p. Wendlaxd, Hellen. riim. Kultur 1007), p
-2. Dans // Thess. ii, 7, Paul enseigne que le mystère tle l'iniquité agit déjà : pour qu'il éclate, il faut seulement que celui qui le retient encore (ô xaTÉywv) ait disparu. Ce tevte a suggéré à Tertullien que, l'Empire romain devant être le dernier, l'existence de l'Empire romain retardait la lin du monde [Apolog. 3-2;. Idée reprise par Lactance. avec cette différence f|ue [)our Lactance c'est l'exislence de la ville de Rome qui retarde la lin du monde : « ... incolumi urbe Uoiua niliil istius videtur esse metucndum; at vero cuni caput illut orhis occiderit..., quis dubitet venisse iam finem rébus Immanis orbique terrarum? Illa est civitas quae adhuc sustentai omnia... » [Div. inst. vu, 2.";, 6-8). Il n'est pas vraisemblable que telle soit la pensée de Paul, laquelle se réfère à une donnée apocalyptique qui nous échappe. Sa foi en l'Empire romain lient avant tout à sa qualité de citoyen romain, et à l'expérience (pi'il a de « Ja bienfaisance d'un Empire puissamment ordonné comme celui qui depuis Auguste embrassai! le monde ». A. .lL;r.t.ii:iiF.r,, dans J. \\f,iss, Sckriflen des A'. T. (I'.kw), t. Il, [>. 30!».
(Ire l'enseignement de saint Paul sur la soumission aux autorités : il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu; quiconque se révolte contre l'autorité résiste à l'ordre que Dieu a établi. Le magistrat porte le glaive', car, serviteur de Dieu pour exercer sa vindicte, il punit celui qui fait le mal. Il faut se soumettre, non par ci^ainte, mais par conscience. Rendez donc, conclut l'apôtre, rendez à tous ce qui est dû : l'impôt à qui vous devez l'impôt, le tribut à qui vous devez le tribut, la crainte à qui vous devez la crainte, l'bonneur à qui vous devez l'honneur-. Ce loyalisme est d'un apôtre qui est citoyen romain de naissance, qui en a la dignité, et à qui la cité romaine, en attendant la cité des cieux, inspire une confiance absolue : institution de Dieu, en quelque sorte définitive, où chaque fidèle prend son rang, qui de citoyen, qui de pérégrin, qui d'esclave, et se soumet, moins par contrainte, que par une vue de foi. .
Paul s'exprime ainsi dans l'épître aux Romains, qui est d'une date où Rome n'a pas encore dit aux chrétiens : Non licet esse i>os. Cependant, après l'inauguration du régime persécuteur, le langage de l'apôtre ne change pas. Le chrétien devra prier pour tous les hommes, pour les rois, et pour toutes les autorités constituées, « afin qu'il lui soit donné de mener une vie paisible, en toute piété et honnêteté » (/ Tim. II, 2). Le chrétien devra être « soumis aux magistrats et aux autorités, obéir », être pacifique, modéré, doux
1. Cf. Digest. i, 18, G, 8 (éd. Mommsen, t. I, p. 33) : .. Qui universas provincias resunt, lus gladii hal)ent ». Vo>ez Mommsen, Droit pénal, t. I, p. 283:286.
■2. Rom. XIII, 1". F. Pr,\T, Théologie de saint Paul, t. II (191-2}, p. 'k)6-4C2.
envers tous les hommes [Tit. m, 1-2). Ainsi s'expriment les épîtres Pastorales. La Prima Pétri, qui est du même temps que les Pastorales, veut que les fidèles se montrent « spontanément soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes, soit au prince comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir les malfaiteurs et pour protéger les gens de bien ». La maxime évangélique qui prescrit de rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, est traduite par la Prima Pétri dans cette règle élémentaire : « Craignez Dieu, honorez le basileus » IPet. ii, 13), Le basileus est à ce moment Néron.
Ces déclarations apostoliques fondent une théorie chrétienne du pouvoir : la souveraineté existante est un ordre établi par Dieu, auquel il faut se soumettre comme à Dieu. Cette souveraineté a une fonction exclusivement terrestre : assurer la paix, réprimer le crime. Elle est sujette à Terreur, elle peut être injuste, cruelle, on verra de mauvais princes : il faut prier pour les princes et pour tous ceux qui administrent l'autorité. Et, dès l'origine, le loyalisme et la soumission se traduisent en prière liturgique.
Seigneur, dit saint Clémeut dirige nos pas pour que nous marchions dans la sainteté du cœur, et que nous fassions ce qui est bon et agréable devant toi et devant nos maîtres '... Donne la concorde et la paix à nous et à tous ceux qui habitent la terre... Xous sommes soumis à ton nom tout puissant et tout bon. à nos maîtres et à ceux qui nous gouvernent^ sur terre \... Toi, Seigneur,
t. En grec : Tôiv àp'/ôvTwv rifAwv. Le mut aj/-/ovTî; tlrsi^nora tnut dépositaire de l'autorilc publique.
■1. Ici encore, xpxouaiv v.aX yiYou!J.evci^ TijaiTjv. 3. Ci-F.M. Rom. Cor. i.x, -2-1 (éd. I'cnk. p. ITs .
tu leur as donné la souveraineté ^ , par ta magnifique et ineffable puissance, afin que, connaissant la gloire et l'honneur que tu leur as départis, nous leur soyons soumis et ne contredisions pas à ta volonté. Accorde-leur, Seigneur, la santé, la paix, la concorde, la stabilité: qu'ils exercent sans heurt l'autorité que 'tu leur as donnée... Dii-ige. Seigneur, leur conseil selon ce qui est bien et qui le plaît, afin qu'exerçant dans la paix et dans la douceur et pieusement l'autorité que tu leur as donnée, ils te trouvent propice -.
Quelle dignité dans ce langage d un romain de Rome, réservé au martyre! 11 a retenu de saint Paul que l'autorité vient de Dieu, et qu'il faut s'y soumettre dans cette vue de foi. Prions pour ceux que Dieu en a revêtus, afin qu'ils l'exercent selon ee qui plaît à Dieu. Ni révolte, ni malédiction ^.
Le chrétien sait qu'il joue sa tête, à être chrétien : il sait qu'il est enrôlé dans une secte qui fait de lui un de ces « homines inlicilae ac desperatae factionis ». auxquels la loi ne pardonne pas ''. Il ne va pas audevant du martyre, il s'y soumet sans même murmurer contre l'autorité aveugle qui le frappe. — C'est seulement avec les apologistes du second siècle que le catholicisme entreprend de plaider sa propre cause devant l'opinion publique, ou même en s'adressant à des princes, comme Antonin ou Marc Aurèle, que l'on dit « pieux, philosophes, gardiens de la justice et amis de l'instruction-^ ». Les apologistes s'appli-
I. En grec : tv-,v è^ouai'av r^ç paaO.eîaç. -2. Id. LXI, 1-2 {ibid.).
3. Cf. Por.Yc.vRp. Phili. xii, 3 : Ttpiffeû-^eaôî xal -Itûç paaOiwv y.at ÈHoufftwv xaî àp>;^6vTa)v. Cf. Marlyrium Polyrorpi. x. -2 : ôsc;'.5àY|j.s6a jxrj àp/aïç xal elouffiat; Otto to'j 6ôoO TEiaytiÉvai; tiu.t,v xxTà to Trpocrjxov, ttiV [xy] ^AdtTTTo'jffav fiUà;, àTrovéas-.v.