ELLEVIOU
ELLEVIOU {suite)
Revenu à Paris quand tout danger fut passé, Elleviou reprit à la Comédie-Italienne la place qu'il y avait occupée et créa triomphalement Le Cabriolet jaune, Le Calife de Bagdad, Maison à vendre, Ulrato, Le Prisonnier, Adolphe et Clara, Picaros et Diego, Le Marigarçon, etc.
De manières exquises, d'élégance native et de tenue irréprochable, il était admis dans la plus brillante société.
Ses avantages physiques en firent presque un héros de roman; et, par trois fois, il fut enlevé par des dames, énamourées de ses charmes.
En 1801, la fusion de la Comédie-Italienne avec le théâtre Feydeau le fit administrateur de la nouvelle société. C'est alors qu'il joua Blondel dans Richard Cœur de Lion , rôle considéré comme <i un ténor de force »; puis Félijc de L'Enfant trouvé; Azor dans Zémire et Azor; et enfin, en 1807, il créa le. Joseph, de Méhul, dans lequel il remporta un triomphe.
Il gagnait, en 1812, 84,000 francs par an. Il en voulut avoir 120,000. L'empereur interdit à TOpéra-Comique d'accéder à cette demande exagérée et même ordonna la réduction du traitement de 84,000 à 70,000 francs.
Elleviou s'offensa, s'entêta, bref refusa; et le 10 mars 1813 l'idole chère au public fit sa «dernière apparition, au milieu d'ovations, qui visaient l'ordonnance impériale de Napoléon I".
Quelque temps après, la femme d'un député de Lyon divorça d'avec son mari, pour épouser le beau ténor. Sa fortune personnelle était considérable; celle de sa femme l'augmenta encore.
En 1815, Elleviou, patriote, leva une compagnie franche, pour combattre l'invasion.
II se retira enfin, dans ses propriétés, à Ternand, près de Villefranche-sur-Saône, et s'occupa avec passion de travaux agricoles.
• Devenu maire et conseiller général, il songeait à se porter comme député dans le département du Rhône, quand, de passage à Paris, le 7 mai 1842, rendant visite à des amis qu'il avait au journal Le Charivari, W mourut subitement d'une attaque d'apoplexie foudroyante, dans le bureau même du directeur.
Ses obsèques eurent lieu le 10 mai à l'église Saint-Roch. Duprez y chanta un Credo et un Requiem. On s'étonna fort de l'absence des artistes de l'Opéra- Comique. Aucun n'assistait au convoi. Ce qui fit écrire : « C'eût été le moins que l'Opéra-Comique payât ce dernier tribut d'hommage à l'homme qui l'a le plus illustré par son talent et son caractère. »
Elleviou avait écrit quatre libretti d'opéra-comique : Délia, Verdikan, U Amiral et U Auberge de Bagnères.
ELLE VIO U.
Rôle de Jean de Paris.