MADEMOISELLE FÉLIX MIOLAN
Rôle de Jeannette dans Les Noces de Jeannette.
MADAME CARVALHO {suite)
fit rompre rengagement de sa femme à TOpéra-Comique et s'empara de la direction du Théâtre-Lyrique du boulevard duTpmple, fort péniblement dirigé par un certain Pellegrin, ancien directeur de Toulouse.
Là, Mme Miolan-Carvalho créa avec d'immenses succès La
Fanchonnette ; La Reine To- ^^ paze, de Victor Massé; Mar-
got, de Clapisson.
M. Carvalho, je l'ai dit, était un excellent musicien. Il fit reprendre à sa femme le Chérubin, des Noces de Figaro, de Mozart; la Zerbine, de Don Juan, du même grand compositeur allemand.
Il sut découvrir, deviner CliarlesGounod et fit jouer son Faust, qui avait été refusé partout. Mme Carvalho s'incarna dans le rôle de Marguerite.
Le retentissement de Faust fut colossal. Il dure encore.
Puis vinrent Philénion et Baucis; Paniina, dans La Flûte enchantée; et enfin, cette admirable Mireille, qui reste à rOpéra-Comique ce que Faust est devenu à l'Opéra.
Enfin, le rôle de Juliette, dans Roméo et Juliette, fut la dernière apothéose de cette géniale artiste.
En 1885, elle abandonnait complètement le théâtre ; et, le 10 juillet 1895, l'incomparable cantatrice s'éteignit paisiblement, au Puys, près Dieppe, à l'âge de soixante-quatre ans.
Le mot génie, appliqué à Mme Miolan-Carvalho, ne rencontrera nul contradicteur.