‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 54 sur 274 · EuSEB. VII · texte numérisé non relu

EuSEB. VII

a. Ibid. VII, G et iG, I (Kkltoe, p. 52).

Z. Atiianas. De sent. Dio)i. 13.

Denys d'Alexandrie de dire que le Logos est une créature [noirnia] et que le Fils n'est pas consubstantiel (ôfjLoouGtov) au Père'. Le concile de Rome leur donne raison aussitôt, du moins sur la question de doctrine, en se prononçant pour la consubstantialité et contre le subordinatianisme^. Rome pose comme une règle de foi les termes que le concile de Nicée dans soixante et quelques années ne fera que lui emprunter. Sur la question de fait, à savoir si l'erreur condamnée a été professée par l'évêque d'Alexandrie, le concile de Rome semble se réserver, mais l'évêque de Rome Denys communique sans retard à l'évêque d'Alexandrie la sententla unanime du concile de Rome^.

Regrettons qu'Athanase ' n'ait cité qu'un passage de la lettre synodale du pape Denys, car cette synodale Contre les sahelliens serait un des manifestes les plus importants de la manière de Rome au m* siècle. — Le pape Denys, dans le fragment que nous avons , s'élève contre « ceux qui déchirent et détruisent la véritable prédication de l'Eglise de Dieu » (xo (ie[jLvôraTov xvipuYM-" '^^'î è>'>'^'i<îia<; "^ou Ohoo), marquant par là son critérium, la tradition commune : c'est le critérium de saint Irénée, opposé, non plus aux gnostiques, mais aux spéculateurs qui se croient orthodoxes, écrit le pape Denys, et « qui catéchisent et

1. Harnack, Dogmengeschichle, t. \'^, p. 7(i" : « Die retlende Formel : ),ÔYOî ô(j.ooû(7iO(; oO TotriOetc, war bereits gesiiroclieii. » Assurément, mais elle était dés ce moment aussi la foimule romaine, et nous avons vu qu'elle devait l'être déjà au temps où le concile de Rome avait souscrit à la condamnation d'Origéne.

2. Atiianas. De synod. 43 : r\ \xvi xarà 'Pwjaïîv itOvooo; rjYavâK-rrjiTEv. .'5. Ibid. : ô Se Trjc 'Pa)|XYi; ïn'.(yx,oTzoz ti^v Ttàviwv yva)|XYiv ypâf ei 7:pô;

Tov ô|/.wvu(iov êauToû. De sent. Dion. 13. 4. De décret, nie. syn. 20. Kfitoe. p. i76-ls-2.

enseignent parmi vous la parole divine « ' . Ils divisent « la sainte monade » en « trois hypostases étrangères l'une à l'autre et séparées absolument » . Ils tombent ainsi dans « la doctrine de ce fou de Marcion », dans « cet enseignement diabolique, qui n'est pas celui des vrais disciples du Christ et de quiconque se complaît dans l'enseignement du Sauveur ». Il y a une triade, il n'y a pas trois dieux. Ils ne valent pas mieux ceux qui croient que le Fils est une créature (TCotTima) du Père. « C'est un blasphème, non point léger, mais énorme », de parler ainsi, et c'est « le dernier mot de l'absurde ». « O hommes qui se jettent tête baissée dans le péril ! » Il faut croire à Dieu le Père tout-puissant, à Jésus Christ son Fils, à l'Esprit saint, et que le Logos est un avec Dieu : « Ainsi la divine triade et la sainte prédication de la monarchie seront préservées. »

Rome entend rappeler la doctrine élémentaire, traditionnelle, celle de son symbole baptismal, celle qui est aussi éloignée du modalisme deSabellius que du trithéisme soi-disant renouvelé de Marcion. Inutile do discuter des choses étrangères à la doctrine (x-/ipuYîJta) de l'Eglise, la lettre de l'Ecriture les repousse en deux mots, sans qu'il faille se jeter dans les complications dialectiques. M. Harnack estime que cette simplicité fait la force de la position de l'évêque romain; il ajoute que, si l'on compare cette lettre du pape Denys, par exemple, à celle de saint Léon à Flavien, on sera étonné que ces manifestes

1. Ce ' parmi vous >■ (Tiva: tù)v Ttap ùfAîv /.aTYi-(OuvTwv xat SiSairxovrwv Tov 6eïov >,6yov) désignerait les évoques de Cyrénaïque, auxquels la synodale serait adressée. On a cru au contraire (Feltoe, p îiT: Bai\- DENHEWER, t. II, p. 182) que 06 « parmi vous » pouvait désigner l'Église d'Alexandrie.

romains aient le même air de famille'. L'observation est très juste, et l'on peut ajouter que le pape Denys parle exactement comme parlait naguère le pape Etienne, avec une simplicité, avec une netteté aussi qui ne regarde à aucun ménagement, sinon pour les personnes.

L'évèque d'Alexandrie n'était atteint qu'indirectement par la leçon que Rome donnait là aux modalistes et aux trithéistes de Cyrénaïque. 11 écrivit cependant au pape Denys une lettre dans laquelle il montrait combien était mensongère l'imputation qui l'avait accusé « de ne pas professer que le Christ est consubstantiel (ôy-GouaioO à Dieu^ ». Assurément, ajoutait-il, ce terme ne se rencontre pas dans les saintes Écritures, toutefois les arguments que j'ai fait valoir contre le sabellianisme , « et dont mes accusateurs ne tiennent nul compte, ne sont pas en contradiction avec ce concept ». Non content de cette lettre à l'évèque romain, Denys d'Alexandrie lui adresse peu après un mémoire en quatre livres , qu'il intitule Accusation et apologie, et dont il nous reste des morceaux pour la plupart cités par Athanase^. Car Athanase a eu à reprendre cette apologie, pour défendre son saint prédécesseur Denys contre la prétention des Ariens d'en faire un tenant de l'arianisme. Athanase ne doute pas de la pureté de la doctrine de Denys, « ce maître de l'Eglise catholique » ', tout en reconnaissant qu'il a eu à expliquer son langage, à dissiper des soupçons, à attester son orthodoxie.

1. H\«N\(,K, p. "7-2. — M. Feltoe, |i. Itis, signale celle lettre de l'évèque romain comme « exliibitiiig distinct traces of Western modes nf tliought, iû ils direi-lnoss aiid avoidance ot subtlelics ».

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