‹ La Panthéon des comédiens de Molière à Coquelin aînéChapitre 32 sur 100 · SAM SON · texte numérisé non relu

SAM SON

SAM SON (.suite)

de jouer la comédie. Il se fit recevoir au Conservatoire dans la classe de Lafon, et ses progrès énormes lui valurent l'une des dix-huit bourses fondées par Napoléon 1^^.

Après quelques essais en province, et notamment à Rouen, où Mlle Mars, en représentations, le remarqua, Picard, alors directeur de rOdéon, l'engagea. C'était en 1819. Il demeura sept ans dans cette antichambre de la Maison de Molière.

En 1826, il fut engagé à la Comédie-Française, à laquelle il ambitionnait de parvenir, et y fit de très brillants débuts, dans le Figaro du Barbier de Séville, Dubois des Fausses Confidences, Hector du Joueur, et Sosie à.' Amphitryon.

Le \" avril 1827, il était nommé Sociétaire.

En 1830, pour « incompati'bilité d'humeur », il donna sa démission à la noble Comédie, malgré les protestations intéressées de ses très illustres collègues, et s'en alla débuter au théâtre du Palais- Royal que venait d'ouvrir Doumeuil le père, dans l'ancienne salle des Beaujolais et de la Montansier.

Mais un jugement du tribunal de commerce contraignit bientôt le turbulent artiste à venir réintégrer sa place au sein du Comité.

Là, pendant trente-trois années, il fit les plus originales, les plus diverses, les plus observées et les plus savantes créations.

Samson fut le comédien le plus fin, le plus pur, le plus spirituel, le plus mordant, le plus distingué qui exista jamais. Alerte et incisif, comme dans Figaro; naïf sublime, comme dans Brid' oison; hautainement et dédaigneusement imbécile, comme dans le Marquis de la Seiglière ; suprêmement élégant et railleur, comme dans le Marquis des Effrontés, Samson a touché à tous les genres de la Comédie noble, et, dans tous, s'est montré incomparable. Il fut de ces artistes qui ne se remplacent jamais.

Professeur du Conservatoire, esprit distingué et de la plus exquise déhcatesse, le second Empire le fit Chevalier de la Légion d'honneur. Cette nomination d'un comédien dans l'Ordre fit couler alors des torrents d'encre.

Il mourut en 1871, en mars, et ne vit pas brûler son cher Paris, qu'il adorait et qui l'avait tant adoré.

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