‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 80 sur 274 · HAnNACK, Mission, t. I, j · texte numérisé non relu

HAnNACK, Mission, t. I, j

DIOCLETIEN. 143

et clarissimi ordinis et sanguinis », et Pontius est ému de leur générosité séculière, « sed et saeculi nobilitate generosi^ ». Le christianisme, mieux connu depuis qu'il est pratiqué au grand jour, s'est imposé au respect public, au moins par le caractère de ses fidèles. Mais la société païenne, même la plus généreuse, reste réfractaire à fond à la foi d'un Cyprien.

Lactance, qui est un témoin de cette fin de la société païenne, lui reproche son matérialisme. Elle croit aux dieux, mais à des dieux qui n'ont point cure de l'humanité : elle ne croit pas à une vie future, ni à une règle des mœurs. « Duin existiinant nulli deo esse nos curae aut post mortem nihil futuros, totos se lihidinihus addicunt, et dum licere sibi putant, hauriendis voluptalihiis sitienter iiicumbunt. » Lhomme ne soupçonne pas qu'il puisse y avoir en lui plus qu'il ne paraît, « plus esse in honiine quam videtur- ». Lactance explique par une immense ignorance l'attachement des simples au paganisme : il connaît cependant des gens qu'il qua* lifie de prudentiores, qui ne sont point dupes des fables païennes, et qui restent fidèles aux pratiques d'une religion à laquelle ils ne croient pas, pour paraître en avoir une, « ut aliquid tenere videantur ». 11 connaît d'autres de ces prudentiores, plus déterminés, qui ne pratiquent aucun culte, « omnino nihil colunt », et se résignent à vivre comme feraient les bêtes d'un troupeau-*.

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