Ol'TAT. I, 18 (éd. Ziwsv, p. l!l
attendit quelques mois cependant, puis au début de 300, il donna l'ordre aux gouverneurs de provinces quêtons les sujets de ses États sans exception, hommes, femmes, enfants, sacrifiassent publiquement'. C'était renouveler l'article le plus meurtrier de ledit de 303.
Le machiavélisme de Maximin Daia pensait aboutir sans verser de sang. Il était, dira-t-il, plus tard, effrayé du nombre d'hommes « qui auraient pu être utiles à la chose publique », et que les tribunaux avaient condamnés à la relégation pour leur attachement au christianisme ; il se vantait d avoir donné aux gouverneurs l'ordre d'épargner davantage les provinces, en gagnant les chrétiens au culte des dieux par la persuasion et la douceur; il se vantait aussi d'avoir en Orient ramené sans violence un grand nombre de chrétiens à la religion otlicielle-. Pour rendre celleci plus attirante. .Maximin Daia se ht bâtisseur de temples : il reconstruisit ceux qui tombaient de vétusté, il en éleva de nouveaux en chaque ville, il
I. Elseb. Mart. Pal. iv, 8 (éd. Sciiwartz, p. !»14 : ... ypa[A(;.âTtov Te to-j T'jpâvvou ToÙTo TrpœTOv ôiaTrEçottrixé-rcov (c'était le premier acte de persécution de Maximin). w; àv ■7ix-jôr,\iû Ttâvisç àîia? à:t),à); [aet' i-:iis.}dxz -'^y.i anovùriz tôjv y.axà nôlzn; àp^ôvTwv 60oiev. Eusèbe a vu exécuter l'ordre à Césarée de Palestine :' des hérauts convoquant, d'ordre du gouverneur, aux temples des idoles, les hommes. les femmes, les enfants: des tribuns militaires (■/ù.ixçyo:) procédant à l'appel nominal individuel d'après les feuilles de recensement (an" aTio- Ypa?r,;;. Plus loin. Mart. Pal. ix. 2 'p. !»-28 . Eusèbe parle d'un autre ordre de Maximin, qui daterait de 308, mais qui semble identique à celui de 306. Eusèbe, en le rapportant, donne des précisions : cet irdre émanait du préfet du prétoire (ô twv «rrparoTréSMv apyetv èm- ■riTair(x.£vo;), il était adressé aux gouverneurs des provinces (ot xax" iuxp-xiav :?iye(i6v3(;; : les magistrats municipaux. XoY'.ffraî, fftpaTriYOÎ, TaowXâptoi, éUient chargés de son exécution. L'ordre enjoignait de relever les temples en ruine, et obligeait tous les sujets, hommes, femmes, enfants, à sacrifier.
■2. EusEB. H. E, IX, !», 2-3.
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donna aux idoles des prêtres ; à la tête des prêtres de chaque ville ou localité, il plaça un grand prêtre provincial (IxaaxTii; l-rrap/iaç àp/ispeuç), sacerdoce dont il revêtait un magistrat choisi parmi ceux qui s'étaient le plus distingués dans les charges publiques ' . Eusèbe assure que Maximin Daia avait une confiance aveugle dans les « magiciens » : il leur confiait des gouvernements de provinces (vjYefxovi'aç) et les charges les plus élevées, les plus honorables, et qui tenaient de plus près à sa personne -.
D'une part, donc, Maximin s'appliquait à restaurer la religion officielle, et d'autre part, il la rendait obligatoire. L'épigraphie a conservé un souvenir de cette politique d'oppression, dans l'épitaphe d'un chrétien qui devait plus tard être fait évêque de Laodicée de Phrygie, et qui était attaché à Vofficium du gouverneur de Pisidie. Quand arriva l'ordre de Maximin obligeant les chrétiens à sacrifier, ce chrétien du nom d'Eugène, fils et gendre de personnages considérables de la province, est sommé de sacrifier et n'a pas le droit de démissionner de sa charge. Le gouverneur Diogène lui fait subir nombre de tortures. Eugène ne cède pas. Ce sont, au contraire, ses chefs qui finissent par céder et l'autorisent à quitter le service en gardant la foi des chrétiens. Eugène dut sans doute cette demi-clémence à sa famille^. Par contre, le De marty- 7'ibus Palaestinae d'Eusèbe est le récit des violences auxquelles était entraîné l'arbitraire des gouverneurs contre ceux que rien ne protégeait : Césarée vit des scènes horribles de bûchers, de noyades, et d'héroï-