‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 78 sur 274 · EusEiî. H. /•>'. VIII · texte numérisé non relu

EusEiî. H. /•>'. VIII

'(. EusEB. H. K. IX. S, !'«, pour la famine (|ui sévit en Orient en 31-2.

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comme on Ta quelquefois dit, car toutes les conditions s'y retrouvent. Nous avons vu un rescrit de Valérien, en 258, frapper les chrétiens qui se rencontreraient parmi les sénateurs ou les chevaliers [senatores et egregii viri et équités romani)'^. On peut apporter le témoignage de Denys d'Alexandrie pour Alexandrie au temps de Valérien : à vrai dire, les chrétiens qu'il signale dans les rangs les plus élevés font preuve de peu de courage, beaucoup renient leur christianisme - . Les humbles résistent mieux : Denys énumère « des hommes et des femmes, des jeunes gens et des vieillards, de jeunes filles et de vieilles femmes, des soldats et des civils, des gens de toute race et de tout âge ^ ».

La proportion de ces éléments divers est impossible à déterminer : on estime que les soldats chrétiens ont toujours été rares, et aussi que la clientèle chrétienne compte plus de femmes que dhommes. Les vierges forment une part notable du troupeau du Christ « inlustrior portio », comme l'appelle saint Cyprien ^. Dès le iii^ siècle, des vierges se consacraient à Dieu par profession "'. Bien que Ion rencontre maintes fois des cas de femmes chrétiennes dont les

1. Cyprias. Epistul. i.\xx, I Hautel, p. 839 . Comparez la déférence et la sympathie des autorités envers des martyrs comme Pliiloromos et Piiilias, au temps de la persécution de Dioclétien. Elseiî. H. E. VIII, 9, 8.

2. EusEn. H. E. vi, 41, Il : 7ioX),ot twv T^sotçaveffTÉpwv. cf. id. VIII, 14, la, une chrétienne d'Alexandrie iTCfjriiAOTtXTri tî xal /a;j.Trpo- TiTY), condamnée à l'exil.

?.. M. vil, 11, '20.

4. Cypriax. De hab. virg. 3 'Haiîtel, p. 189) : << Flos est ille ecclesiastici germinis, ... inlustrior portio gregis Christi. Gaudet per illas atque in illis largiter llorct Ecclesiae matris gloriosa fecunditas. »

5. Cypuian. De hab. virt/. i p. 189; ; « quae se Christo dicaverint ". Ibid. 9 (p. 191 : « ... virgines Christ! ». Dioxys. Al. ap. Euseb. H. E- VI, 41, 18 : âyta TrapÔÉvo;. Concil. Eliberitan. 13 : " Virgines quae se Deo dicaverunt. si pactum perdiderint virginitatis... «

DIOCLETIEN. 141

maris sont païens, à commencer par la femme de Dioclétien et la femme de Galère, l'Eglise répugne à livrer par des mariages mixtes les membres du Christ aux gentils, «prostituere gentilibus >nembra Christi», comme dit saint Cyprien '. Cette légitime répugnance fait que le nombre est très grand dans la société chrétienne des jeunes filles qui ne trouvent pas à se marier : un canon du concile d'Elvire, qui exprime lui aussi la sévérité de TEglise pour les mariages mixtes qu'il nomme des adultères d'âmes, ne veut pas qu'on les permette, fût-ce en considération du nombre des jeunes filles à marier-. On en conclut avec vraisemblance que les jeunes hommes chrétiens sont rares.

11 ne manque à la société chrétienne ni le nombre, ni même la fortune, il lui manque le prestige de l'esprit dont se targue l'élite païenne fidèle à la culture traditionnelle : le christianisme n"a pas pénétré dans l'enseignement public, il n'a pas pour lui l'éloquence, il reste une chose « barbare » ^. Arnobe, il est vrai, assure que dans les rangs des chrétiens on rencontre des hommes du plus grand génie, orateurs, grammairiens, jurisconsultes, médecins, philosophes, qui ont embrassé la foi '*. Il faut tovjours craindre que ces pluriels soient emphatiques sous la plume d un Arnobe! Lactance avouera que pour la haute société demeurée païenne, pour ceux qu'il appelle les maîtres du siècle (principes huius saeculi]. le christianisme

\. Cyprian. De lapsis, tî (p. 240). Cf. Testim. m, H-2 (p. Kiti %

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