PERLET
PERLET (suite)
siffla, il quitta la scène. Contraint par le commissaire de police de reparaître, il revint; et la ritournelle de l'air ayant été de nouveau exécutée par l'orchestre, il se retira derechef, s'entêtant à ne pas vouloir chanter, et s'en fut chez lui.
Le lendemain, il fut arrêté et mis en prison. Louis XMIl semblait vouloir ressusciter le Fort-l'Évêque.
Le 4 juillet suivant, après entente avec l'autorité et son directeur, Perlet reparut en scène, non dans Le Comédien a'Ëtampes, mais dans Le Parrain. A son entrée, il fut accueilli par des bordées de coups de sifflet. Perlet, fou de colère, déchira son costume en scène et quitta définitivement ce théâtre, pour s'en aller donner des représentations en province, où il fut reçu avec enthousiasme, puis à Londres, où il triompha de nouveau.
Sa renommée allait cependant grandissante. A ce point, que le 1" juillet 1826 il était rappelé sur ce même Gymnase de Paris, où il débutait dans le rôle de Cescendo, de La Visite à BedJam, et reparaissait dans ce fameux Comédien d'Ëtampes, cause de sa première rupture.
« Son engagement était de quatre mois par année, pour lesquels il recevait 40,000 francs. » Ses*succès furent énormes.
Il avait épousé la fille de l'acteur Tiercelin; il adorait sa femme qui mourut à Enghien, le 6 septembre 1850. Profondément atteint par cette perte irréparable, il mourut trois mois après, le 20 décembre, laissant une fortune évaluée à plus de 400,000 francs.
Le grand comédien Samson prononça sur sa tombe de remarquables paroles. Il dit : « Le théâtre fait en Perlet une perte immense. Il fut un de ces artistes complets qui ne se remplacent pas. La Comédie-Française, par ma voix, regrette profondément de ne pas l'avoir possédé, ou plutôt de ne pas l'avoir conservé. Il manquait à sa gloire, et nous, malheureusement, nous ne manquâmes pas à la sienne. »