‹ La Panthéon des comédiens de Molière à Coquelin aînéChapitre 45 sur 100 · LAFONT · texte numérisé non relu

LAFONT

LAFONT (suite)

commise de s'unir pour la vie. Ils firent, de commun accord et le plus joyeusement du monde, judiciairement annuler cette alliance contractée sous le régime de la seule loi anglaise, et se séparèrent en s'embrassant très fort.

En 1832, Lafont passa au Théâtre des Nouveautés, où il fit, aux côtés de Potier, Volnys, Dorval, Bouffé, Odry, Vernet,, Mlle Déjazet et Mme Albert, de très brillantes créations.

Il revint au Vaudeville; puis, après l'incendie de ce gracieux théâtre, il entra aux Variétés où il débuta le 7 novembre 1839, sous la direction de M. Jouslin de la Salle, et il remplit les rôles du coiffeur U Amour dans Le Chevalier de Saint-Georges, du Marquis du Hoch-t, dans Une Coquette, du Chevalier du Guet, et nombre d'autres, jusqu'en 1848, époque à laquelle il se remaria, très sérieusement cette fois, avec Mlle Pauhne Leroux, une très habile danseuse, de l'Académie royale de musique, qui avait su remplacer, ce qui n'était point facile, la belle Taglioni.

Lafont ne reparut à Paris qu'en 1855, au Théâtre du Vaudeville de la Place de la Bourse, où, le 16 mai, il fît une très brillante rentrée dans Le Chevalier du Guet et Le Lion empaillé. Il cessa brusquement d'être le brillant et joyeux jeune premier qu'il avait été jusqu'alors pour devenir le premier rôle de comédie, l'homme assis et rassis, qu'il devint par la suite. Son talent se transforma. La cendre de ses cheveux avait affaibli la flamme de jeunesse, sans cependant l'éteindre.

En 1859, M. Montigny l'engagea à son théâtre du Gymnase, où le départ de Bressant et de Berton père avait laissé un grand vide. Lafont le combla. Le répertoire, au lieu de se porter vers les jeunes premiers rôles, héros d'amour, se reporta sur l'emploi des premiers rôles sceptiques, mordants, railleurs, toutes quahtés que possédait admirablement le nouvel arrivant.

Et ce furent alors les merveilleuses créations du Père Prodigue, de Montjoie, de La Perle noire, des Vieux garçons, de Monsieur de Camo/s, de y os Bons villageois, etc.

11^ alla ensuite à la Gaîté créer Germaine d'Edmond About, puis à l'Ambigu, jouer Le Centenaire de d'Ennery.

Aussitôt après la Guerre de 1870, il était revenu au \'audeville pour y représenter le rôle du Prince dans le Rabagas de Sardou.

Quand Lafont mourut, le 8 avril 1873, il était à l'apogée de son grand talent. Jamais il n'en avait eu davantage.

La Comédie-Française avait voulu se l'attacher, pendant ses grands succès du Gymnase; il refusa. Depuis, il a avoué qu'il avait eu peur d'entrer dans une maison « où tout était intrigue », et qu'il n'avait pas eu le courage d'affronter le péril. Ce fut peut-être un grand malheur pour la maison de Molière, mais à coup sûr une très bonne fortune pour les autres théâtres qu'il favorisa de sa présence et qu'il illumina de son talent étincelant.

LAFOXT.

Rôle de Casanova dans Casanova, au Fort.

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