‹ La Panthéon des comédiens de Molière à Coquelin aînéChapitre 58 sur 100 · GEFFROY · texte numérisé non relu

GEFFROY

Rôle de Philippe II dans Don Juan d'Autriche.

LAFERRIERE

Quel âge a-t-il ?... Telle est la question que se posa le public pendant quinze ans, alors que Laferrière avait dépassé la soixantaine. Et ce même public se répondait à lui-même : Il a vingt-cinq ans^ puisqu'il ne paraît pas plus! C'est que, jusqu'aux dernières limites de sa vie, Laferrière, l'éternel « jeune premier », conserva sa jeunesse, sa chaleur communicative, son ardeur juvénile et ses fougues amoureuses, cachant précieusement cet âge qu'il déguisait avec tant de soins. Ce en quoi dame Nature l'aidait admirablement.

Larousse l'a fait naître vers 1801, Georges Bell en 1817, et Eugène Guinot en 1814. La vérité est qu'il naquit le 12 avril 1806. Il avait fait jurer à Thuilher, l'ancien trésorier de la Société des Artistes dramatiques — auquel, pour faire partie de cette association, il avait été contraint de décliner son acte civil de naissance, — de ne le communiquer à personne.

Il avait donc, pour tous, l'âge qu'on lui donnait.

Toute sa vie, Laferrière joua des « amoureux », et ne put jouer que des « amoureux ». Quand il voulut passer à l'emploi des « premiers rôles », il échoua. Sa voix, ses allures, son geste, avaient tout de la supplication, rien du commandement, ni de l'autorité.

Un parfurr^ur- chimiste inventa une eau qu'il proposa au célèbre comédien de dénommer « Eau Laferrière ». Cette eau empirique empêchait les cheveux de blanchir et faisait reculer les rides. Laferrière se prêta facilement à cette réclame, qui lui en servait à lui-même.

Né à Alençon, d'une famille qui s'était distinguée dans la magistrature, venu fort jeune à Paris, Louis-Fortuné- Adolphe Laferrière, que des revers de fortune contraignaient à se choisir une •carrière, après d'excellentes études au Collège Bourbon, voulut

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