‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 63 sur 274 · I. Jhifl. p · texte numérisé non relu

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i. Ibid. p. -20.

pro'.nnciae^ àp)(i£p£u;. Oa ne trovive aucune trace d'intervention du sfouvernement romain dans le choix du flameii provinciae ^ Le culte impérial se retrouve plus spontané encore dans les cités qui à lenvi se sont donné un temple ou un autel de Rome et d'Auguste. Le flainen Aiigusti, ioyizpiuq Ssêaarou, est élu parle sénat municipal [ordo decnrionum), ou encore par l'assemblée des citoyens de la ville, « consensu iiiiwersae cwitatis ». Ici encore aucune trace d'intervention du gouvernement romain-. Le flamine est élu pour un an, après quoi il garde à vie le titre honorifique de flamen perpetuus. Il est contraire à tous les usages romains que les flamines soient constitués en collège : partout où Ion rencontre un prêtre portant ce titre, il est seul''.

Ce dernier point a été contesté : on a. en effet, voulu voir dans le llaminat du culte impérial une esquisse de hiérarchie, province par province, le flamen provinciae étant supposé chargé de surveiller l'exercice du culte tant provincial que municipal. Mommsen, qui a développé cette vue, à propos de la province d'Asie, imagine que cette surveillance supérieure, limitée d'abord au culte impérial, « s'étendit probablement à toutes les affaires de religion ». Quand le christianisme en vint à faire sentir sa prépondérance, « ce fut surtout sous l'influence des grands prêtres de province que la rivalité » du christianisme et des cultes officiels « devint un conflit ». Choisis parmi les personnalités les plus considérables du pays, ces prêtres « étaient appelés et disposés,

1. J. ToriAiN, Les cultes païens dans l'Empire romain, t. I (1907), p. 13!».

•1. Ibid. p. |.^7-i:i8.

i. E.Bfxruf.p., Le culte impérial {l»9\:, p. lil.

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beaucoup plus que les fonctionnaires impériaux, par leurs traditions et par les devoirs de leur charge, à constater l'abandon dans lequel on laissait la religion officielle ». Si les remontrances ne suffisaient pas, ils dénonçaient aux autorités locales ou impériales, ils « recouraient au bras séculier ». Et Mommsen ajoute : « Sans doute ce ne sont pas les païens qui ont copié dans cette province (d'Asie) les institutions chrétiennes : c'est, au contraire, l'Église chrétienne victorieuse qui a emprunté sa hiérarchie au culte rival. Tout cela se retrouve dans tout l'Empire, mais l'Asie Mineure a éprouvé plus quun autre pays les conséquences pratiques de l'organisation régulière donnée dans les provinces au culte de lempereur, la surveillance religieuse et la persécution des croyances étrangères ' ».

Cette thèse, si on létend à l'universalité des provinces de l'Empire romain, est une généralisation en l'air. On ne trouve, en effet, qu'en Asie ce semblant de centralisation des sacerdoces entre les mains de l'ap/iepsù; 'Affta;. En Asie même, qu'est-ce que ce semblant de centralisation?

L'Asie comptait de grandes villes rivales ; l'assemblée provinciale se tenait tantôt dans l'une, tantôt dans l'autre, toujours d'ailleurs sous la présidence

1. Mommsen, Histoire romaine, trad. Ir. t. X (1888, p. 12->-128. Lle- BECK, Reichseinteilung, p. 30. abonde dans ce sens. Il identifie ràfftâpyYî;avec ràpyiepô-j; 'A(7:a:. M. Luebeck relève ensuite que les diverses provinces orientales ont eu un personnage analogue (BitLyniarque, Galatarqiie. Cappadokarque, Kilikiarquc. Lykiarque, Pampli\liarque, Pontarqiie, Syriarque que nous a fait connaître l'épigraphie. Il attribue à ce personnage la même fonction qu'à ràpyispeù; 'Acîaç. On a ainsi dans toutes ces provinces orientales la même liégémonie religieuse d'un àp/tîpev;, « en qui s'incarne presque tout le culte impérial =. Par contraste, ajoute Luebeck, « l'évêque de la métropole civile doit devenir le centre, le sonuiiaire. le re[)résentant des communautés chrétiennes de la jirovince ».

de l'àp/tEpeù; 'Aaîa;. Chacune de ces villes avait un temple, parfois plusieurs, dédiés au culte impérial, et les prêtres de ces temples portaient le titre de àpyupEuç Tou vaoû OU twv vawv Iv napyocuLco, iv ^aupvr,, Iv 'EcpÉffw..., selon que ces temples étaient à Pergame. à Smyrne, à Éphèse. On en a conclu que, « en Asie, comme ailleurs, il y avait un prêtre président de l'assemblée provinciale, et placé au-dessus des prêtres qui desservaient les temples bâtis par l'Asie dans plusieurs des grandes villes de la province ^ ». Mais il ne peut sagir que d'une préséance théorique, car nulle part il n'est question d'attribuer au grand prêtre d'Asie une autorité comparable à celle du Pontifex Maximus à Rome, ni même une autorité quelconque qui transformerait son sacerdoce en une magistrature-. Un moment vint où, pour mieux lutter contre la concurrence chrétienne, les cultes officiels essayèrent de se donner une hiérarchie. Mais cette tentative fut restreinte aux provinces que gouvernait Maximin Daïa, et parler de Maximin (308-313) c'est dire combien la tentative fut tardive. Au nombre des mesures répressives du christianisme imaginées par Maximin, en effet, Lactance rapporte qu'il créa une fonction nouvelle, celle de grands prêtres, un par grande cité, choisis parmi les premiers citoyens : ils n'étaient point attachés au service d'un dieu, mais de tous les dieux : leur fonction devait être, avec laide des

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