PERLET
En 1795, il y avait à Marseille un « correspondant de théâtres », comme à Paris de nos jours, il en existe pour le moins une cinquantaine. C'est dans l'officine de ce correspondant, Pierre-Etienne Perlet, artiste dramatique et agent théâtral, que naquit, le 27 janvier de ladite année, « à une heure deux décimes », Adrien Perlet, qui fut un des plus grands comédiens du xix^ siècle.
Après être passé par le Conservatoire, il débuta, le 4 octobre 1815, à la Comédie-Française, et fit sensation dans l'emploi des « premiers comiques ».
Mais Monrose débutait en même temps que Perlet, et l'emploi était encore tenu par Thénard et Cartigny. Cela fit qu'il ne fut engagé que pour l'année suivante, pendant que ses appointements de 1,800 francs par an « devaient courir néanmoins jusqu'à l'époque de ses débuts effectifs, comme Pensionnaire, à partir du 1" avril 1816 )\
Mme Gr?vedon — femme du gracieux dessinateur, — qui fut ellemême une actrice de talent, songeait, à ce moment, à fonder un théâtre français permanent à Londres. Elle loua, dans Oxford Street, un vaste local, dans lequel elle fit établir une ravissante salle de spectacle qui pouvait contenir 600 spectateurs. C'est par invitations que l'on assistait à ces représentations très suivies, qui n'avaient lieu qu'une fois par semaine. La place coûtait ime livre.
Perlet fut engagé pour inaugurer la johe bonbonnière, y débuta et produisit le plus grand effet. Il avait obtenu sans difficultés la résihation de son contrat avec la Comédie-Française de Paris, et put demeurer l'idole des Anglais jusqu'en 1820, époque à laquelle il fut engagé au Gymnase de Paris, qui venait de s'ouvrir sur le boulevard Bonne-Nouvelle, sous le haut patronage de Madame.
Le 23 juin 1821, dans Le Comédien d'Êtampes, Perlet, par un étrange caprice, se refusa à chanter un air irlandais que lui-même avait importé d'Angleterre et introduit dans la pièce. Le pubUc le