‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 60 sur 274 · Atuan.is. De synod. 43 (avec la note des Mauristes · texte numérisé non relu

Atuan.is. De synod. 43 (avec la note des Mauristes

3. Loc cit. : oî XoiTtol uâvTî; ol n-j^i -'r^aX-i Trapoixoùvteî xà; ÈYY^î ~(5).£i; y.ai iôvv) irÂo-M-o'. ■/.ta. La synodale rappelle que, au déliut de l'aiTaire, « nous en avons saisi boaucnup d'cvéïiues éloignes >• ^7i:ap£y.a),oy[A£v Tto),).où; v.aX "Cw-/ (j.axf.àv ÈTTioy.ÔTrtov). Uelcvez l'antithèse ol i^yûç, oî [xaxpâv. Dans la même synodale (10) on voit mentionnés les évêques du parti de Paul comme èitia/oiToi xô5v ôjAopwv àypwv Tï xaî irô/etov, cvè(|ues des villes ei des campagnes attenant à Antioche.

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dont le nom suit celui de Malchion est-il aussi le nom d'un prêtre? On le suppose, au moins à titre de possibilité. Dans les synodales africaines les évêques seuls étaient nommés. — La synodale antiochienne entend être écrite au nom des évêques, sans les séparer de leurs prêtres, de leurs diacres, de leurs Églises : indistinction de pure forme qui est probablement un archaïsme. La synodale est adressée à tous les évêques de la terre habitée (xaxà ttjv okou- [aeV/iv) : ici encore les prêtres et les diacres de ces évêques éloignés sont joints à eux. En s'adressant à tous les « frères » , à tous les évêques de la terre habitée, et à leurs prêtres, et à leurs diacres, ils ont dessein de s'adresser à « toute l'Église catholique qui est sous le ciel ». — Enfin en tête des évêques à qui cette encyclique est expédiée, deux évêques sont nommés, deux seulement, Maxime évêque d'Alexandrie en seconde ligne, Denys évêque de Rome le premier ^ .

On dira que Rome et Alexandrie sont à ce moment les deux « métropoles du monde » -. Il sera plus historique de penser que Rome et Alexandrie sont nommées ici ensemble parce qu'ensemble elles ont pris l'initiative de rompre avec Paul de Samosate. On croit être sur la trace de cette entente de Rome et d'Alexandrie au début de l'affaire, dans un mot d'Eu-

1. L'absence aux synodes aiitiochiens de révè(|ue de Rome et de l'évêque d'Alexandrie expli(|ue pour une part que les évêques réonisàAnlioclie aient repoussé le terme de 6[xoo-j(7to(;, (|ue uous avons vu faire loi à Home et être admis par Denys d'Alexandrie. Sur l'exclusive opposée à ce terme par les évêques qui ont condamné r^aul de Samosate, voyez Athanas. De synodis, 43 et 45. Cf. Hauxack, Dogmeaijeschichte, t. l*, p. "-29. Tixf.ivont, Hist. des dogmes, t. 1. p. 432.

fi. Rome, Alexandrie, Antioclic, sont (avant la tétrarcliie) les trois grandes villes du monde. Voyez la noted'AcuEUS, • Die drei \Yeltsladte >, dans son Chrislcnluin in dea ersten drei Jalirhunderlen, t. II, ]). WO-43!.

sèbe sur Denys d'Alexandrie : « Il existe, écrit-il, une lettre encore de lui à Denys de Rome, la lettre sur Lucien » '. On identifie ce Lucien avec le prêtre antiochien Lucien, bien connu comme exégète, et tout autant comme intermédiaire doctrinal entre l'adoptianisme de Paul de Samosate et le subordinatianisme des Ariens : le laconisme d'Eusèbe s'expliquerait par le parti pris de ménager une école pour laquelle sa sympathie est réelle. Si donc Tévèque d'Alexandrie a écrit à Rome sur Lucien, Rome n'ignorait rien de la crise antiochienne. Le souvenir s'est conservé, mais en dehors d'Eusèbe qui se tait, que Lucien fut condamné en même temps que Paul de Samosate, et qu'il resta excommunié à Antioche sous l'épiscopat des trois successeurs de Paul 2. Eusèbe ne nous dit-il pas que Paul avait à Antioche un parti ^ ? — Rome et Alexandrie auraient donc dès le début pris la même attitude vis-à-vis du scandale antiochien, puis se seraient tenues ensuite dans une même réserve visà-vis des compromis essayés par Firmilien : la condamnation de Paul et de sa séquelle aurait après cinq années d'atermoiements donné raison à la rigueur de Rome et d'Alexandrie.

La synodale se termine par l'annonce de la déposition de Paul et de l'élection de son successeur.

Xous avons donc été obligés d'excommunier (r/./.rjpûÇavTie;^ cet adversaire de Dieu, malgré sa résistance, et d'établir d sa place pour l'Église catholique un autre évéque, afin

1. EusF.r.. H. E. VII, 9. 6. H\i:xack, Allchr. Litleraturij.. |>. î>-2~.

•i. TiiEODORET. H. E. I, 4, 3() (éd. P,\nMF,NTir.K, p. 18). 1/information sur Luck-n ligure dans une lettre d'Alexandre, évoque d'Alexandrie, un contemporain d'Eusèbe.

li. Elseb. h. e. vil, •28, i (tûv [X£v àij/jî tov Saixrjo-axÉa). Lucien était originaire de Samosate, c^mmo l'aul.

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d'obéir à la providence de Dieu : r'es/ Domnos, fils dU bienheureux Demetrianos qui a élé chef de la même Eglise avant ce Paul : il est orné de tout es les qualités qui conviennent à xm évêque. A'ous vous le notifions, pour que vous lui écriviez et pour que vous receviez ses lettres en communion '.

La déposition de Paul fut suivie de l'ordinalion de Domnos, deux actes accomplis avec le concoui-s des membres orthodoxes de Vordo et de la plebs, qui formaient évidemment la majorité de la chrétienté antiochienne. La synodale indique d'un mot (ftr, e^xovTa Ixxïipu^avTs;) que Paul n'accepta pas son excommunication et sa déposition. Le schisme continua que nous conjecturions avoir éclaté dès le début de l'affaire : Eusèbe, en effet, rapporte que Paul resta maître de « la maison de l'Eglise «, soit la basilique principale d'Antioche et la demeure attenante de l'évêque.

« L'empereur Aurélien. auquel on s'adressa, ajoute Eusèbe, donna une solution très judicieuse, il ordonna d'attribuer la maison à ceux à qui les évêques d'Italie et de la ville des Romains en notifieraient la sentence- ». Paul avait pu se maintenir en possession des biens de l'Ég-lise d'Antioche, tant qu'Anlioche avait dépendu du royaume de Palmyre : la reine de Palmyre, Zénobie, le protégeait comme sa créature. Mais en 272, l'empereur Aurélien vainquit Zénobie et

1. Elsed. il E. \ii. 30, IT. — La synodale ajoute sarcastiqucment de Paul qu'il pourra écrire à Artémas et les partisans d'Artémas communiquer avec lui. On supposera difficilement que l'hérétique romain Artémas (ou Artémon), qui lut excommunie par le pape ZépiijTiu (20"2-'i17), vivait encore à Rome en -269. Mais on avait pu à Antioche condamner le monarcliianisme et l'adoptianisme de Paul de Samosate, en invoquant le précédent de la condamnation des mêmes erreurs dans la personne d'Artémas. Nous aurions là un indice que les orthodoxes d'Antioche s'appuyaient sur Rome.

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