Caus. XXV, qusest. 1, c
du dogme'. Comme il fixe le droit, le pape fixe aussi la foi; du moins c'est à lui qu'il appartient d'interpréter les Ecritures [exponere Scriptitras) -; et, suivant une opinion contemporaine où l'on reconnaît le développement. des idées posées par Grégoire YII, tout ce qui s'écarte de la doctrine du Saint-Siège est ou hérétique ou schismatique ^ Disons cependant qu'Innocent III a rarement lieu de répondre à des questions de cette nature. En dehors du droit et de la doctrine, si l'on considère en quoi consistent les éclaircissements, les avis demandés à tout moment au pape par les évêques, il semble qu'il représente pour eux la sagesse universelle, infaillible, et que rien ne doive demeurer, pour son esprit, inconnu ou obscur. Les questions les plus singulières, les plus inattendues, les plus simples, lui sont adressées. Un jour, c'est le cas d'un moine qui a indiqué un remède à une femme malade d'une tumeur à la gorge ; la femme est morte ; le moine fera-t-il pénitence*? Un autre jour, c'est le cas d'un écolier qui a blessé un voleur entré la nuit dans son logis ^ Le sacrement du mariage sert de
i. Voir notamment Ep. V ,121; VI, 193 ; XII, 7.
2. Voy. Sermo II in consecratione Pontifias (édit. Migne, t. IV, col. 657). — Voy. aussi les premières lignes d'Ep. XII, 7.
3. « Qui a doctrina vestra dissentit, aut hcereticus aut schimaticus est. » Jean de Salisbury, Polycrat. VI, 24. Cf. les Dictatus papœ de Grégoire VII, sentences 17, 18 et 26.