C. /. L. Vni
DIOCLETIEN. 137
églises, et aussi bien la communauté des fidèles ellemême a dû y pourvoir. Rome, à la veille de la paix constantinienne, compte quarante et quelques églises ' . La multiplication des édifices chrétiens explique que la première mesure de persécution édictée par Dioclétien soit d'ordonner de jeter par terre les églises.
Eusèbe a été très frappé des marques de considération que les pouvoirs publics, à la veille de la persécution de Dioclétien, prodiguent aux chrétiens. Il relève en particulier que des gouverneurs de provinces sont chrétiens, et qu'on les dispense de sacrifier, par déférence pour les scrupules de leur religion"^. Une inscription chrétienne de Phrygie fait connaître un chrétien du nom de Marc Jules Eugène, plus tard évêque de Laodicée, qui au moment de la persécution appartient à Vofficiiim du gouverneur de Pisidie, et est mis en demeure, par un édit de Maximin, de sacrifier^ : ce qui confirme l'assertion d'Eusèbe, que des chrétiens étaient dans l'administration impériale, et qu'antérieurement à la persécution ils étaient dispensés de participer aux cultes officiels. Eusèbe a connu une petite ville de Phrygie, qu'il ne nomme pas, où en masse tous les habitants sont chrétiens, y compris le XoytdTvii;, les (iTpaTr,Yo(, et les autres autorités (gùv Toïi; h teXei TTôcaiv] : la persécution ne les fera pas apostasier, ils préféreront mourir tous, avec les femmes et les enfants, plutôt que de faire acte d'idolâtrie''. Le concile d'Elvire, en 306, mentionne des