‹ La Panthéon des comédiens de Molière à Coquelin aînéChapitre 87 sur 100 · PARADE · texte numérisé non relu

PARADE

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Parade, Jean- Auguste, a été le comédien naturel, par excellence. Jamais il ne songea à boursoufler une phrase, à amplifier la valeur d'un mot, pour le faire davantage porter sur le public, ce qui est d'ordinaire le fait de tout acteur médiocre. La crainte de ne pas voir se produire un effet, sur lequel il compte, le lui fait souligner outre mesure; avec cet amour-propre exagéré, qui est malheureusement le péché, peu mignon, du plus grand nomlore des Comédiens, celui qui a su faire naître un applaudissement par le rire ou la terreur en enflant sa diction ou donnant l'exagération au trait lancé, en arrive à se persuader qu'il a plus d'esprit que l'auteur; et que seul, il est parvenu à produire cette sensation de terreur ou de rir.e. Dans son accès de vanitite aiguë, la situation produite, le mot écrit par l'auteur ne sont plus rien ; c'est lui qui est Tout.

D'où cette appellation de « M'as-tu-vu », si spirituellement appliquée, et malheureusement trop justifiée par ceux-là qui la méritent trop b;en.

Parade, par la simpUcité de son jeu, de sa diction, j'ajouterai de son esprit et de sa vie intime, fut le contraire d'un M'as-tu-cu.

Il était né à Lyon, le 6 août 1826, d'un père et d'une mère comédiens.

En général, les acteurs n'aiment pas voir leurs enfants suivre la carrière ingrate, — je l'ai déjà écrit, — dans laquelle ils ont combattu, quelquefois vaincu; mais qui se termine trop souvent à leur désavantage, dans l'amertume des regrets et les larmes de la misère. Au théâtre, la gloire éphémère n'est qu'un masque de joie derrière lequel se cachent des pleurs.

Aussi, Parade père s'empressa-t-il de faire apprendre à son fils, Auguste, l'état très artistique de dessinateur en châles.

Mais l'atavisme est là. Rien ne parvient à le détruire. Il guide la vie de l'enfant dans la vie du père. Auguste Parade, à l'âge de dix-neuf ans, se fit acteur, comme l'avaient été ses parents.

Ce fut chez ces éternels frères Seveste, sur les théâtres des Batignolles et de Montmartre, qu'il débuta. Il passa ensuite au Cirque-Olympique où régnait le légendaire directeur Billon, celui qui disait à son chef machiniste : « Cette année, pour la fête de l'Empereur, je ne veux pas qu'un nif à la porte de mon théâtre, je veux quatre nif ». La coutume alors était de placer, les jours d'illuminations populaires, à la porte des monuments pubhcs, des ifs surchargés de lampions.

PARADE (suite)

Parade joua, au théâtre du Cirque-Olympique, lequel plus tard, devint Impérial, le rôle de Babylas, dans Les Pilules du Diable; puis, à la Porte-Saint-Martin, dans Le Palais de Cristal, une revue féerique, qui n'eut qu'un fort médiocre succès.

En 1852, il fut engagé au Palais-Royal, pour remplacer Alcide Tousez, lequel venait de mourir, et débuta dans un vaudeville en

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