‹ La paix du ménage: comédie en deux actes en proseChapitre 39 sur 94 · ACTE I. — SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I. — SCÈNE III

Tant pis pour nous deux. Si je vous étonne, vous me révoltez. Sachez que je ne suis pas faite pour ce rôle d'intérimaire.

M. DE SALLyS s'approche, lui prend la main et la baise longuement.

Madeleine, je vous jure que je suis devenu amoureux devons, très fort, pour de vrai, pour tout à fait.

MADAME DE SALLUS.

Il se peut que vous en soyez cou-

vaincu. Quelle est donc la femme qui ne veut pas de vous, en ce mo- ;nent?

H. DE SALLUS.

Madeleine, je vous jure...,

MADAME DE SALLUS

Ne jurez pas. Je suis sûre que vous venez de rompre avec une maîtresse. Il vous en faut une autre, et vous ne trouvez pas. Alors vous vous adressez à moi. Depuis trois ans, vous m'avez oubliée, de sorte que je

VOUS fais l'effet de quelque chose de nouveau. Ce n'est pas à votre femme que vous revenez, mais aune femme avec qui vous avez rompu et que vous désirez reprendre. Ce n'est là, au fond, qu'un jeu de libertin.

H. DE SALLUS.

Je ne me demande pas si vous êtes ma femme ou une femme : vous êtes celle que j'aime, qui a pris mon cœur. Vous êtes celle dont je rêve, celle dont l'image me suit partout, dont le désir me hante. Il se trouve que vous êtes mafemme^tant mieux

OU tant pis ! je ne sais pas, que m'importe ?

MADAME DE SALLUS.

C'est vraiment un joli rôle que vous m'offrez là. Après M"® Zozo, M"^ Lili, M"« Tata, vous offrez sérieusement à Madame de Sallus de prendre la succession vacante et de devenir la maîtresse de son mari, pour quelque temps ?

M. DE SALLUS.

Pour toujours.

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