Belrlier, p
2. Belrlier, p. 144 ^aprôs Hirschfeld), estime que le texte de Dion Chrysdstome {Orat. 3:;) qualifiant les Asiarquos toù; àTtâvTMV apyz-'^'^o'' TWV Upétov, est obscur. Blonimscii n'a pas irautie texte à alléguer à ra|)pui (le sa thoDrie. cncnre no s'api)li((uc-t-il qu'à l'Asie. Admettons que l'asiarque soit le cliel de tous les prêtres de la proviiu-e. où est l'évcque d'Asie? où est en Asie l'evèque chef de tous les évê<|ues asiates? En Asie moins qu'ailleurs on ne trouve trate d'une pareille subordination. En K^ypte? soit. i;n Syrie? soit. Mais en Asie?
120 LA PAIX CONSTANTLMENNE.
prêtres des vieux sacerdoces, de surveiller les chrétiens, d'empêcher qu'ils construisissent aucune église et qu'ils tinssent aucune réunion même privée : en cas de contravention, ils avaient le droit de les saisir, de les obliger à sacrifier, et, s'ils refusaient . de les traîner devant les juges. Non content d'organiser dans chaque ville cette police du culte confiée à un grand prêtre, Maximin voulut à la tête de chaque province un pontife de rang supérieur. Les grands prêtres municipaux et le grand pontife provincial devaient porter une clilamyde blanche'. Eusèbe a connu cette institution de Maximin : bien qu'il ne la présente pas avec la même netteté que Lactance, ■on voit mieux cependant chez Eusèbe le grand prêtre provincial chef hiérarchique des prêtres municipaux et locaux. Ce grand prêtre est choisi parmi les hommes qui ont passé par les grandes charges publiques : il a des bureaux et une escorte^. De ce dernier trait que révèle Eusèbe, on inférera que cet cipvtepsuç était une sorte de magistrat. Mais nulle part on ne voit que ce directeur provincial des cultes, à la nomination de l'empereur, fût le sacerdos provinciae du culte de Rome et d'Auguste : sa fonction est présentée , au contraire comme une institution entièrement nou-
1. De inorl. pcrsee. 30. 4 (p. 215) : t ... novo more saccrdotes maximos per singulas civitatcs siiii^ulos ex |)riiiiorihus facif. qui et sacrificia per oranes deos suos cotidie lacèrent, et velerum sacerdotum niliiislerio suhnixi dareiit operani ut cliristiani ne(|ue conventicula fabricareiil ncque pul)lice aut privatim coirent, sed compreliensos suo iure ad sacrificia cogèrent vel iudicibus offerrent. l'arumque hoc fuit, nisi etiani provinciis e\ altiore dignitalis gradu siiigulos quasi poiitilices supcrponerel. Et eos utros(iue candidis claiiiidilius oriialos iussit incedere ».
^2. Elskiî. //. E. VIII, l'i. 9 : 'lEpsâ; t£ £'5w)a)v v.oLxà TcâvTa tottov 7.at 7r6/iv, xaî ÈTti To-jTtov éy-âaT-/); ÈTrap/iaç àpyj.tpix ... (i£-ïà crTpaTtWTtxoù <7TÎpou; xal ôopuçopîaç ÈxTâaaiJV. Kufin traduit ces derniers mots : ministris militaribus cl salariis additis Jl a lu owpo'fopiaç).
velle, et c'est aussi vrai du g-rand prêtre municipal dont Lactance oppose la fonction à celle des vieux sacerdoces établis'. Maximin aura voulu opposer en Orient à l'organisation hiérarchique du christianisme une organisation hiérarchique, province par province, ville par ville, qui n'est que l'extension de sa souveraineté de Pontifex Maxiinas. L'empereur Julien reprendra un jour ce même dessein, en accentuant davantage l'imitation de la hiérarchie chrétienne 2. Nous sommes loin de l'assertion de Mommsen sur l'Église chrétienne victorieuse empruntant sa hiérarchie au culte rival.
Les cités de l'Empire romain, avec leurs territoires nettement définis par le cadastre, ont donné des limites toutes tracées pour définir le territoire de chaque Église ^. Nous venons de voir que la proi>iiice avec un évêque métropolitain à sa tête n'est pas un emprunt du catholicisme au culte impérial de Rome et d'Auguste. Dirons-nous qu'elle est une création du concile de Nicée ^ ?
Le 4" canon de Nicée édicté que, quand un siège épiscopal est à pourvoir, tous les él^êques de la province SBront convoqués. Si la longueur de la route ou quelque difficulté accidentelle les empêche de se rendre à la convocation, la présence de trois évèques au moins
1. Coci contre BEii'.ur.ii, p. lit, (|iii l'ait de l'institution de Maximin une réorganisation du culte impérial.
i. P. AixARD, Julien V Apostat, t. H (1003), p. 177-180. Luf.beck, p. M- 5-2, avait dit déjà de Maximin : « Er reorsanisiertc den sclion last zerfallenen Kaiserkullus und zwar iu strenger Kaclibilduns der llierarcliic... So liatlc das Heidenlum in diescr Organisation sich vall und ganz dem Cliristeutum assiniilicrt •>.