DÉFINITION
Le terme « panique » qui évoque une série d'images nettement représentées n'est pas souvent défini.
Pris comme substantif par la plupart des auteurs, il semble avoir été à l’origine un adjectif qualificatif, accolé non pas au mot : peur, mais au mot : terreur.
C'est ainsi que nous trouvons dans Rabelais, au point final d'une description concise et fortement imagée :
p'itioes Ilz commençaient soy retirer à diligence, tous « effrayés et perturbés de sens et entendement, comme s’ilz « vissent la propre espèce et forme de mort devant leurs « yeulx. Et comme vous voyez un asne, quand il a au cul « un œstre junonique ou une mouche qui le poinct, courir « ça et là, sans voye ni chemin, jettant sa charge par terre, « rompant son frein et rênes, sans aucunement respirer ny « prendre repos : et ne sait-on qui le meut, car l’on ne voit « rien qui le touche : ainsi fuyaient ces gens de sens dépour- « veus sans savoir cause de fuir ; tant seulement les pour- « suit une terreur panice, laquelle avaient conceue en leurs « àmes. »
Manifestations mimiques d’une intense épouvante, fuite collective et d’allure automatique, tels sont les principaux éléments de ce phénomène que le style vigoureux de notre vieil auteur met en relief,
Le mot a-t-il toujours cette acception ? On l’emploie souvent en parlant de mouvements affolés se produisant à la Bourse, à l'annonce d’un désastre financier, ou dans tel groupe d'hommes d'affaires ou d'hommes politiques à l'annonce d’un évènement décevant leurs espérances. Une ana-
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logie existe entre ces manifestations qui ne rentrent pas dans le cadre de notre étude, et les paniques, qui surviennent du milieu des foules de la rue, ou qui surviennent dans les foules guerrières. — Ce sont ces dernières que nous avons observées.
Une terreur collective peut au lieu d'aboutir à la fuite, se manifester par une inhibition étendue à une troupe entière — qui reste immobile — comme pétrifiée. Nous apporterons un témoignage d’un fait de cet ordre que nous considérons comme une forme spéciale de panique.
On dit, d’un individu en proie à une vive épouvante dont la cause est peu apparente ou ne semble pas proportionnée à l’effet qu’elle produit, qu'il est pris de panique. La panique peut-elle être une manifestation solitaire? Souvent localisée au début à un seul ou à un petit groupe d'individus, elle se propage à leurs voisins. De même, dans une épidémie un seul cas est d’abord observé -- que le génie épidémique périsse, que la contagion cesse grâce à une prophylaxie attentive, l'épidémie disparaît ou n'apparait pas. Un cas morbide contagieux est resté isolé. La terreur panique peut rester solitaire.