DUMAINE
DUMAINE {suite)
Tour de Nesle. En 1864, il joua Tartufe de façon fort remarquable; à ce point que Delaunay disait plus tard ; « Si la Comédie-Française engageait un artiste pour ne jouer qu'un rôle, elle n'hésiterait pas à engager Dumaine pour jouer Tartufe. »
Il passa à la Gaîté et créa Potitis, dans La Maison du Baigneur et Sah'ator, dans Les Mohicans de Paris.
Malheureusement, en 1865, il eut la fâcheuse idée de prendre la
direction de ce théâtre et y fit de mauvaises affaires. Ici se place l'un des actes les plus méritoires de la vie de ce comédien. Le reste de sa carrière fut consacré à acquitter intégralement ses dettes; et pas un de ses créanciers ne put lui reprocher d'avoir perdu un sou. Quel exemple peu suivi!
C'est sous sa direction qu'il joua Zes Treize, Bas-de-laine et Jean la Poste.
L'embonpoint le saisit tout à coup et à quarante ans, il devint énorme. Cela ne l'empêcha pas de créer encore à la Porte-Saint- ^lartin, de très remarquable façon, le comte de Rysor dans Patrie; puis à l'Ambigu Le Dompteur, La Charmeuse; pendant le siège de Pc ris. Les Paysans lorrains et Le Forgeron de Châteaudun; après la guerre, ce fut Coq- Hardi, Les Exilés, Les Misérables et nombre d'autres rôles, dans lesquels il se montra toujours comédien de grande puissance et de noble composition. Il lutta jusqu'à la fin.
Dumaine mourut dans la pauvreté, le 13 janvier 189P, laissant la réputation mcritée d'un être bon jusqu'à la faiblesse, d'un honnête homme, et d'un vaillant et grand artiste.
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