‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 88 sur 274 · Lactant. Mort, persec. 10, 1-3 (p · texte numérisé non relu

Lactant. Mort, persec. 10, 1-3 (p

4. Ibid. 4 : « l'niversos i(ui erant iu palatio [sacrificarej iussit, et in eos si detr ectassent verberibus animadveili. ilatis(iue ad praepositos litteris, etiam milites cogi ad netanda saciidcia praecepit, ut qui non paraissent militia soiverentur. »

j. ErsED. Chronicon, a. 302 (Helm, p. 227).

DIOCLETIEN. 161

montre obsédé par sa mère, « inulier admodum superstitiosa », superstitieux lui-même, « Jion minus superstitiosnm » ; cette femme, dévote aux divinités de montagnes, écrit Lactance, « deorum montiuni cultrix » ', avait pour les chrétiens une haine enragée et incitait perpétuellement son fils à les supprimer. Lactance sait que Dioclétien a résisté longtemps aux instances de Galère. Sans nous arrêter aux raisons qu'il prête à Dioclétien, retenons qu un conseil fut tenu, composé de quelques hauts fonctionnaires civils et militaires [indices paiici et pauci niilitares), dont Dioclétien voulut prendre l'avis sur l'opportunité du projet de Galère. Lactance croit savoir que, dans ce conseil, un parti inclinait, mais mollement, à la tolérance, l'autre réclamait la suppression des ennemis des dieux [inimicos deorum et hostes religionum publicarum tollendos). Il n'était donc plus question d'unifier l'armée, mais de porter un édit général de prohibition du christianisme considéré comme l'antagoniste des cultes otTiciels. Dioclétien ne se décidait pas : il ne consentait pas à abandonner des maximes de gouvernement qui avaient contribué à la prospérité du règne. On le prit alors par la superstition : il enverrait à Milet un aruspice (et ici sans doute reparaît l'influence du magister aruspicum)^ on consulterait lApollon de Milet. L'oracle ne put répondre autrement qu'en ennemi du christianisme : « Respondit ille ut divinae religionis inimicus. » Alors seulement Dioclétien céda, mais en posant une condition : il ne voulait pas de sang, « rem sine sanguine^ ».

1. Se rappeler (|ue la nicre de Galère était ■■ Iransiinnuviatia », née au nord du Danuhe (Mort, pct•scc.'^^, 2), que Maximin Daia, fils do la sœur de Galère, seia « suldalus nuper a pecorihus et silvis ■• (>iO, 0). Lactance veut souligner le caractère agreste de la laiiiille.

i. Mort, persec. il p. 18;>-186;.

182 LA PAIX CONSTANTIMENNE.

On complétera ces données par celles que nous avons prises d'un autre texte de Lactance : autour de ces hauts fonctionnaires civils intrigue cet antistes philosophiae, familier du palais de Nicomédie, lié d'amitié et par de louches complicités avec les plus importants des indices, ennemi bruyant du christianisme ' . Il représente une des influences qui ont décidé la persécution. Plus décisif de beaucoup dut être le rôle de Hiérocles, car il était du nombre de ces indices, et Lactance le donne comme ayant, sans doute dans le conseil convoqué par Dioclétien, été un des premiers à opiner pour la persécution 2, Nous tiendrions ainsi peut-être tous les fils de la cabale qui fit le siège de Dioclétien et eut raison des longues résistances de l'homme timide que Lactance veut qu'il ait été.

L'édit de persécution fut affiché à Nicomédie le 24 février 303.

Du texte de l'édit, qui ne nous est point parvenu, nous connaissons seulement ce qu'en rapportent Laclance et Eusèbe, joint aux indications qu'on peut tirer des Acta martyr um. Etant donné les habitudes de la chancellerie impériale à cette époque^, l'édit devait débuter par quelques considérations emphatiques sur la fidélité due aux vieilles lois, à la discipline publique des Romains, à la religion des dieux protecteurs du nom romain : les chrétiens, ennemis des dieux et des cultes officiels, ne pouvaient plus

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