‹ La Panthéon des comédiens de Molière à Coquelin aînéChapitre 19 sur 100 · A LA · texte numérisé non relu

A LA

FIL\NÇAISE

TALMA {suite)

Donc, Talma prenait leçon de tout, profitait de tout; ce que tout grand comédien doit faire.

Sa rupture avec la Comédie-Française pour aller au Théâtre- Français lui avait suscité de violents ennemis.

En vain, ses anciens camarades, Larive et Mlle Contât, avaient protesté en sa faveur, par lettres adressées au public, alors qu'on l'accusait d'avoir fomenté le terrorisme contre les membres de son ancienne Société, arrêtés et incarcérés.

Le 21 mars 1795, pendant une représentation, il fut interpe lé violemment, insulté, sifflé même. Bondissant à l'avant-scène, il s'écria : « Citoyens, tous mes amis sont morts sur l'échafaud. Je vous jure sur leurs cendres, cjue je suis innocent du crime que l'on m'impute ! »

Alors, le tumulte s'apaisa, et on lui cria : « Chantez-nous Le Réveil du Peuple! »

Talma, très surexcité, chanta — il avait une voix fort mélodieuse — et l'enthousiasme succéda aux cris de haine et aux menaces injustifiées.

.11 mourut^dans sa propriété de Brunoy, le jeudi 19 octobre 1826.

L'archevêque de Paris était venu plusieurs fois prendre de ses nouvelles.

Ce fut presque' un deuil national, car il était aimé, estimé et admiré de tous.

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