‹ La paix constantinienne et le catholicismeChapitre 97 sur 274 · Lactaxt. Divin, ins. ii, 1,7 ^éd. Brandt. |). !iG,i · texte numérisé non relu

Lactaxt. Divin, ins. ii, 1,7 ^éd. Brandt. |). !iG,i

deo petitur auxilium, deus ut subveniat oratur ». Il est vrai que, passé le péril, on court vivement aux temples des dieux, avec des libations, des victimes, des couronnes, « tum alacres ad deorum lempla concurrmit, Ins Ubant, his sacripcant, hos coronant^ ». Cette contradiction est celle du sentiment spontané et des gestes appris. L'argument qu'on en peut tirer en faveur de la légitimité du sentiment religieux inné, est un argument qu'avant Lactance l'apologétique a déjà fait valoir : on le retrouve chez Arnobe, chez Minucius Félix, chez saint Cyprien-, et chez eux tous il s'inspire du De tcstimonio animae de TertuUien^ Il révèle des formules de langage dont nous avons hérité, dont quehiuos-unes sont encore en usage, comme o deus, — deus videt, — deus reddet, — si deus dederlt, — deus magnus est, — deus verus est, — deo cotnmendo, — quod vult deus, — deus inter nos iudicabit. Mais il ne répond point à notre enquête, parce que ces invocations sur les lèvres d'un païen ne sont monothéistes qu'inconsciemment.

Au contraire, le syncrétisme du temps des Sévères est l'effort très conscient d'une élite cherchant à faire du polythéisme un symbolisme, chaque divinité apparente, dieu ou déesse, devenant la vertu d'une divinité diffuse dans l'univers, la multiplicité des nom.i voilant l'unité du numen anonyme. Ainsi, tandis que la mythologie grecque et la religion romaine se sont plu dans la multiplication des dieux individuels, le syncrétisme va à la monarchie divine. On a signalé dans ce mouvement du syncrétisme une influence des cultes orientaux, dont la propagation dans le monde romain est l'aînée et la contemporaine de la propagation du christianisme. Des cultes, en effet, comme ceux d'isis, de Sérapis, des liaals de Syrie, de Cybèle, de Mithra, ont dû leur faculté de propagation

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