I. LA.GTANT. Mort, posée. 10 (p. 184j
-i. ScHWARTz, Kaiser Constantin, p. SO.
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servanda. » On ne saurait guère parler des vieilles lois avec plus de respect. Les dieux immortels, continue ledit, seront favorables au nom romain comme ils l'ont toujours été, si tous nos sujets vivent pieusement, religieusement, chastement. Le droit romain n'a rien que de saint : la majesté de Rome n'a atteint à la grandeur que nous lui voyons, grâce à la protection de tous les dieux, que pour avoir pénétré toutes ses lois de religion : « Religionem sanctitatemquein conubUs copulandis volumus ah unoquoque servari, ut se ad di.scipUnain legesijue romanas meminerint pertinere \ » Le législateur qui, en 295. a rédigé ces considérants parlait un langage archaïque et témoignait d'un esprit réactionnaire, qui peut contribuer à expliquer quelles influences ont, en 303, converti Dioclétien à l'intolérance.
Galère fut le premier gagné à l'idée de persécution, et sans doute lui fut-elle inspirée par des considérations militaires : fortifier la discipline en épurant l'armée de tous les dissidents du culte olficiel. On mettrait les militaires en demeure de sacrifier, ou de rentrer dans la vie privée. Le fait est attesté par Eusèbe, qui donne même le nom du niagisler inilitiae, Veturius, à qui revint l'exécution de cette épu-
1. Cod. Gregor. vi, 4 (éd. Kp,i:eger, p. 157-i:i9) : •< Exemplum edicti Diocletiaai et Maximiaai [Augg. et Constaniii et Maximiani] nobilissiiiiorum Caesaium. Quoniani piis religiosisque mentiijus nostris ea quae romanis legibus caste sancleque sunt constiluta, veiierabiiia maxime videntur atque aeterua religione servanda... Ita enim et i|)sos immoitales deos romauo nomini, ut seiiiper fuerunt, faveiites atque plaçâtes futures esse non dubium est, si cunctos sub imperio nostro agentes piam religiosamque et qnietam et castam in omnibus inere colère perspexeriinus vitam... Religionem sanclilatemquo in conubiis copulandis volumus al) uno(juo(iuc servari, ut se ad disciplinam legosque romanas memincrint i>ertinere... .Niliil euim nisi sanctum ac vcnerabile nostra iura custodiunt, et ita ad lanlani magniludinem roniaiia maiestas cuncLorum nuniinum favore pervenit, quoniam onines leges suas religione sapienti puduiisque observalione devinxit... ■
ration'. On vit alors, dit Eusèbe, un grand nombre de ceux qui étaient dans les armées (Iv arpaTEtat;) rentrer dans la vie privée plutôt que de renier Dieu -. Cette épuration de l'armée, qui précéda de quelque temps la persécution proprement dite, doit s'entendre de l'armée de Galère, c'est-à-dire des camps du Danube.
Car Dioclétien ne suivit que plus tard, et pour d'autres motifs. Si l'on en croit Lactance, il se serait laissé persuader par le magister aruspicum, Tagis, que les aruspicines ne donnaient plus de présages sous prétexte que des profanes assistaient à ces exercices sacrés •^. Ces profanes étaient des chrétiens. On peut juger après cela de l'ascendant pris par le magister aruspicum sur l'empereur, qui avait toujours été superstitieux, et qui vieillissait. Dioclétien ordonna que tous les serviteurs du palais seraient mis en demeure de sacrifier, sous menace des verges : les militaires devraient eux aussi sacrifier, ou quitter l'armée '. Désormais, dans les états de Dioclétien cl de Galère, du Nil au Danube, le christianisme est interdit dans l'armée, sous peine d'exclusion. Ce n'est toutefois pas encore la persécution sanglante.
Dans Ihiver 302-303 que Galère passa à Nicomédie auprès de Dioclétien', l'idée d'exterminer le christianisme prit corps.
Lactance en rend Galère seul responsable. 11 le
1. EusEii. Chronicon, a. 301 (Helm, ]>. 227) : • Veturius magister luilitiae clirislianos milites persequitur, paulatim ex illo iam tempore perseculione adversum nos incipienle. »