, celle de l'évêque d'Alexandrie. Voici maintenant qu'une autorité va paraître dont est justiciable l'évêque même d'Alexandrie.
Quelque temps après (260-261), en effet, Denys est dénoncé à Rome comme sacrifiant à l'erreur contraire à celle qu'il a combattue : il a combattu le monarchianisme sabellien, on l'accuse de subordinatianisme. Athanase, qui a eu sous les yeux les lettres et autres écrits de Denys qui ont trait à cette affaire , rapporte que « certains des frères (qui étaient) de l'Eglise, et dont les doctrines étaient droites, mais négligeant d'interroger Denys pour apprendre de lui quel sens il donnait à telle de ses expressions, se rendirent à Rome et l'accusèrent auprès de son homonyme l'évêque de Rome, Denys ^ ». Ces « frères » sont des évêques antisabelliens, de Pentapole apparemment, plutôt que d'Egypte, des évêques engagés dans la polémique et qui ont jugé imprudente la doctrine de l'évêque d'Alexandrie. Ils « montèrent à Rome » (àv^Xôov s'tç Tr,v 'Pcô[jL7iv) ; ils ne s'adressent donc pas au concile d'Egypte, ils s'adressent à Rome pour accuser Denys d'Alexandrie, comme Félicissimus de Carthage s'adressait à Rome pour accuser Cyprien. Ils accusent