Ilstix. Apolog. n, 2 et
quent à disculper le christianisme des imputations monstrueuses que l'opinion païenne a haineusement accueillies à l'origine, et qui ont cours encore. Au fond, la vraie, la seule question est que les chrétiens portent le nom de chrétiens, et que ce nom est interdit : ils n'ont pas le droit d'être. Par la voix des apologistes, ils vont réclamer ce droit à l'existence.
Tout homme de sens, écrit saint Justin, estimera de bonne et stricte justice que « les gouvernés prouvent l'innocence de leurs mœurs et de leur doctrine, et qu'en retour les gouvernants rendent leurs arrêts, non avec violence et tyrannie, mais avec piété et philosophie : à cette condition se réalisera le bien des gouvernés et des gouvernants, car, ainsi que l'a dit un ancien, si les gouvernants ne sont pas philosophes et si les gouvernés ne le sont pas davantage, c'en est fait du Ijonheur des cités ^ ». L'apologiste invoque l'autorité de Platon, et fait appel à la raison et à la justice du prince. — On accuse les chrétiens d'attendre un royaume, poursuit Justin, mais cette espérance n'est pas pour le monde présent. Loin de faire du chrétien un factieux, cette espérance fait de nous, « bien plus que de tous les hommes » au monde, « vos auxiliaires et vos alliés pour la paix », la paix s'entendant de la paix romaine. Nous adorons un Dieu unique, et nous n'adorons que lui; « dans tout le reste nous vous obéissons joyeusement, nous vous reconnaissons princes et maîtres des hommes, et nous prions Dieu qu'avec la puissance royale il vous donne la sagesse ». Et d'un mot qui porte loin, Justin leur prédit que si, pareils à la foule ignorante, « ils préfèrent la tradition à la vérité » (xà eôr) -nfo xî;? à>^r,0£ia(;j, ils